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Pouvoir de transition et renouveau attendu : De l’euphorie à la dure réalité ?

Meguetan Infos

Les événements du 18 août 2020 avaient suscité un certain espoir de changement dans la gouvernance du pays. Plu de deux ans plus tard, l’on peine à voir l’amorce de cette gouvernance vertueuse…

-maliweb.net- Lors des événements ayant conduit au renversement du régime « démocratiquement élu » de feu le président Ibrahim Boubacar Kéita, plus d’un acteur sociopolitique avait estimé que la soif de changement était tel que le départ d’IBK était justifié. Tant, le pouvoir réélu en 2018 était devenu fébrile et prêtait le flanc à une multitude de reproches.

Non seulement, IBK et son gouvernement étaient devenus impuissants face à la crise sécuritaire, mais au plan de la gouvernance économique et sociale du pays, c’était quasiment la désolation : corruption, détournements de deniers publics, clientélisme et affairisme, immixtion de la famille présidentielle dans la gestion publique, chômage, grèves répétitives,  mal-vivre, etc. C’est au point que les uns et les autres trouvaient que le régime IBK était devenu indéfendable… Sa chute a donc fait nourrir un espoir certain  d’un changement réel. Sauf que cette aspiration peine à connaître un début de réalisation.

En effet, les populations attendaient voir le pouvoir de Transition opérer des choix stratégiques  drastiques dans la conduite des affaires du pays, afin de poser ne serait-ce que les bases du mieux-être des populations. Deux ans après l’entame de cette transition, l’on frôle aujourd’hui la déception.

Des faits ressemblant à des scandales défraient la chronique, des cas de distributions affairistes de logements sociaux, de concours de recrutements truffés de laxisme et de complaisance sont encore cités. Quid de l’affaire des livraisons tardives des engrais subventionnés ? Quid des marchés du ministère de la défense  sur lesquels aucune communication en termes de chiffres d’acquisition d’aéronefs et d’équipements militaires n’est faite ?

Sans compter qu’au plan sécuritaire, le tableau qui est officiellement peint  sur les médias publics, semble à mille lieues de la réalité du terrain. Le péril terroriste a étendu ses tentacules avec l’invasion des groupes de l’EIGS (Daech) et autres criminels de différentes katibas locales, qui sèment la désolation à divers endroits du territoire national.

Or, il est établi que l’armée nationale, (les FAMA) monte en puissance, avec un renforcement conséquent de ses capacités opérationnelles tant au niveau aérien que sur terre. Et, elle ne cesse d’infliger de lourdes pertes aux groupes armés terroristes, à travers moult opérations de terrain. Mais, la poignante réalité est que le tout-sécuritaire ne peut pas arriver à bout du terrorisme, surtout que les violences intra et intercommunautaires.

Dans le domaine social, la vie chère s’intensifie et les populations ne cessent d’éprouver d’énormes difficultés pour joindre les deux bouts. Ce qui fait que de nombreux consommateurs commencent à rouspéter, le panier de la ménagère étant désespérément vide. Toute chose qui incite les populations à exprimer leurs déceptions. « La chute d’IBK n’a rien changé à notre quotidien. On est déçu des colonels, qui ne peuvent rien changer, sauf chasser la France de notre pays », protestent certains Bamakois.

Toutefois, les seuls points positifs que l’on enregistre aujourd’hui dans la gouvernance des nouvelles autorités, ce sont les changements stratégiques dans les relations diplomatiques du Mali. Ce qui a renforcé le respect de la souveraineté de notre pays dans le concert des nations. Mais, cela a occasionné de nombreuses tensions diplomatiques, dont des sanctions ayant occasionné des préjudices énormes au plan économique.

En définitive, la majorité des Maliens sortent de l’euphorie du renversement du régime IBK et continuent de se poser des questions sur les promesses de changement devenues un mirage.

Boubou SIDIBE/maliweb.net

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