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Abdel Kader Sangho dit « Saint » : Disparition d’une grande figure des douanes et du Mouvement sportif malien

Meguetan Infos

Le Mali perd un homme de devoir, de transmission et de passion

Douanier d’exception, formateur passionné, dirigeant olympique respecté et amoureux du basket, il laisse derrière lui le souvenir d’un homme dont la compétence n’avait d’égale que l’humilité. Il y a des hommes dont la disparition laisse un vide. Et puis il y a ceux dont l’absence crée un véritable silence autour de soi, parce qu’ils occupaient une place singulière dans la vie professionnelle, associative et sportive de leur pays. Abdel Kader Sangho, affectueusement appelé « Saint », appartient incontestablement à cette seconde catégorie.
Le Mali vient de perdre, le jeudi 20 août 2026 au Maroc, un grand commis de l’Etat, un inspecteur des douanes de classe exceptionnelle, un formateur exigeant et généreux, un cadre reconnu au-delà des frontières nationales, mais aussi un dirigeant sportif dont l’engagement aura profondément marqué le Mouvement olympique malien. La nouvelle de sa disparition a frappé de plein fouet plusieurs familles à la fois : celle des douanes, celle du Mouvement sportif, celle du basket-ball, celle de l’AS Réal de Bamako, mais également tous ceux qui, au fil des années, avaient eu le privilège de croiser son chemin.
Abdel Kader Sangho était de ces personnalités que l’on ne résume pas à une fonction.
Un grand commis de l’Etat
Natif de Missira, en Commune II du district de Bamako, Abdel Kader Sangho a construit une remarquable carrière au sein de l’administration douanière. Inspecteur des douanes de classe exceptionnelle, il était également un haut cadre de l’Organisation mondiale des douanes et un enseignant, chargé notamment de dispenser des cours dans le domaine douanier.
Mais derrière les grades et les responsabilités, il y avait surtout un professionnel habité par la volonté de transmettre.
Son parcours l’a conduit à exercer de hautes responsabilités au sein des douanes maliennes et de l’Organisation mondiale des douanes. Directeur du Centre de formation, de perfectionnement et de recyclage des douanes du Mali, il s’était particulièrement investi dans la formation des jeunes cadres et dans la modernisation de l’administration douanière.
Son expertise l’avait ensuite conduit sur la scène internationale. A Abidjan, il dirigeait le Bureau régional pour le renforcement des capacités de l’Organisation mondiale des douanes pour l’Afrique occidentale et centrale (BRRC-AOC). Elu une première fois par consensus à la fin de l’année 2020, il avait été reconduit à l’unanimité pour un second mandat en mai 2024.
Cette reconnaissance internationale disait beaucoup de l’homme et de sa valeur professionnelle.
Conseiller en modernisation douanière, conseiller du Programme Mercator, spécialiste de la formation et de la transformation des administrations douanières, Abdel Kader Sangho avait acquis une réputation qui dépassait largement les frontières du Mali. Mais ce qui impressionnait chez lui n’était pas seulement l’étendue de son savoir. C’était sa capacité à transmettre.
Le savoir comme devoir
Chez Abdel Kader Sangho, la compétence n’était jamais une propriété personnelle destinée à être jalousement conservée. Elle devait servir aux autres. C’est sans doute ce qui explique son attachement à la formation. Directeur du Centre de formation des douanes, enseignant, formateur et responsable de programmes, il avait fait de la transmission du savoir une véritable vocation. Il avait notamment participé à l’accompagnement de la modernisation des pratiques douanières, avec l’intégration de nouvelles technologies et de nouveaux outils destinés à renforcer l’efficacité et la sécurité des administrations douanières africaines. A travers ses responsabilités, il aura donc contribué à former des générations de cadres.
Et une vie professionnelle réussie ne se mesure pas uniquement aux postes occupés. Elle se mesure aussi au nombre de personnes que l’on a aidées à grandir.
Et puis il y avait le sport…
Car pour comprendre véritablement Abdel Kader Sangho, il fallait sortir du bureau, quitter les couloirs de l’administration et entrer dans cet univers qui lui était si cher : le sport.
Le sport n’était pas pour lui une simple activité parallèle. C’était une passion. Une culture. Un espace de transmission. Une école de vie. Et, par-dessus tout, le basket-ball occupait une place particulière dans son cœur.
Ancien membre actif de la Fédération malienne de basketball, il avait consacré une partie importante de son énergie à cette discipline qu’il aimait profondément.
Mais lorsqu’on évoque le basket-ball et Abdel Kader Sangho, il est impossible de ne pas prononcer un nom : l’AS Réal de Bamako. Le Réal était son club de cœur.
Un attachement qui dépassait les résultats, les générations de joueurs ou les dirigeants qui se succédaient. Il y avait chez lui cette fidélité rare des hommes qui aiment une institution sportive non seulement lorsqu’elle gagne, mais parce qu’elle représente une partie de leur histoire, de leur identité et de leur mémoire.
Saint aimait le Réal. Et il aimait le basket-ball. Il en parlait avec passion, le défendait avec conviction et s’intéressait à son avenir avec la préoccupation d’un véritable bâtisseur.
Un dirigeant sportif au service des autres
Son engagement ne s’est pourtant jamais limité à une discipline. Abdel Kader Sangho était devenu au fil des années l’une des figures importantes du management sportif malien.
Trésorier général adjoint du Comité national olympique et sportif du Mali (Cnosm), il présidait également le Réseau national des managers des organisations sportives (Renmos-Mali). Il avait en outre dirigé le programme de Cours avancé en management du sport du Comité international olympique à Lausanne.
Ces responsabilités ne doivent rien au hasard. Elles témoignent d’une conviction profonde : le développement du sport passe aussi par la qualité de ceux qui le dirigent.
Pour lui, le sport ne pouvait plus être géré seulement avec la passion. Il fallait y associer la compétence, la formation, la rigueur, la vision et la bonne gouvernance. Il appartenait à cette génération de dirigeants qui voulaient faire du Mouvement sportif malien une véritable institution, capable de préparer l’avenir et de répondre aux exigences du sport moderne.
L’homme derrière les fonctions
Mais ceux qui l’ont connu savent que les titres ne disent pas tout d’Abdel Kader Sangho. Il y avait l’homme. Un homme décrit par ceux qui l’ont côtoyé comme professionnel, disponible, humble, engagé et profondément attaché aux autres.
C’est précisément cette dimension humaine qui revient dans les témoignages rendus après sa disparition.
A côté du douanier émérite, du cadre international, du dirigeant sportif et du formateur, il y avait un homme accessible.
Un homme qui savait écouter. Un homme qui savait conseiller. Un homme qui savait partager. Un homme dont la présence rassurait. Et peut-être est-ce là que réside la plus belle définition de sa personnalité : il savait donner de son temps aux autres.
Dans une époque où les responsabilités sont parfois considérées comme des privilèges, Abdel Kader Sangho les concevait davantage comme des devoirs.
La fidélité au Mali, partout où il se trouvait
Même lorsqu’il était en poste à l’extérieur du Mali, notamment à Abidjan, il n’avait jamais cessé de porter son pays dans son cœur. Son parcours international n’avait pas éloigné l’homme de ses racines.
Au contraire. Plus il évoluait dans les grandes sphères de la coopération douanière et du management sportif, plus il semblait mesurer l’importance de transmettre à son pays ce qu’il avait appris ailleurs.
Il était de ceux qui considéraient qu’une réussite personnelle n’a de sens que lorsqu’elle peut être transformée en réussite collective.
Une disparition qui dépasse les douanes
La disparition d’Abdel Kader Sangho est donc bien plus que celle d’un haut fonctionnaire. Elle touche l’État. Elle touche les douanes. Elle touche le monde universitaire et de la formation. Elle touche le Comité national olympique et sportif du Mali. Elle touche le basket-ball. Elle touche le Réal. Elle touche les managers sportifs. Elle touche les journalistes sportifs qui l’ont connu. Elle touche enfin cette grande communauté de professionnels africains avec lesquels il avait construit, au fil des années, des relations fondées sur la compétence, la confiance et le respect.
Le communiqué du Cnosm l’a justement présenté comme un douanier émérite, un formateur passionné et engagé et l’une des figures les plus respectées du basket-ball malien et de son club de cœur. Cette reconnaissance institutionnelle rejoint les nombreux témoignages individuels qui saluent son professionnalisme, son humilité et son engagement.
Un héritage plus fort que l’absence
Abdel Kader Sangho laisse derrière lui une œuvre. Elle est visible dans les administrations qu’il a servies. Dans les cadres qu’il a formés. Dans les responsables sportifs qu’il a accompagnés.
Dans les générations de basketteurs qu’il a encouragées. Dans les dirigeants qu’il a conseillés. Dans les institutions sportives auxquelles il a consacré son énergie.
Et dans les souvenirs de tous ceux qui l’ont connu. Il laisse également une famille, des proches et des enfants parmi lesquels figure l’artiste malien Abba Wayne, dont il était le père.
A eux, à sa famille, à ses collègues des douanes, à ses compagnons du Mouvement olympique, à la grande famille du basket-ball malien et africain, aux dirigeants et supporters de l’AS Réal de Bamako, revient désormais la difficile mission de continuer à faire vivre sa mémoire.
Saint, le dernier coup de sifflet
Dans le sport, lorsqu’un grand joueur quitte le terrain, le public se lève souvent pour l’applaudir une dernière fois. Abdel Kader Sangho vient, lui aussi, de quitter le terrain. Mais son match ne s’arrête pas complètement. Parce que certains hommes continuent de jouer à travers ce qu’ils ont transmis. A travers les valeurs qu’ils ont défendues. A travers les générations qu’ils ont formées.
 A travers les institutions qu’ils ont servies. A travers les passions qu’ils ont communiquées. Saint a quitté le parquet, mais il n’a pas quitté les tribunes de la mémoire. Le basket malien se souviendra de son amour pour la balle orange.
Le peuple du Réal se souviendra de sa fidélité. Les douanes se souviendront de l’inspecteur de classe exceptionnelle devenu une référence professionnelle.
Le Mouvement olympique se souviendra du dirigeant engagé. Les jeunes cadres se souviendront du formateur. Et tous ceux qui l’ont connu se souviendront surtout de l’homme. Celui qui savait être compétent sans être arrogant. Important sans être distant. Engagé sans être bruyant.
Respecté sans jamais rechercher ostensiblement le respect.
C’est peut-être cela, finalement, la grandeur d’un homme : laisser derrière soi moins le souvenir de ses titres que celui de ses valeurs.
Abdel Kader Sangho dit « Saint » aura servi son pays avec son intelligence, son savoir et son expérience. Il aura servi le sport avec la même générosité. Il aura aimé le basket-ball avec la passion d’un véritable amoureux de la balle orange. Et il aura porté l’AS Réal de Bamako dans son cœur avec cette fidélité qui ne se commande pas.
Le Mali perd un grand serviteur. Les douanes perdent l’un des leurs.
Le Mouvement sportif perd un dirigeant de valeur. Le basket-ball perd un passionné. Le Réal perd un amoureux. Et une famille perd un père.
Mais l’homme, lui, demeure dans ce qu’il a transmis.
Que le Tout-Puissant, dans Son infinie Miséricorde, accueille Abdel Kader Sangho auprès de Lui, lui accorde le repos éternel dans le Firdaws, illumine sa tombe et donne à sa famille, à ses proches, à ses collègues et à tous ceux qui l’ont aimé la force de supporter cette immense épreuve.
« A Dieu nous appartenons et à Lui nous retournons ».
Repose en paix, Saint.
Le Mali ne t’oubliera pas. Le sport malien ne t’oubliera pas.
Le basket-ball ne t’oubliera pas. Et le Réal, ton Réal, ne t’oubliera jamais.
        El Hadj A.B. HAIDARA

Décès d’Abdel Kader Sangho :
Le Cnosm en deuil, Habib Sissoko rend hommage à un serviteur du sport malien
Décédé le 20 août 2026 au Maroc des suites d’une longue maladie, Abdel Kader Sangho, trésorier général adjoint du Cnosm et ancien membre de la Fédération malienne de basket-ball, laisse le souvenir d’un homme engagé, humble et dévoué au service du sport.
C’est avec une profonde douleur que le Comité exécutif du Comité national olympique et sportif du Mali (Cnosm) a appris la disparition d’ Abdel Kader Sangho, le jeudi 20 août 2026 au Maroc, des suites d’une longue maladie.
Trésorier général adjoint du Cnosm, Sangho présidait avec une grande réussite le Réseau national des managers des organisations sportives (Renmos-Mali). Ancien membre de la Fédération malienne de basket-ball (FMBB), il a aussi été directeur du Centre de formation des douanes.
En lui, le Mali perd un douanier émérite, un formateur passionné et engagé, ainsi que l’une des figures les plus respectées du basket-ball malien et de son club de cœur, l’AS Réal de Bamako.
Par son professionnalisme, son engagement, sa disponibilité, son humilité et son dévouement à toute épreuve, Abdel Kader Sangho a marqué des générations de sportifs, de dirigeants et de collaborateurs.
Au nom du comité exécutif, du Mouvement national sportif et en son nom propre, le président du Cnosm adresse ses condoléances les plus attristées à la famille de l’illustre disparu, à l’ensemble du mouvement olympique et sportif du Mali.
Qu’Allah SWT, dans Son infinie Miséricorde, lui accorde le repos éternel dans le Firdaouss et apporte réconfort et courage à tous ceux qu’il laisse derrière lui.

Bamako, le 20 août 2026
Le président Habib Sissoko
Commandeur de l’Ordre national
Aujourd’hui-Mali

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