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Une nouvelle constitution est en gestation : Le Mali s’achemine-t-il vers une quatrième République ?

Meguetan Infos

Le Mali se prépare à élaborer une nouvelle Constitution. L’actuelle, selon les nouvelles autorités, présente des insuffisances.

Aujourd’hui, dans la dynamique de la refondation réelle du Mali, les Autorités de la transition semblent faire un pas important vers une 4è République et cela passe par une nouvelle Constitution. Le président de la Transition, le Colonel Assimi Goïta, à travers un décret, vient de créer une commission chargée d’élaborer une nouvelle Constitution pendant une durée maximale de deux mois.  Par ce décret N° 2022_ 0342/ PT- RM du 10 juin, les Autorités de transition affichent leur détermination pour une refondation approfondie de l’Etat. Cet ambitieux projet ira-t-il jusqu’au bout sachant bien quelques réticences constatées ? Assimi Goïta va-t-il enfin s’assumer ayant déjà le soutien d’une frange importante du peuple ?

Depuis l’avènement de la démocratie en 1991 le Mali n’a connu qu’une seule constitution, celle de la 3ième République. Toutes les tentatives pour la réviser ont été vaines. 31 ans après beaucoup d’eau a coulé sous le pont et le pays a connu beaucoup de crises, à la fois politique et institutionnelle. C’est dans le souci de corriger toutes les imperfections et pour rendre notre pays moderne que les autorités de la transition ont pensé rédiger une nouvelle Constitution.   En effet, toutes les Constitutions prévoient les mécanismes de leurs modifications ou révisions d’où l’appellation de procédure de révision et de rédaction d’une nouvelle constitution.

Si  une révision constitutionnelle peut avoir comme but soit de corriger des imperfections, soit de modifier des règles de fonctionnement du régime, une rédaction d’une nouvelle constitution changerait totalement de régime d’où la quatrième République. Toutes les deux  procédures peuvent avoir leurs avantages comme leurs inconvénients. Si pour certains la Constitution du 25 février 1992 doit être toilettée, pour d’autres elle doit être purement et simplement remplacer car ne répondant plus aux réalités du Mali d’aujourd’hui. Les autorités de la transition, en initiant ce projet de rédaction d’une nouvelle Constitution semble s’inscrire dans la dynamique du renouveau du Mali. Ainsi d’Alpha Oumar Konaré à  IBK en passant par ATT, si les incohérences et les limites relevées dans notre loi fondamentale n’ont pu jusqu’ici être corrigées, nul n’ignore que c’est par manque de confiance aux dirigeants qui en ont manifesté la volonté, très souvent, en fin de mandat. Mais, cette fois-ci avec le président Assimi Goïta, si sur l’opportunité, il n’y a toujours pas à redire, il est à souligner que contrairement à ses prédécesseurs, non seulement, il en a manifesté la volonté mais surtout, il s’est engagé à le faire avant la fin de la transition.

Le colonel Assimi Goita réussira-t-il là ou ses prédécesseurs ont échoué ?

En attendant le projet et les débats autour des différents points, on constate une certaine accalmie. Cette atmosphère quelque fois délétère présage-t-elle d’un lendemain enchanteur pour le Mali ? Seules la classe politique et les autorités actuelles pourront répondre à cette question. En attendant, droites dans leurs bottes les autorités de la transition continuent allègrement leur marche en avant vers les objectifs majeurs auxquels elles se sont fixées.

Aujourd’hui l’un des défis les plus importants pour le Gouvernement actuel est de savoir communiquer et de susciter un engouement pouvant aboutir à un véritable soutien populaire autour du projet de rédaction. Or, pour avoir un soutien populaire, encore faudrait-il que les citoyens et les acteurs/trices sachent de quoi il s’agit. Cette nouvelle constitution doit non seulement tenir compte des changements techniques, mais aussi, elle doit comporter des choix politiques incontournables, notamment en ce qui a trait à l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger.

En définitive, pour que ce projet de rédaction d’une nouvelle constitution puisse réussir, il importe d’élargir les cercles du soutien politique, notamment avec la société civile voire l’opposition politique ; car il s’agit d’une question d’intérêt national qui doit mobiliser tous les Maliens, y compris ceux de l’extérieur.

Assitan DIAKITE

L’Alternance

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