Mali : face aux narratifs étrangers, la bataille de l’information doit aussi être malienne
Meguetan infos

L’introduction frauduleuse du journaliste saoudien sur le territoire malien a agi comme un révélateur. Cet épisode a mis en lumière l’existence d’une offensive médiatique coordonnée visant à fragiliser l’image du Mali dans un contexte sécuritaire déjà sensible. Pour de nombreux observateurs, cet acte n’avait rien d’anodin. Il s’inscrivait dans une longue série de narratifs étrangers souvent orientés, relayés par certains médias internationaux, notamment français, dont le traitement du Mali suscite régulièrement des accusations de deux poids, deux mesures.
Depuis plusieurs années, le Mali fait face à une guerre multiforme : militaire, diplomatique, économique, mais aussi médiatique. Dans cette bataille de perception, chaque image, chaque reportage, chaque commentaire devient un instrument capable d’influencer l’opinion publique internationale, mais également la conscience collective des Maliens eux-mêmes.
L’affaire du journaliste saoudien ressemble ainsi à un test grandeur nature. Une tentative de mesurer le niveau de vigilance des autorités maliennes et de la population face à des méthodes d’infiltration médiatique jugées inacceptables. La fermeté des réactions, aussi bien au sommet de l’État qu’au sein des citoyens, a envoyé un message clair : le Mali reste ouvert à l’information, mais pas à la manipulation ni à l’ingérence déguisée.
Cependant, cette vigilance ne doit pas conduire à transformer le Nord du Mali en une zone totalement inaccessible à la presse nationale. Bien au contraire. Il devient urgent de permettre aux journalistes maliens de documenter eux-mêmes les réalités du terrain, sous protection sécurisée lorsque cela est nécessaire. Le vide informationnel profite toujours aux récits extérieurs. Et lorsqu’un pays ne raconte plus lui-même son histoire, d’autres s’en chargent à sa place.
Dans cette dynamique, le rôle d’une communication patriotique et persuasive devient central. Des voix médiatiques comme Boujou Mabel Diawara ou Abdoul Niang et autres occupent aujourd’hui un espace important dans le débat public. Leur engagement dans la défense des intérêts nationaux est perçu par une partie de l’opinion comme un contrepoids aux campagnes médiatiques étrangères jugées hostiles au Mali.
La guerre des narratifs n’épargne personne. Certains Maliens, de l’intérieur comme de la diaspora, reprennent parfois inconsciemment des discours déconnectés des réalités nationales. Mais face à eux émergent désormais des acteurs médiatiques capables de déconstruire rapidement certaines interprétations jugées malveillantes ou biaisées.
Il appartient désormais aux hautes autorités de mettre en place des mécanismes solides pour accompagner la presse malienne dans cette période de crise : accès à l’information, sécurité des reporters, formations stratégiques, soutien institutionnel et protection de la souveraineté médiatique nationale.
Car aujourd’hui, défendre le Mali ne se joue pas uniquement sur le terrain militaire. Cela se joue aussi dans les studios, sur les plateaux, dans les rédactions et sur les réseaux sociaux. Une nation qui perd la bataille de l’information finit toujours par fragiliser son unité intérieure.
Le Mali doit raconter le Mali. Par les Maliens. Pour les Maliens et pour le monde.




