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Front social : « La grève illimitée des administrateurs civils continuera malgré la sortie des ministres »

Les différents secrétaires généraux des syndicats de la plateforme d’action commune des syndicats du ministère de l’administration territoriale ont animé un point de presse, le samedi 14 novembre 2020, à la Bourse du travail. Ils ont apporté des précisions par rapport à des « contre-vérités énoncées par le gouvernement » lors de son point de presse du mercredi 11 novembre 2020 et ont dévoilé les raisons du mot d’ordre de grève illimitée qui a débuté le 09 novembre 2020.

Le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, Lieutenant-colonel Abdoulaye Maïga, accompagné de ses collègues du Travail et de la Fonction publique (Porte-parole du gouvernement), de la Sécurité et de la Protection civile, a animé un point de presse, le mercredi 11 novembre 2020, dans la salle de conférence de son département afin de faire l’état de la négociation avec les Syndicats de la plateforme d’action commune comprenant le Syndicat autonome des administrateurs civils (Synac), le Syndicat libre des travailleurs du ministère de l’Administration territoriale (Syltmat), le Syndicat national des travailleurs des collectivités (Syntract) et le Comité syndical des agences de développement régional (CS-ADR) qui sont en grève illimitée depuis le lundi 9 novembre 2020. Les différents secrétaires généraux de ces syndicats n’ont pas apprécié les propos tenus par les représentants du gouvernement de la transition lors de cette sortie médiatique et ont apporté des éclaircissements. Selon Olivier Traoré, le président de la plateforme des syndicats, ils étaient sur la table de négociation avec le gouvernement les 23 et 24 octobre 2020 par rapport aux 11 points de revendications. A l’en croire, il n’y a eu aucun point d’accord et ils ont signé un procès-verbal de non-conciliation le 24 octobre 2020. Le conférencier a tenu à rappeler les 11 points de revendications qui sont entre autres : la sécurisation des représentants de l’État à travers la mise à la disposition des agents de sécurité rapprochée ; les primes et indemnités liés aux corps des administrateurs civils et membres du corps préfectoral ; l’augmentation de la prime de fonction spéciale des travailleurs du ministère de l’administration territoriale ; la création d’une ligne budgétaire pour assurer un payement pérenne des salaires des travailleurs des collectivités territoriales relevant de l’administration générale, l’application des accords d’établissement des ADR etc. Il a révélé qu’ils ont eu plusieurs négociations avec la partie gouvernementale mais que ces tractations ont mis à nu la mauvaise foi, l’injustice, l’incohérence, la ruse et le mépris du gouvernement dans la gestion du préavis de grève. Olivier Diarra a, dans ses propos, exposé les différents pièges que le gouvernement à essayer de leur tendre tout en montrant qu’ils ont su les déjouer. « Dire que le gouvernement a fait des efforts par rapport à la gestion de la grève illimitée est une fabulation grotesque. Le gouvernement de transition continue avec les mêmes pratiques tant décriées et combattues par tous les partenaires sociaux comme réponse à des revendications légitimes », a-t-il lancé. Il a rappelé qu’ils ont été les premiers à lever leur préavis de grève à la suite des événements du 18 août 2020, et que bien avant qu’ils avaient aussi fait beaucoup pour permettre la tenue de l’élection présidentielle de juillet et août 2018 par esprit patriotique. « Les tentatives de discrédit, de sabotage, de mauvaise interprétation de certains soutiens du gouvernement tapis sous le manteau d’activistes ne sauraient prospérées. Nous restons imperturbables et déterminés », précise-t-il. Seydou Ousmane Diallo, le secrétaire général du Syndicat des Travailleurs des Collectivités Territoriales (SYNTRACT), a, dans ses propos, évoqué le calvaire des travailleurs des collectivités. « On a l’impression de ne pas vivre dans notre pays, vu les injustices et autres traitements inhumains qui nous est réservé. Après plus d’une décennie de pratique de décentralisation, les collectivités territoriales, en manque de ressources financières, peinent à assurer de façon pérenne le payement des salaires du personnel qui enregistre plusieurs mois d’arriérés », déplore-t-il.

Moussa Samba Diallo

Source: Lerepublicainmali

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