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Morale journalistique : Salif KEITA recadre un journaliste en GUINÉE

Meguetan INFOS

Le journalisme est un métier de responsabilité. Informer ne consiste pas seulement à poser des questions ou à recueillir des réactions. C’est aussi savoir apprécier le contexte, respecter les personnes et mesurer la portée de chaque acte professionnel. Le sens de la retenue, de la pudeur et du discernement demeure l’une des premières qualités d’un journaliste.

Les funérailles de l’ancienne Première dame de Guinée ont récemment offert une illustration de cette exigence. Au cours de la cérémonie, un journaliste a demandé à l’artiste malien Salif Keita d’interpréter quelques paroles sur l’histoire du Mandé. Une sollicitation qui semblait totalement décalée au regard du caractère solennel et douloureux de l’événement.

La réponse de Salif Keita fut brève mais éloquente : « Je ne suis pas un griot. Nous ne sommes pas dans un lieu de réjouissance, ni dans un espace de concert. Contentez-vous de la circonstance. » En quelques mots, l’artiste a rappelé une règle essentielle : chaque moment possède son sens et appelle une attitude appropriée.

Cette scène dépasse le simple échange entre un artiste et un journaliste. Elle interpelle toute la profession sur les dérives d’une course permanente au buzz et aux contenus viraux. À l’ère des réseaux sociaux, certains professionnels sont parfois tentés de privilégier la polémique ou l’audience au détriment de l’éthique. Pourtant, un journaliste ne se distingue pas par sa capacité à provoquer des réactions spectaculaires, mais par son aptitude à produire une information crédible, respectueuse et utile au public.

Le contexte est une donnée fondamentale du traitement de l’information. Une cérémonie funéraire n’est ni un plateau de télévision ni une scène de spectacle. Le respect dû aux familles, aux proches et aux personnalités présentes doit guider les comportements et les questions des professionnels des médias.

Le journalisme est un noble métier parce qu’il repose sur la confiance. Cette confiance se construit par la rigueur, la responsabilité, la dignité et le respect des règles déontologiques. Chaque journaliste est, à travers son attitude, un ambassadeur de sa profession. Un seul comportement inapproprié peut ternir l’image de toute une corporation.

La quête du buzz est éphémère. La crédibilité, elle, se bâtit toute une carrière. Dans un monde où l’information circule à grande vitesse, les journalistes gagneraient à se rappeler qu’avant de chercher l’exclusivité, ils doivent d’abord préserver l’honneur de leur métier. Car toutes les questions ne méritent pas d’être posées, et toutes les circonstances ne se prêtent pas à toutes les intentions.

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