Koulikoro : le secteur informel en marche vers la formalisation avec le lancement de la Task Force UNTM
Meguetan INFOS
Les activités de la Task Force de l’Union Nationale des Travailleurs du Mali (UNTM) ont été officiellement lancées ce jeudi 22 janvier 2026 à Koulikoro. La cérémonie, placée sous la présidence du Gouverneur de la région, le Colonel El Hadj Lamine Kapory Sanogo, s’est déroulée en présence du Secrétaire général de l’UNTM, M. Yacouba Katilé, et d’une forte délégation du Bureau national de la centrale syndicale.
L’événement a été marqué par une conférence-débat axée sur deux thèmes majeurs : les conditions de création des sociétés coopératives et les avantages de la bancarisation au profit de ces structures. Une rencontre stratégique qui s’inscrit dans la dynamique de formalisation du secteur informel, pilier essentiel de l’économie malienne.
La mobilisation a été impressionnante. Plus de 300 acteurs du secteur informel, hommes et femmes, venus de divers domaines d’activités tels que l’exploitation de sable, de gravier, de moellons, la maçonnerie et bien d’autres, ont pris part à la rencontre. Un signal fort de l’intérêt et de l’espoir que suscite cette initiative dans la région de Koulikoro.

Pour rappel, la région de Koulikoro compte actuellement 213 associations, 60 sociétés coopératives, 2 unions et une confédération. Malgré cette base organisationnelle, le secteur informel demeure encore largement désorganisé, sans véritable vision structurée ni programme de développement durable. Cette situation fait que son énorme potentiel économique échappe en grande partie au contrôle de l’État, limitant ainsi son impact sur les recettes publiques.
Dans leurs différentes interventions, les autorités régionales ont unanimement salué l’initiative de l’UNTM. Elles ont souligné que le secteur informel constitue la principale source d’emplois dans la région et représente un levier fondamental pour l’économie locale. À Koulikoro, le secteur de l’exploitation du sable et du gravier, en particulier, fait vivre directement ou indirectement plus de 80 % de la population de la commune urbaine.
Prenant la parole, le Secrétaire général de l’UNTM, M. Yacouba Katilé, a insisté sur la finalité de cette démarche :
« Il s’agit de permettre aux travailleurs du secteur informel de mieux vivre de leur travail, de mieux s’organiser et de profiter pleinement du fruit de leurs efforts. »
Selon lui, la création de sociétés coopératives et la bancarisation constituent des étapes essentielles pour sortir de la précarité, renforcer la transparence dans la gestion, faciliter l’accès au financement et améliorer durablement les conditions de vie et de travail des acteurs du secteur.
La conférence-débat a permis aux participants d’exprimer ouvertement leurs difficultés : manque d’organisation, absence de reconnaissance officielle, faibles revenus, insécurité professionnelle et difficultés d’accès aux services financiers. Des échanges enrichissants qui ont contribué à une meilleure compréhension des enjeux liés à la formalisation du secteur.
Le secteur de l’exploitation du sable et du gravier, considéré comme le plus mal organisé de la région, a été particulièrement mis en lumière. Cette désorganisation impacte non seulement les recettes de la commune, mais également les conditions de vie des travailleurs, dont certains peinent depuis des années à subvenir décemment aux besoins de leurs familles.
À l’issue de cette rencontre, les acteurs du secteur se sont dits mieux édifiés et désormais prêts à s’engager dans la voie de la structuration collective. Une coalition harmonieuse entre les différentes organisations professionnelles se dessine progressivement, avec pour objectif commun d’en finir avec la précarité et d’instaurer une gestion plus équitable et plus rentable de leurs activités.
À travers la Task Force UNTM, la région de Koulikoro amorce ainsi une étape décisive vers la formalisation du secteur informel, au bénéfice des travailleurs, des collectivités territoriales et de l’économie nationale. Une dynamique prometteuse pour un secteur longtemps marginalisé mais pourtant essentiel au développement du Mali.
Nayté





