Mali : nouvelle attaque terroriste contre l’usine Stones de Bafoulabé
Meguetan Infos

Plusieurs sites industriels de l’Ouest du Mali ont été la cible d’attaques de groupes armés terroristes, tôt dans la matinée de ce dimanche 11 janvier 2026.
Parmi les infrastructures visées figure l’usine Stones de Bafoulabé. Ces attaques illustrent une stratégie de plus en plus assumée des groupes terroristes, qui s’en prennent désormais aux infrastructures économiques dans le but d’« asphyxier » le pays.
« Notre usine Stones de Bafoulabé est sous le feu des GAT (groupes armés terroristes) pour la deuxième fois », a alerté l’entrepreneur Ibrahima Diawara dans un message publié sur les réseaux sociaux ce dimanche matin. Selon les informations relayées, les assaillants, lourdement armés et circulant à moto, ont attaqué plusieurs installations situées le long de la Route nationale RN22, causant d’importants dégâts matériels.
Face à l’armée malienne, qu’ils peinent à affronter frontalement, les groupes terroristes semblent désormais privilégier des cibles civiles et économiques, plus vulnérables et dont la destruction produit un fort impact médiatique et financier. Ces attaques contre des sites industriels ne sont pas des actes isolés. Elles s’inscrivent dans une offensive plus large attribuée au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), affilié à Al-Qaïda.
Les conséquences de ces agressions sont lourdes pour le développement local. L’usine Stones, à l’instar d’autres sites attaqués, constitue une source essentielle d’emplois pour les populations de la région. Sa mise hors service répétée plonge de nombreux travailleurs et leurs familles dans l’incertitude, tout en fragilisant l’équilibre socio-économique d’une zone historiquement marquée par une pratique pacifique de l’islam.
Ibrahima Diawara, un entrepreneur debout malgré l’adversité
Cette nouvelle attaque représente un coup dur pour l’industriel Ibrahima Diawara. Son usine Stones, spécialisée dans la fabrication de carreaux et de chaux, avait déjà été incendiée par de présumés terroristes le 1ᵉʳ juillet 2025. À l’époque, dans une déclaration empreinte d’émotion, il appelait à la résilience en déclarant : « Rien n’est perdu, tant que le cœur bat, il y a de l’espoir ». Six mois plus tard, le scénario se répète, mettant en lumière la vulnérabilité persistante des infrastructures civiles face à l’insécurité.
Malgré cette épreuve, l’entrepreneur tente de garder espoir. Sur les réseaux sociaux, de nombreux messages de soutien saluent sa détermination : « Ils ont brûlé l’usine, mais pas l’ambition, pas le visionnaire […] Tant que vous êtes debout, vous remettrez encore les choses sur pied ». Un discours empreint de spiritualité et d’appel à l’unité nationale, qui contraste fortement avec la brutalité des attaques.
Mamadou TOGOLA/maliweb.net




