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Bamako déclare la guerre à la dette : Les Peuples du Sahel réclament l’audit et l’abolition pure simple dettes illégitimes et illégales

Meguetan Infos

Après 2 jours de débats intenses au Palais des Pionniers du Mali, la 14ème édition du Forum des Peuples s’est achevée ce mercredi 23 juillet 2026 par l’adoption d’une déclaration forte.

Organisé par la Coalition des Alternatives Africaines Dette et Développement – CAD Mali en partenariat avec la Caravane de la CGLTE-OA, le forum a réuni plus de 300 participantes et participants* venus de différentes régions du Mali et de la Mauritanie, représentant plus d’une centaine d’organisations et mouvements sociaux.
Placée sous le thème : « Exploitation des ressources naturelles dans un contexte géopolitique complexe : quelles alternatives pour la souveraineté des pays du Sud et du Sahel », cette édition a été un espace de dénonciation et de propositions.
Les mouvements sociaux réunis dénoncent « la crise globale du système capitaliste et la faillite du mode de gouvernance néolibéral dicté par les multinationales et les puissances de l’Occident . Ils s’indignent également des « politiques de répression, de stigmatisation et de racisme des Etats du Nord à l’encontre des populations immigrées, reflet d’un passé colonial révolu et d’un présent néocolonial rejeté ».
Les 5 grands constats du Forum
Dans leur déclaration, les participants pointent du doigt :

Le dérèglement climatique : dont les peuples africains sont victimes, causé principalement par les industries du Nord.
L’accaparement des terres et le pillage : facteur d’appauvrissement, de famine et de dépendance alimentaire.
Le poids de la dette : qualifié d’« instrument de domination, de pillage » imposé par les Institutions de Bretton-Woods qui compromet le développement de l’Afrique.
Les limites du Franc CFA : considéré comme « une monnaie de domination économique ».
L’exode massif : qui aggrave la crise alimentaire et la crise du capitalisme.

Ils dénoncent aussi les interventions militaires étrangères, les accords commerciaux inéquitables et l’incapacité du G8 et du G20 à trouver des solutions.
15 exigences pour un autre monde
Face à ce constat, les mouvements sociaux exigent notamment :L’arrêt immédiat de l’accaparement des terres, du pillage des ressources naturelles et de la destruction de l’environnement ; L’expropriation sans indemnisation des multinationales qui se sont appropriées les domaines des populations ; La création d’une monnaie unique africaine indépendante de l’Euro ; La suppression des visas et la liberté de circulation des Africains sur tout le continent ;  Un audit citoyen de la dette pour abolir les parts illégitimes, illégales et odieuses ; La renationalisation de toutes les sociétés et services publics privatisés sous la pression du FMI et de la Banque Mondiale ;  L’abolition de l’OMC et de tous les accords de libre-échange ; L’implication de la société civile dans toutes les réformes politiques, institutionnelles et sécuritaires au Mali.
Un engagement pour la solidarité
« Nous, mouvements sociaux du Sud, nous engageons à poursuivre ce combat en développant une solidarité concrète pour que toutes nos luttes légitimes constituent les piliers du monde de demain », conclut la déclaration signée à Bamako le 23 Juillet 2026.
Le forum s’est achevé sur des slogans : « Vive le Forum des Peuples ! Vive le Forum Social Mondial ! Un Autre Monde plus juste est nécessaire ».
La CAD-Mali et la CGLTE-OA ont réaffirmé leur volonté de porter ces revendications au Forum Social Mondial prévu en août 2026 à Cotonou, au Bénin.
Bokoum Abdoul Momini/maliweb.net

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