D’où viennent les documents publiés sur Epstein et d’autres vont-ils paraître? Le point sur l’affaire
Meguetan Infos

Près de trois millions de documents ont été publiés sur l’affaire Epstein par le ministère américain de la Justice vendredi dernier, ce qui a amené les médias anglo-saxons à mettre à jour les connaissances sur le sujet.
18 novembre 2025 : les caméras sont braquées sur la Chambre des représentants américaine, à Washington. Les élus doivent se prononcer sur un texte transpartisan déposé par le républicain Thomas Massie et le démocrate Ro Khanna : l’“Epstein Files Transparency Act” (“Loi sur la transparence des dossiers Epstein”).
Le résultat est clair et net: 427 représentants votent pour et seul le républicain Clay Higgins se prononce contre. Le lendemain, le Sénat donne sa confirmation définitive, avec cette fois une unanimité en faveur du texte, promulgué ensuite par le président américain Donald Trump. Depuis, l’administration américaine s’est pliée à certaines dispositions de ce texte, mais ne s’est pas conformée à d’autres aspects auxquels elle était pourtant tenue, ce qui n’a pas manqué de susciter des tensions.
Tous les documents ont-ils été publiés ou pas?
La loi votée par le Congrès américain demandait en effet que tous les documents en lien avec l’enquête sur Jeffrey Epstein soient rendus publics dans les 30 jours, et “pas un de plus”. Il s’agit de fichiers accumulés depuis 2005, lorsque Epstein a été poursuivi par la justice américaine pour des faits d’abus sexuels sur mineures en Floride.
Il faudra attendre le 19 décembre 2025, soit pile un mois après le vote au Congrès, pour que le département de la Justice américain publie un premier lot, mais pas l’intégralité des dossiers, violant ainsi la promesse de l’administration. D’autres vagues suivront, avec une publication finale le 30 janvier 2026 de 3 millions de documents, ce qui porte le total à 3,5 millions de fichiers rendus publics. Autrement dit, l’immense majorité de ces pages n’a été dévoilée que très récemment.
Le ministère de la Justice affirme que désormais, tous les documents en sa possession ont été publiés. Ro Khanna a toutefois protesté en affirmant que précédemment, le ministère avait “déclaré avoir identifié plus de 6 millions de pages potentiellement pertinentes”. “Cela soulève des questions quant aux raisons pour lesquelles le reste n’a pas été publié”, ajoute-t-il, comme le relève Politico.
La question cruciale de l’identification
Autre point sensible: la loi stipulait qu’aucun élément potentiellement compromettant ne soit “retiré”, qu’importe si cela pouvait concerner des personnalités politiques. Seules les victimes de Jeffrey Epstein pouvaient bénéficier d’une modification des documents, afin de protéger leur anonymat.
Au final, c’est presque l’inverse qui s’est produit. Si certaines personnalités sont reconnaissables dans les documents, de nombreux noms ont été caviardés et ne peuvent donc pas être identifiés. Les victimes ont quant à elles dénoncé le fait qu’elles étaient identifiables, et ce au vu de tous, puisque les fichiers sont disponibles sur le site du ministère de la Justice américain.
Le nom de Trump est-il cité?
Puisque la grande majorité des documents n’a été publiée que vendredi dernier, les journalistes, notamment anglo-saxons, sont toujours en train d’analyser l’immense masse de données liée à l’affaire Epstein. Plusieurs noms de personnalités ont déjà été repérés, ce qui atteste surtout de l’aura qu’avait Jeffrey Epstein au sein de l’élite américaine, au-delà de l’affaire proprement dite de trafic sexuel.
Déjà avant ces publications du ministère, des images montrant l’amitié entre Trump et Epstein avaient été rendues publiques. Une bonne entente qui semble confirmée par les premiers éléments recueillis par le New York Times dans les nouveaux documents. Le journal a relevé le nom du président américain dans plus de 5.300 fichiers et 38.000 références. Leurs liens se sont distendus à la fin de la vie d’Epstein, mais ce dernier a toujours gardé un œil attentif sur celui qui était devenu président.
L’un des documents les plus sensibles repérés par le journal new-yorkais se présente sous la forme de notes datant de 2019, juste après le suicide d’Epstein en prison. Une victime écrivait alors avoir été transportée en voiture pour rencontrer Trump à Mar-a-Lago. “C’est une bonne, hein ?”, aurait affirmé Epstein à Trump à cette occasion. Rien n’indique toutefois que le président aurait commis quoi que ce soit à son encontre.
Certains documents concernant Trump ont toutefois été vraisemblablement caviardés par son administration. C’est le cas de SMS échangés en 2019 entre Epstein et l’ancien conseiller de Trump, Steve Bannon. Une photo du président y apparaît, mais son visage est masqué par un rectangle noir.
La misogynie parmi les élites
Quoi qu’il en soit, le journaliste Matthew Goldstein, qui suit l’affaire depuis de nombreuses années, affirme qu’au-delà des cas d’abus sexuels, ces documents révèlent surtout ce qui se passe dans le monde des élites, où les réseaux de relations sont très importants, que ce soit pour gagner de l’argent ou pour attirer l’attention. “Les gens ont vu qu’Epstein s’entourait de personnes influentes et ont voulu faire partie” de son cercle, note-t-il auprès du New York Times.
Il pointe aussi une misogynie ambiante dans ces milieux, avec notamment un mépris pour des filles et des femmes issues de classes sociales défavorisées, considérées comme des “personnes jetables”, “presque comme du mobilier”. Au total, au moins 1.000 mineurs et jeunes adultes ont été victimes du réseau de Jeffrey Epstein.
Source: https://www.7sur7.be/



