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«Toguo Kadi Beye» : Un album qui conforte l’engagement artistique de Kadiolo Naby en faveur de son terroir

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«Toguo kadi beye» (Tôgô kadi bèyé) ! C’est le titre du nouvel album de Lamissa Bamba dit «Kadiolo Naby». Une œuvre de 8 titres qui a été présentée à la presse samedi dernier (28 janvier 2023) à la Direction nationale de l’Action culturelle (DNAC). En promotion sur «Bamada City» depuis quelques semaines, l’album sera en vente le 6 février 2023 sur le site «Empire».

«Ce n’est pas parce que la vente des albums ne rapportent plus rien et que les pirates continuent de nous priver des fruits de notre labeur que nous devons baisser les bras en renonçant à la promotion de l’art et de la culture de nos terroirs» ! Telle est la conviction de l’artiste Lamissa Bamba dit «Kadiolo Naby». Et il faut réellement être passionné et engagé pour la promotion de son terroir pour investir plus de 2,2 millions de F CFA dans la production d’un album.

Ce sacrifice, Kadiolo Naby l’a consenti pour offrir aux mélomanes «Toguo kadi beye» (lire : Tôgô kadi bèyé), son 3e album présenté à la presse samedi dernier (28 janvier 2023) à la Direction nationale de l’Action culturelle (DNAC) Bamako. «Quand on investit, c’est dans l’attente de profits, de retombées positives, d’espoir comblé… Ma principale attente par rapport à ce nouvel album, c’est qu’il contribue davantage à me faire connaître des mélomanes du pays et d’ailleurs ; qu’il soit aussi un tremplin de la promotion des arts et de la culture sénoufo», souligne Lamissa Bamba.

Comme ont peut le constater, cette œuvre traduit l’engagement d’un artiste pour son terroir, son attachement à la musique et à la promotion de la culture malienne. C’est pourquoi, malgré un contexte commercial marqué par la piraterie, il n’a pas hésité à entrer au studio pour offrir aux mélomanes des compositions de sa fertile inspiration. Les huit titres de l’œuvre évoquent la reconnaissance, la discrimination sociale, la solidarité, l’impuissance de l’Homme face au pouvoir divin, la méfiance, l’amour du terroir où il souhaite être enterré quand il ne sera plus de ce monde, nos valeurs fondamentales, la tourmente dans laquelle se trouve le pays…

Produit par John Koné, cet opus est le fruit de deux mois de travail intense pour offrir aux mélomanes une œuvre de qualité et poursuivre son ascension dans le showbiz. «Toguo kadi beye» est un album de huit titres chantés en sénoufo et en bamanankan. Le titre générique traduit la quête de la notoriété qui est au cœur de toutes nos bonnes actions, de tous nos actes. «Ce qui nous survit généralement c’est surtout le nom tiré de nos bonnes actions. Ce nom ne s’achète pas, il se mérite ! Il se mérite par le travail, le courage, la bravoure, la générosité, l’humanisme…», nous dit Kadiolo Naby.

Selon l’artiste, il y a une grande différence entre cet opus et les 2 précédents albums. Une différence qui se situe au niveau des mélodies, des rythmes… Au-delà de la promotion de la musique du terroir, cet album est un creuset de conseils et de sagesses pour l’éveil des consciences. Le souhait de l’artiste est qu’il soit un guide pour tous les mélomanes pour plus de solidarité, d’entraide, de soutien, de patriotisme…

En promotion sur «Bamada City» depuis quelques semaines, l’album sera en vente le 6 février 2023 sur le site «Empire» ! Et selon les échos qui nous parviennent, les fans de l’artiste sont très comblés par le retour de leur idole dans les bacs !

Moussa Bolly

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Lamissa Bamba alias «Kadiolo Naby»

 Un artiste-philanthrope qui se bat pour le rayonnement économique et culturel de son terroir

Artiste-musicien et multi-instrumentiste (nbolon, dun-dun…) résidant à Sikasso, Lamissa Bamba dit Kadiolo Naby a vu le jour un 31 décembre 1975 à Nakomo, dans la commune de Kadiolo (environ 480 km au sud de Bamako). Issu d’une famille à cheval sur les valeurs séculaires, il est foncièrement attaché à son terroir et fait de la valorisation et de la promotion de la culture sénoufo son cheval de bataille.
Lamisssa Bamba dit Kadiolo Naby,
L’enfant de Nakomo a eu une enfance très difficile à cause de problèmes de vision. Un mal contre lequel il a livré et gagné son premier combat de la vie en sillonnant les tradithérapeutes, les guérisseurs les plus réputés en quête de remèdes. Malgré tous les efforts, cette cécité persistera pendant sept ans. Mais, le prodige de Nakomo n’a pas baissé les bras. Cette expérience l’a amené à s’intéresser aux vertus thérapeutiques des arbres afin de pouvoir aider d’autres personnes à trouver des remèdes au mal qui les ronge.

Il a approfondi son savoir et son savoir-faire dans ce domaine et parvient aujourd’hui à soulager les âmes désemparées. Lamissa Bamba dit Kadiolo Naby s’est aussi intéressé à l’art divinatoire et s’est frotté à la science des légendes les plus chevronnées de cette science. À l’instar de la majorité des enfants senoufos, Naby est très attaché à la terre (agriculture) et il a la réputation d’un champion de l’agriculture dans la zone comme un. Ce qui ne l’empêch​er​a pas de s’adonner à sa passion : la musique !

Pour cet art, il avait déjà des prédispositions naturelles comme sa voix suave qui distille des sonorités envoûtantes dont raffolent ses fans. Il s’est ainsi vite frayé un chemin pour devenir l’un des meilleurs musiciens de sa génération. Alors étoile montante, il a été découvert pour intégrer la troupe régionale de Sikasso en 1986 lors de la biennale artistique et culturelle. Mordu de la culture et passionné des arts lyriques, Kadiolo Naby s’illustre dans les semaines locales, régionales et les biennales avant de se lancer en solo dans le showbiz.

C’est ainsi qu’en 2014 les mélomanes savourent son premier opus baptisé «Farafina» Un coup d’essai en solo qui lui a valu des tournées artistiques dans certains pays africains, notamment en Côte d’Ivoire, au Burkina Faso, en République de Guinée, au Sénégal… Intitulé «Bè ki miri», son second album a été dédicacé le 15 juillet 2017 à Kadiolo. En dehors de la musique, Kadiolo Naby est un opérateur culturel qui, malgré ses maigres moyens, est déterminé à contribuer au rayonnement culturel de son terroir. C’est ainsi qu’il a créé en 2015 l’association «Yèrèdon» avec des objectifs ambitieux. Cette association a déjà à son actif un festival dénommé «Kadiolo Dembé» dont la première édition a eu lieu en mars 2015. Elle a aussi initié «Kadiolo Dolo» (découverte de jeunes talents). L’association  a offert gracieusement deux guérites aux policiers de Kadiolo. En 2022, elle a pris une part active dans l’organisation de la première édition des journées culturelles «Lac Zaliè» à Kambo, un village de la commune rurale de Kadiolo situé à 7 Km au nord de la ville.

On doit également à l’Association culturelle Yèrèdon le monument Zié Ouattara, une œuvre d’art dédiée au fondateur de Zégoua à 480 km au sud de Bamako, à la frontière avec la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso, inaugurée le 18 septembre 2022. Ce monument est un carrefour d’intégration par la culture des populations du Mali, du Burkina Faso et de la Côte d’Ivoire. Sa dernière initiative est le «Festival Gbanni», avec une foire artisanale commerciale, qui est prévu du 1er au 8 mars 2023 à Nakomo (Kadiolo).

Marié à Saki Diarra et père de huit enfants, Kadiolo Naby n’est pas seulement un artiste, encore moins un agriculteur ou un herboriste, mais un philanthrope qui vole au secours des veuves, des orphelins et des personnes vivant avec un handicap. Il a ​ainsi ​offert​ ​2 tonnes de riz aux membres de la fédération locale des personnes handicapées physiques de Kadiolo en 2018.

Sans compter de nombreux autres  actes  et gestes faits dans la totale discrétion parce que l’humilité est l’une des grandes caractéristiques de Kadiolo Naby qui se prépare à faire un retour triomphal dans le showbiz avec «Tôgô kadi bèyé». Un album qui était très attendu par les mélomanes.

Moussa Bolly

Le Matin

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