L’Iran reçoit un coup de pression de Trump, alors que la contestation dans le pays ne faiblit pas
Meguetan Infos

Le président américain a déclaré qu’il étudiait des « options très fortes » avec l’armée américaine et qu’une rencontre avec les autorités iraniennes était « en cours de préparation ».
Téhéran pourrait-il devenir le nouveau Caracas ? Donald Trump a fait monter la pression sur l’Iran dimanche 11 janvier, alors que la République islamique est aux prises avec une vaste contestation qui va crescendo, laissant craindre une répression meurtrière de la part des mollahs. Le président américain, qui a prouvé son penchant interventionniste au Venezuela, a affirmé que Washington n’écartait pas le recours à l’armée concernant la situation iranienne.
« Nous examinons la question très sérieusement, a-t-il assuré face aux journalistes à bord de son avion Air Force One, l’armée examine la question, et nous étudions des options très fortes. Nous allons prendre une décision. » Peu après ce nouveau coup de pression, Donald Trump a ajouté que Téhéran avait appelé samedi pour « négocier » et qu’une rencontre était « en cours de préparation ». L’Iran a pour sa part indiqué que les canaux de communication avec un émissaire américain étaient « ouverts ».
Le président américain a estimé que Téhéran commençait à dépasser la ligne rouge qu’il avait fixée concernant les morts lors du mouvement de protestation. L’ONG Iran Human Rights (IHR), basée en Norvège, a déclaré dimanche avoir confirmé la mort d’au moins 192 manifestants, mais averti que le nombre réel de victimes pourrait être beaucoup plus lourd, dénonçant un « massacre » et un « crime […] majeur contre le peuple iranien ».
Lors de sa prise de parole dimanche, Donald Trump a continué de laisser planer la menace d’une action américaine avant toute entrevue avec Téhéran. Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, avait auparavant affirmé que l’Iran riposterait à toute frappe américaine en ciblant des sites militaires et le transport maritime des États-Unis.
L’Iran « ne cherche pas la guerre, mais est tout à fait préparé pour la guerre », a affirmé le ministre des Affaires étrangères.
Plus de 2 600 manifestants arrêtés selon l’ONG Iran Human Rights
L’exécutif iranien cherche par ailleurs à endiguer une large contestation qui secoue le pays. Déclenchée à Téhéran le 28 décembre par des commerçants furieux contre la cherté de la vie, elle s’est largement étendue et représente l’un des plus grands défis de la République islamique depuis sa proclamation en 1979.
Les autorités ont imposé une coupure d’internet, en vigueur depuis plus de 84 heures, selon l’ONG de surveillance de la cybersécurité Netblocks. L’IHR a aussi estimé à plus de 2 600 les manifestants arrêtés. Le fils de l’ancien chah et figure de l’opposition iranienne en exil aux États-Unis, Reza Pahlavi, a exhorté sur les réseaux sociaux les forces armées et de sécurité à « se tenir aux côtés du peuple ».
La mobilisation survient dans un pays affaibli par une guerre avec Israël en juin et les coups portés à plusieurs de ses alliés régionaux, ainsi que par les sanctions liées à son programme nucléaire rétablies en septembre par l’ONU.
En fin de journée, le gouvernement a décrété trois jours de deuil national pour les « martyrs de la résistance », en référence notamment aux membres des forces de sécurité tués. Si les autorités disent comprendre les revendications économiques des manifestants, elles fustigent de plus en plus des « émeutiers » instrumentalisés selon elles par l’étranger, les États-Unis et Israël en tête.
Téhéran paralysée, les hôpitaux « débordés »
Le président Massoud Pezeshkian a exhorté la population à participer lundi à une « marche de résistance » dans tout le pays, pour dénoncer les violences commises, selon lui, par des « criminels terroristes urbains ». La télévision d’État a diffusé des images de bâtiments en feu, dont une mosquée, ainsi que de cortèges funéraires d’agents des forces de l’ordre.
Dimanche, une vidéo largement partagée montrait de nouveau des manifestants se rassemblant dans le quartier de Pounak, à Téhéran, en scandant des slogans en faveur de la monarchie déchue. La télévision d’État s’est efforcée de montrer une forme de retour au calme, diffusant des images d’une circulation fluide. Le gouverneur de Téhéran, Mohammad-Sadegh Motamedian, a affirmé à la télévision que « le nombre de manifestations [était] en baisse ».
Des images publiées sur les réseaux sociaux – probablement par des moyens satellitaires – avaient montré de grandes foules défilant dans la nuit de samedi à dimanche dans plusieurs villes iraniennes, notamment la capitale Téhéran et Machhad, dans l’est du pays. Dans une autre vidéo authentifiée par l’AFP, on voit des dizaines de corps enveloppés dans des sacs noirs devant une morgue de la capitale, et ce qui semble être des Iraniens à la recherche de leurs proches disparus.
Le Centre pour les droits de l’homme en Iran (CHRI), dont le siège est à New York, a affirmé que les hôpitaux étaient « débordés » par l’afflux de manifestants blessés, et que les réserves de sang diminuent. À Téhéran, un journaliste de l’AFP décrit une quasi-paralysie de la vie quotidienne. Des manifestations de solidarité ont rassemblé des milliers de personnes dimanche à Paris, Londres ou Vienne, tandis qu’à Istanbul, la police turque a bloqué les manifestants devant le consulat iranien.
Source: https://www.huffingtonpost.fr/




