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Santé publique : IntraHealth fait le bilan de quatre années du projet « Classroom to Care »

Meguetan Infos

À six mois de la fin du projet « Classroom to Care » (C2C), les responsables d’IntraHealth Mali, ainsi que des représentants des ministères de la Santé, du Développement social et de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, se sont réunis le mardi 23 juin à Bamako pour faire le point sur cette initiative dédiée à la formation des infirmiers et des sages-femmes.

 Selon les responsables du programme, les objectifs fixés ont été atteints à environ 95 %. Mis en œuvre par IntraHealth International en collaboration avec Takeda Pharmaceutical entre 2022 et 2026, ce projet a pour objectif d’améliorer la qualité de la formation des infirmiers et des sages-femmes. Déployé au Mali, au Niger et au Sénégal, il vise à renforcer les soins de santé maternelle et infantile dans les zones rurales. Le projet répond à la pénurie de personnel de santé qualifié dans plusieurs régions de ces pays, où l’atteinte de la norme de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), fixée à 23 prestataires de soins pour 10 000 habitants, reste un défi majeur.
Au cours des quatre dernières années, le projet a aidé à renforcer les capacités de douze écoles privées de formation en santé pour augmenter durablement le nombre d’infirmiers et de sages-femmes qualifiés au service des populations défavorisées et des régions mal desservies. Selon Dr Jeanne Tessougué, Directrice technique d’IntraHealth Mali, les établissements concernés ont été soutenus pour adopter des programmes de formation ciblés sur les compétences, intégrer des méthodes d’enseignement innovantes comme l’apprentissage en ligne, et améliorer les mécanismes d’assurance qualité de l’enseignement.
 Les écoles impliquées se trouvent dans les régions de Sikasso, Koutiala, Ségou, Gao et dans le district de Bamako. Sur le plan institutionnel, Dr Jeanne Tessougué a précisé que chaque établissement a pu structurer et renforcer sa gouvernance en créant des comités d’accréditation et en réactivant les dispositifs internes d’assurance qualité. Sur le plan pédagogique, l’approche par compétences et l’introduction de nouveaux équipements de simulation ont fortement amélioré les capacités de formation des enseignants. Plus de 200 enseignants et encadrants ont aussi vu leurs compétences renforcées en matière de stages cliniques et d’apprentissage pratique sur le terrain.
Le Directeur des Ressources humaines du ministère de la Santé et du Développement social, Biassoun Dembélé, a salué les succès du projet et a affirmé que l’État est le principal bénéficiaire des ressources humaines qualifiées formées grâce au programme C2C. « Notre objectif est le bien-être des populations. C’est pourquoi nous soutenons toutes les initiatives qui aident à former des ressources humaines de qualité », a déclaré le représentant du ministère de la Santé. De son côté, le représentant du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Pr Béké Koné, a souligné que le projet contribue non seulement à augmenter le nombre d’infirmiers et de sage-femmes de manière durable, mais aussi à améliorer la qualité de leur formation en dotant les écoles d’équipements modernes et en soutenant le processus d’accréditation.
Malgré les progrès réalisés ces dernières années, la densité du personnel de santé reste faible au Mali, surtout en milieu rural. D’après l’Annuaire statistique des ressources humaines pour la santé 2020-2021, le pays ne compte que 6,1 prestataires de soins pour 10 000 habitants, un chiffre bien en deçà de la norme recommandée par l’OMS. Avec les résultats déjà obtenus, les responsables du projet espèrent vraiment contribuer à réduire ce manque de personnel qualifié et à améliorer l’accès des populations à des services de santé de qualité.

Siaka DIAMOUTENE/Maliweb.net

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