Koulikoro : faut-il interdire aussi la circulation des motos à grosse cylindrée?
Meguetan INFOS
Au Mali, la question des motos à grosse cylindrée ne relève plus seulement du simple désagrément sonore. Elle prend désormais une dimension sécuritaire qui interpelle les autorités administratives, les forces de sécurité et les citoyens. Les bruits assourdissants produits par certains de ces engins rappellent, dans plusieurs cas, les détonations d’armes de guerre. Dans un contexte national marqué par une vigilance sécuritaire permanente, cette situation ne peut être prise à la légère.
C’est dans cette logique que les autorités de plusieurs localités commencent à prendre des mesures restrictives contre la circulation de ces motos. Le signal fort est venu du préfet de Kati qui a décidé, jusqu’à nouvel ordre, d’interdire la circulation des motos à grosse cylindrée dans la ville. Une décision qui s’explique par la sensibilité sécuritaire particulière de cette localité stratégique du Mali.
Depuis cette annonce, de nombreux citoyens s’interrogent sur une éventuelle extension de cette mesure à d’autres villes du pays. Selon plusieurs informations, la ville de Gao envisagerait également des restrictions similaires afin de préserver la tranquillité et la sécurité des populations. Tout porte à croire qu’un effet domino pourrait progressivement s’installer à travers le pays.
Au-delà de l’aspect sécuritaire, cette question touche directement la qualité de vie des citoyens. À Koulikoro par exemple, les plaintes contre les motos à grosse cylindrée ne datent pas d’aujourd’hui. Durant plusieurs années, des habitants ont dénoncé les courses nocturnes organisées par certains groupes de motocyclistes. Ces démonstrations, souvent prolongées tard dans la nuit, perturbent le sommeil des familles et créent un climat d’insécurité dans plusieurs quartiers.
Les forces de l’ordre ont certes tenté à plusieurs reprises d’interpeller les auteurs de ces actes. Mais les interventions se heurtent souvent à des pressions ou à des considérations sociales qui finissent par affaiblir les sanctions prises contre les contrevenants. Résultat : les mêmes comportements reviennent régulièrement, au grand désarroi des populations.
L’exemple de Kati apparaît aujourd’hui comme une source d’espoir pour de nombreux habitants de Koulikoro. Beaucoup estiment qu’une interdiction, même limitée aux heures nocturnes, pourrait contribuer à restaurer le calme et la sérénité dans la ville. Car la liberté de circuler ne doit pas se faire au détriment de la tranquillité publique et de la sécurité collective.
Les autorités sont donc appelées à trouver un équilibre entre passion mécanique et respect de l’ordre public. Dans le contexte actuel du Mali, prévenir vaut mieux que guérir.



