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Crise malienne : de l’électricité au carburant, la résilience d’un peuple qui écrit son histoire

Meguetan INFOS.

« Aucune grande nation ne s’est construite sans résilience. »

Il est des périodes dans la vie d’une nation où les difficultés dépassent le simple cadre des épreuves quotidiennes pour devenir de véritables tests de courage, de solidarité et de maturité collective. Le Mali traverse depuis plusieurs années l’une de ces périodes. De la crise énergétique à la crise du carburant, le peuple malien a été confronté à des contraintes qui auraient pu, dans bien d’autres circonstances, provoquer un profond désarroi social.

Depuis plus de quatre ans, les difficultés liées à l’électricité ont profondément affecté la vie des ménages, des entreprises, des administrations et de l’ensemble du tissu économique. Aux coupures et aux insuffisances énergétiques sont venues s’ajouter, plus récemment, les difficultés d’approvisionnement en carburant. Or, dans une société moderne, l’électricité et les hydrocarbures ne sont plus de simples commodités : ils conditionnent l’activité économique, le transport, la production, le commerce, la communication et, dans une large mesure, le fonctionnement même de la société.

La crise du carburant a ainsi constitué une nouvelle épreuve. Lorsque le carburant se raréfie, c’est toute une chaîne qui est fragilisée : transporteurs, commerçants, agriculteurs, artisans, entreprises et simples citoyens en subissent directement les conséquences. À l’instar de l’alimentation, l’énergie est devenue une nécessité fondamentale de la vie contemporaine.

Dans ce contexte difficile, certains ont pu voir dans la succession de ces crises les manifestations d’une pression multiforme exercée sur le Mali. D’autres y voient avant tout les conséquences de contraintes économiques, logistiques et sécuritaires complexes. Mais, au-delà des interprétations et des divergences d’analyse, une réalité demeure : le peuple malien a résisté.

Il a résisté dans les files d’attente, dans les foyers plongés dans l’obscurité, dans les ateliers ralentis, dans les commerces perturbés et sur les routes rendues difficiles. Il a résisté sans renoncer à son quotidien, à son travail, à ses ambitions et surtout à son espoir.

Cette résilience ne signifie pas que les Maliens n’ont pas souffert. Elle ne signifie pas davantage qu’ils doivent accepter indéfiniment les difficultés. Elle traduit plutôt une capacité collective à supporter l’épreuve, à s’adapter et à continuer à avancer malgré l’adversité.

La particularité de cette résilience réside surtout dans son caractère populaire et souvent silencieux. Elle s’est exprimée dans la solidarité entre voisins, dans l’entraide familiale, dans l’ingéniosité des travailleurs, dans l’adaptation des commerçants et dans la capacité des citoyens à trouver, chaque jour, des solutions aux problèmes qui se présentent à eux.

Le peuple malien a ainsi démontré qu’une nation ne se mesure pas uniquement à ses infrastructures, à ses ressources ou à la puissance de ses institutions. Elle se mesure aussi à la capacité de ses citoyens à rester debout lorsque les circonstances les invitent à plier.

Cette attitude mérite d’être reconnue.

Mais la résilience du peuple ne dispense pas les pouvoirs publics de leurs responsabilités. Au contraire, elle doit encourager davantage l’action, l’anticipation et la recherche de solutions durables.

Face aux différentes crises, les autorités ont multiplié les concertations, les communications et les échanges avec les populations et les acteurs concernés. Cette interaction entre gouvernants et gouvernés demeure essentielle dans les moments de grande difficulté.

La récente amélioration de l’approvisionnement en carburant constitue, à ce titre, un soulagement pour de nombreux Maliens. La reprise progressive de la disponibilité des hydrocarbures a permis de réduire la pression sur les populations et de redonner de l’oxygène à plusieurs secteurs de l’économie.

Dans le même temps, l’amélioration progressive de la fourniture d’électricité est également perçue comme un signe encourageant. Les deux problématiques étant intimement liées à l’activité économique et sociale, toute amélioration dans ces secteurs produit nécessairement un effet positif sur la vie quotidienne.

Il appartient donc aux autorités de poursuivre les efforts afin que ces améliorations ne soient pas seulement conjoncturelles, mais qu’elles s’inscrivent dans une véritable stratégie de sécurisation énergétique et d’approvisionnement durable du pays.

La résilience ne consiste pas simplement à subir. Elle consiste à transformer l’épreuve en force, la difficulté en expérience et la crise en opportunité de reconstruction.

C’est peut-être là l’une des plus grandes leçons de cette période : lorsqu’un peuple croit en son avenir, lorsqu’il fait de la solidarité une force et de la patience une vertu, aucune crise ne peut facilement venir à bout de son espérance.

Aujourd’hui, le gouvernement peut se féliciter des avancées enregistrées dans l’amélioration de l’approvisionnement en carburant et de la fourniture d’électricité. Mais le plus grand hommage revient surtout à ce peuple qui, dans les moments les plus difficiles, a continué à travailler, à créer, à produire, à entreprendre et à croire.

Le Mali ne sortira pas seulement de ses crises par les décisions des gouvernants. Il en sortira aussi par la force de son peuple, par son unité, son courage et sa résilience.

Car l’histoire des grandes nations n’est pas seulement écrite dans les périodes de prospérité. Elle s’écrit surtout dans les moments d’épreuve.

Et dans cette épreuve, le peuple malien aura montré une chose essentielle : il peut être éprouvé, mais il refuse de renoncer.

« Aucune grande nation ne s’est construite sans résilience. »
La Rédaction

 

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