Depuis quelques années, la menace terroriste au Mali ne cesse d’évoluer et de se réinventer. Loin de se limiter aux attaques armées ou aux embuscades sur les routes, elle adopte désormais des stratégies plus subtiles et insidieuses. Selon des sources bien introduites, un nouveau phénomène prend de l’ampleur : l’infiltration des zones d’orpaillage par de jeunes engagés dans le terrorisme.
Après avoir mené des opérations meurtrières dans certaines régions, ces individus troquent leurs armes pour des pioches et se fondent dans la masse des orpailleurs. Sous couvert de cette activité, ils échappent aux radars sécuritaires tout en continuant à fournir des renseignements précieux à leurs bases disséminées sur le territoire national. Quelques semaines ou mois plus tard, ils disparaissent à nouveau… pour réapparaître sur un autre front.
Ces zones aurifères, souvent difficiles d’accès et faiblement contrôlées par l’État, deviennent ainsi des refuges idéaux, mais aussi des maillons logistiques dans la chaîne terroriste. Elles servent de lieux de repos, de sources de financement, et surtout de poches d’infiltration silencieuse.
Il est temps de changer de regard. Les sites d’orpaillage ne sont pas uniquement des zones économiques, ni même des foyers d’activité artisanale incontrôlée ; ils sont désormais des points stratégiques qu’il faut impérativement intégrer dans la cartographie sécuritaire nationale. Les ignorer, c’est laisser au terrorisme une arrière-base quasi imprenable.
Face à cette réalité, l’État doit agir. Cela passe par un contrôle renforcé de l’accès à ces sites, un recensement précis des travailleurs, et une présence militaire ou sécuritaire plus affirmée. La lutte contre le terrorisme ne se gagnera pas seulement sur les champs de bataille connus, mais aussi dans ces espaces où les ennemis avancent masqués.
Car si l’or brille pour certains, il sert aussi à entretenir l’ombre pour d’autres.
La Rédaction




