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Entre Nous: Sommes-nous sincères envers nous-mêmes ?

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De 2017 à 2025, le Mali a organisé une multitude d’assises d’envergure nationale avec l’intention affichée de faire le diagnostic de ses maux, afin d’y proposer des remèdes. Et, à chacune de ces grandes rencontres, les maux ont été effectivement diagnostiqués et les ordonnances prescrites.  En 2017, il y a eu la Conférence d’entente nationale conformément à l’esprit de l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger.
En 2019, sest tenu le Dialogue national inclusif (Dni) piloté par le triumvirat Ousmane Issoufou Maïga, Aminata Dramane Traoré et Baba Hakib Haïdara.  En septembre 2020, aux premières heures du renversement du Président Ibrahim Boubacar Keïta, le Centre international de conférence de Bamako a accueilli les Concertations des forces vives de la nation, lesquelles ont accouché de plus de 100 recommandations.  Les Assises nationales de la refondation (ANR) ont produit 517 recommandations, dont le suivi de la mise en œuvre est confié à un comité rattaché à la présidence de la République. A l’issue de ses travaux, le Dialogue inter-maliens (Dim) a proposé quelque 300 recommandations. Force est de le constater et de le déplorer, malgré la mobilisation d’importants moyens humains et financiers qu’elle a nécessités, l’organisation de ces différents fora a été surtout l’occasion de réaliser l’ampleur de la fracture entre les différentes composantes de la société malienne. De la Conférence d’entente nationale au Dialogue inter-maliens, il est arrivé que des acteurs de la vie publique du pays optent pour la politique de la chaise vide, non sans exposer leurs griefs. Tel le déplacement de l’écrevisse  qui avance en reculant – deux pas en avant, trois pas en arrière – les Maliens s’éloignent,  au fil du temps et des rendez-vous,  de cette indispensable union des cœurs et des esprits à laquelle ils prétendent paradoxalement aspirer.  En dépit de ces batteries de recommandations issues des différentes assises, pourquoi le Mali ne parvient-il pas à tourner la page des crises. Les fils de ce pays sont-ils sincères avec eux-mêmes ? Sont-ils sincères avec le Mali ? L’union fait la force.
Au Mali on s’adonne  à de la farce de mauvais goût en chantant l’union, les yeux fixés sur son nombril, les louanges des princes du jour. Chaque Malien devrait interroger sa conscience. La situation tragique du pays nous met devant nos propres mensonges. Ressaisissons-nous vite ! Avant qu’il ne soit trop tard !

 

 

Par Chiaka Doumbia
Source : Le Challenger

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