7 septembre 2023 – 7 septembre 2026 : trois ans après, Koulikoro se souvient du bateau Tombouctou
Meguetan infos

Trois ans déjà. Le 7 septembre 2023 reste une date douloureuse dans la mémoire collective de Koulikoro et du Mali. Ce jour-là, le bateau Tombouctou, de la Compagnie malienne de navigation fluviale (COMANAF), a été la cible d’une attaque terroriste alors qu’il assurait une mission essentielle de transport de personnes et de marchandises sur le fleuve Niger.
L’attaque a provoqué un lourd bilan humain et matériel et marqué un brutal coup d’arrêt aux activités de navigation fluviale sur cet axe stratégique.
Ville charnière de la navigation fluviale au Mali, Koulikoro entretient depuis des décennies des liens étroits avec le transport sur le Niger. Une partie importante de son activité économique repose sur les campagnes de navigation, le commerce, le transport des marchandises et les nombreux services qui gravitent autour du port et des activités fluviales.
Le drame du 7 septembre 2023 a donc été vécu ici comme une tragédie nationale, mais aussi comme un drame profondément local.
Parmi les victimes civiles recensées figurent sept ressortissants de Koulikoro, auxquels s’ajoutent plusieurs blessés. À la douleur des familles s’est également ajoutée celle des commerçants et transporteurs ayant perdu des marchandises, de l’argent et, pour certains, une partie importante de leurs moyens de subsistance.
L’arrêt du transport fluvial n’a pas seulement interrompu les voyages des bateaux. Il a également affecté tout un écosystème économique.
Commerçants, transporteurs, manutentionnaires, porteurs, vendeurs, restaurateurs, mécaniciens et autres acteurs qui dépendaient directement ou indirectement des mouvements des bateaux ont vu leurs activités fortement réduites.
Pour certains, il a fallu se réorienter vers d’autres secteurs afin de survivre. D’autres, en revanche, n’ont pas disposé des moyens nécessaires pour se relever.
Trois ans après, les séquelles économiques restent donc visibles chez plusieurs familles et opérateurs économiques de Koulikoro.
Ces victimes et acteurs économiques appellent aujourd’hui l’État à prendre en considération leur situation et à mettre en place des mécanismes d’accompagnement permettant la reprise ou la reconstruction de leurs activités.
La reprise de la navigation fluviale apparaît désormais comme un enjeu économique majeur pour le Mali.
Le Gouvernement de la Transition s’est engagé dans des perspectives de relance du transport fluvial, notamment à travers les contrats-plans État–COMANAF, ainsi que différents projets portant sur les infrastructures, les équipements et les moyens de transport.
L’objectif dépasse largement la simple remise en circulation des bateaux. Il s’agit de redonner vie à un véritable corridor économique reliant les différentes localités riveraines du Niger et de restaurer les activités commerciales qui dépendaient de cette voie de communication.
À Koulikoro, le bateau n’était pas simplement un moyen de transport.
Pendant des décennies, les départs des bateaux en direction des localités du nord du Mali rythmaient la vie économique de la ville. Les campagnes de navigation constituaient des périodes importantes pour les commerçants et les familles qui vivaient directement ou indirectement des échanges entre le sud et le nord du pays.
Le fleuve Niger constituait ainsi une véritable artère économique, permettant l’acheminement des personnes, des céréales, des produits manufacturés et de nombreuses autres marchandises.
La disparition temporaire de cette activité a laissé un vide important dans l’économie locale.
Trois ans après, entre mémoire et espoir
En ce 7 septembre 2026, Koulikoro se souvient des victimes du bateau Tombouctou.
Trois années se sont écoulées depuis cette attaque qui a endeuillé des familles et bouleversé l’économie de nombreuses personnes. Mais derrière le souvenir du drame demeure une attente : celle de voir renaître la navigation fluviale dans des conditions sécurisées et durables.
Pour les victimes économiques, la relance ne devrait toutefois pas se limiter au retour des bateaux. Elles souhaitent également bénéficier d’un accompagnement de l’État, afin de reconstruire leurs activités et retrouver les moyens de subsistance perdus depuis le drame.
Trois ans après, le souvenir du Tombouctou reste donc douloureux. Mais pour Koulikoro, il porte également l’espoir de voir à nouveau les bateaux reprendre le chemin du fleuve, et avec eux, une partie de la vie économique de la ville.
Du souvenir à la reconstruction, le défi est désormais de transformer cette tragédie en une nouvelle dynamique pour la navigation fluviale malienne.
La Rédaction.




