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Afrique de l’Ouest : Où s’arrêtera cette épidémie de putsch ?

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Le putsch qui a visé à balayer du pouvoir, ce vendredi 30 septembre 2022, le président burkinabé, Paul-Henri Sandaogo Damiba, le tombeur du président élu, Roch Marc Christian Kaboré, n’est pas un coup d’Etat de trop. Il vient juste rappeler et confirmer une réalité têtue : le pouvoir africain sera désormais le pouvoir du peuple pour le peuple. Car personne n’est plus indifférent à la politique, tous les citoyens tiennent au respect de sa petite parcelle de volonté dans la gouvernance. C’est une leçon que les Etats africains refusent d’être gouverné par celui qui paraitra comme un « guignol » à la manœuvre pour appliquer en Afrique la politique occidentale et des multinationales. Le message sur lequel le Mali d’Assimi Goïta a une longueur d’avance va-t-il être décodé comme tel au Niger de Mohamed Bazoum, en Côte d’ivoire d’Alassane Ouattara et au Sénégal de Macky Sall ?

L’ancien président élu, Roch Marc Christian Kaboré a subi la colère des populations et renversé le 24 janvier dernier par un certain Paul-Henri Sandaogo Damiba. Sa politique sécuritaire, avec son voisin ivoirien qui frise la connivence pour ramener Blaise Compaoré, le tueur de Sankara, dans la gouvernance du pays, ainsi que sa coopération militaire avec la France, n’ont pas été comprises et acceptées. Faute de décoder à temps ou trop impliqué avec l’ancienne puissance pour avoir une oreille attentive à l’endroit du peuple ?

Les meneurs, plus qu’un simple renversement de régime, ont sur les lèvres un slogan bien connu en Afrique, et même dans le monde, car ayant l’habitude de resonner à l’Assemblée générale des Nations-Unies: « la patrie où la mort, nous vaincrons ! ». C’est le cri de guerre du Capitaine Thomas Sankara, le bâtisseur du Burkina Faso, assassiné un certain 15 Octobre 1987. Condamné par contumace, le retour programmé de Blaise dans la gouvernance sécuritaire, ne serait-ce qu’en tant que facilitateur, a été vu par des Burkinabés comme une insulte. Certains burkinabé veulent tout simplement que les nouvelles autorités emboitent le pas à celles du Mali.

Même si les Maliens n’applaudissent pas, ils pensent tout bas que la CEDEAO aura ainsi bien plus de chats à fouetter. Et Alassane Ouattara un souci en plus, car personne ne sait où s’arrêtera cette épidémie de coup d’Etat en Afrique de l’Ouest. Mohamed Bazoum ne dira pas le contraire à Macky Sall.

B. Daou

Le Républicain

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