Flambée d’épidémies en Afrique de l’Ouest : lancement à Bamako du projet SC-GRA pour contrer les arbovirus
Meguetan Infos

Des chercheurs venus de la Guinée, du Liberia, de la Sierra Leone, de la Côte d’Ivoire et du Mali ont lancé, ce mardi 7 avril 2026, un projet de lutte contre les pandémies en Afrique de l’Ouest.
Le projet est lancé sous la direction du professeur malien Seydou Doumbia, qui préside actuellement le Consortium ouest-africain pour la recherche clinique (WAC-CREP).
« En 2025, sur 29 épidémies recensées en Afrique, 22 ont été localisées en Afrique de l’Ouest », a indiqué la professeure Djénèba Dabitao lors de la présentation du projet de riposte contre les pandémies. Le projet, dénommé « Renforcement des capacités de recherche clinique et génomique sur les arbovirus (SC-GRA) », vise à promouvoir la préparation et la réponse aux épidémies sous-régionales à travers des initiatives de recherche et de formation collaboratives.
Plusieurs impacts positifs sont attendus du projet de cinq ans. Il s’agit de former la prochaine génération de chercheurs cliniques et de professionnels de santé à travers divers programmes de bourses, notamment 25 bourses Catalyst ; 15 bourses de recherche et d’innovation ; 15 bourses d’échange EPSILON. Aussi, le projet permettra d’appliquer la nouvelle approche métagénomique, capable de détecter plus de 200 familles virales, pour la découverte de pathogènes dans les pays du WAC-CREP.
Vers une « souveraineté scientifique »
À terme, le projet SC-GRA permettra aux États membres de ne plus seulement subir les crises, mais de les anticiper. « On attend l’arrivée des maladies pour faire la recherche », a indiqué le professeur Seydou Doumbia dans son mot de bienvenue au lancement du projet à l’hôtel Salam de Bamako. Le projet permettra de renforcer les capacités en recherche clinique pour identifier les variants émergents et les nouveaux agents pathogènes.
Dans le même temps, malgré une population représentant 17 % de la population mondiale, l’Afrique ne contribue qu’à 1 à 2 % de la production scientifique mondiale en santé. Cette situation n’est pas à la hauteur de nos ambitions ni des besoins de nos populations. Elle appelle à une mobilisation collective, structurée et durable.
Alors qu’elle représente 17 % de la population mondiale, l’Afrique contribue seulement à 1 à 2 % de la production scientifique mondiale en santé. « Cette situation n’est pas à la hauteur de nos ambitions ni des besoins de nos populations », a indiqué Idrissa Kantao, représentant du ministre de l’Enseignement et de la Recherche scientifique du Mali, au lancement du projet SC-GRA.
Au nom du ministre, Kantao a salué le projet, qui offre l’opportunité de renforcer nos infrastructures scientifiques dans le domaine du séquençage des agents pathogènes, de la bio-informatique et de la science des données, et de promouvoir l’excellence académique avec une cinquantaine de bourses. Avant de lancer officiellement le projet, Idrissa Kantao a exprimé les « remerciements sincères » du Mali à la Fondation Sciences pour l’Afrique, partenaire financier du projet.
Mamadou TOGOLA/maliweb.net




