ACTUALITÉSAfrique

Nigeria : un avocat poursuit en justice un gouverneur pour l’avoir bloqué sur X

Meguetan Infos

Festus Ogun, un avocat nigérian spécialisé dans les droits humains, a porté plainte contre le gouverneur de l’État de Lagos, Babajide Sanwo-Olu, devant la Haute Cour fédérale de Lagos. Il l’accuse d’avoir violé ses droits fondamentaux en le bloquant sur la plateforme X (anciennement Twitter), une action qu’il estime liée à ses critiques constructives des politiques gouvernementales.
Dans la plainte déposée sous le numéro FHC/L/CS/1739/25, Me Ogun affirme que ce blocage, qui dure depuis 2021, fait suite à ses prises de position exigeant des comptes concernant les violences survenues lors du mouvement #EndSARS en octobre 2020, ainsi qu’à ses analyses critiques de l’action publique.
« En 2021, j’ai découvert que le gouverneur m’avait bloqué sur son compte officiel X, @jidesanwoolu, en raison de mes critiques constructives et de ma demande de transparence autour des événements du #EndSARS », a expliqué l’avocat dans un post Facebook publié vendredi, annonçant le dépôt de la plainte.
Me Ogun soutient que cette décision l’a privé de l’accès à des informations publiques essentielles relatives à la gouvernance et aux actions de l’État de Lagos. Il qualifie cet acte d’«inconstitutionnel, arbitraire et discriminatoire », soulignant que son droit à l’information a été entravé. Il s’est décrit comme « hanté, traumatisé et émotionnellement perturbé » par l’action du gouverneur.
Parmi les recours demandés, Me Ogun requiert du tribunal qu’il déclare le blocage illégal, ordonne au gouverneur de le débloquer et présente des excuses publiques. Il sollicite également une injonction permanente empêchant le gouverneur et son administration de bloquer toute autre personne critique sur les réseaux sociaux.
L’avocat a rappelé que la justice américaine s’était prononcée sur une affaire similaire en 2019, statuant que l’ancien président Donald Trump avait violé le Premier Amendement de la Constitution en bloquant des détracteurs sur Twitter.
« Cette action en justice dépasse mon cas personnel. J’agis dans l’intérêt public et avec l’espoir de faire jurisprudence en matière de droits numériques au Nigeria », a-t-il affirmé.
Festus Ogun a également dénoncé une intolérance croissante des autorités nigérianes face à la dissidence en ligne, évoquant l’utilisation de méthodes répressives telles que les arrestations, la surveillance et le blocage de comptes pour réduire au silence les voix critiques.
« L’intolérance à la critique et à la reddition des comptes est inconstitutionnelle et antidémocratique. Cette pratique doit cesser », a-t-il martelé.
L’affaire pourrait constituer un tournant pour la défense des droits numériques et la liberté d’expression en ligne au Nigeria, alors que les recours contre le blocage arbitraire sur les réseaux sociaux se multiplient à travers le monde.
Le mouvement #EndSARS, né en octobre 2020, exigeait la dissolution d’une unité de police nigériane accusée de violences et de brutalités. Sa répression avait donné lieu à de nombreuses victimes et à des condamnations internationales, ainsi qu’à un débat toujours vif sur la responsabilité des autorités.
…………………………………………………………………afrikmag
Source : afrikmag

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page
Open

X