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Venezuela-Droit international : l’arme invisible de la domination occidentale

Meguetan INFOS.

Le droit international tel qu’il est aujourd’hui présenté au monde n’est ni neutre ni universel. Il est le produit d’une construction historique occidentale, imposée aux autres peuples en marginalisant systématiquement les droits intercommunautaires, les traditions juridiques endogènes et les souverainetés culturelles des nations non occidentales. L’Occident s’est autoproclamé garant des droits humains et de la démocratie, tout en s’arrogeant le droit de juger, de punir ou d’absoudre selon ses seuls intérêts stratégiques.

En réalité, ce droit que l’Occident prétend défendre n’est qu’un instrument de domination. Une arme juridique et politique utilisée pour soumettre les peuples jugés faibles, désorganisés ou récalcitrants à l’ordre mondial qu’il impose. Lorsqu’il sert leurs intérêts, les principes sont invoqués ; lorsqu’ils les entravent, ils sont contournés, violés ou réinterprétés sans scrupule.

Ce qui se passe aujourd’hui au Venezuela n’est que la partie émergée d’une longue histoire de prédation impérialiste américaine. Au XXIᵉ siècle, voir un État souverain humilié, son président capturé et transféré comme un fugitif, par ceux-là mêmes qui se posent en défenseurs des droits humains, révèle l’ampleur du mensonge dans lequel vit le reste du monde. L’Occident évolue dans une sphère où la criminalité géopolitique est normalisée, maquillée en opération de justice internationale.

La démocratie, telle qu’elle a été enseignée aux peuples d’Afrique, d’Amérique latine ou d’Asie, n’a jamais été un projet d’émancipation. Elle a souvent servi à fragiliser les États, à déconstruire les systèmes de cohésion sociale et à préparer le terrain à une future annexion institutionnelle, économique et stratégique. Derrière le discours civilisateur se cache une volonté manifeste de domination.

Le Venezuela, pays d’Amérique latine doté d’un patrimoine pétrolier stratégique et dirigé par un régime bolivarien farouchement souverainiste, ne pouvait, aux yeux de Washington, rester impuni. Son rapprochement assumé avec la Russie et la Chine, ses projets de coopération commerciale hors du giron américain, constituaient une ligne rouge. Il fallait frapper, et frapper fort.

Officiellement, l’arrestation du président Nicolás Maduro serait liée à une affaire de drogue. Mais depuis quand un État se donne-t-il le droit de juger un autre État souverain pour de telles accusations, en dehors de tout cadre multilatéral reconnu ? Cette justification apparaît comme un simple prétexte pour exhiber la superpuissance militaire américaine et rappeler au monde sa prétendue suprématie.

Affaiblie par l’émergence de nouvelles puissances et l’effritement de son hégémonie, l’Amérique peine à accepter sa perte progressive d’influence. Cette décadence stratégique se traduit par des actions brutales, unilatérales, et de plus en plus assumées. L’agression contre le Venezuela pourrait ainsi marquer le début d’une nouvelle phase d’expansion impériale, ciblant des régions déjà préparées par des décennies d’ingénierie démocratique et de dépendance économique.

L’Afrique n’est pas à l’abri de cette dynamique. Les frappes américaines au Nigeria peuvent être perçues comme un signal avant-coureur. Un avertissement à un continent encore riche en ressources, mais fragilisé par des systèmes imposés et des élites souvent sous influence.

Ce n’est donc pas un hasard si, lors du sommet des chefs d’État de l’Alliance des États du Sahel (AES), le président du Burkina Faso le Capitaine Ibrahim TRAORE a évoqué la perspective d’un « Hiver noir ». Une période sombre où les peuples devront choisir entre soumission silencieuse ou une résistance consciente.

En définitive, les grands donneurs de leçons de démocratie apparaissent aujourd’hui comme les principaux promoteurs de la barbarie moderne. Derrière les discours sur les droits humains se cachent des pratiques qui en sont la négation même. Le droit international, vidé de sa substance morale, devient alors l’outil d’un ordre mondial injuste, où la force prime sur la justice et où la souveraineté des peuples reste une variable d’ajustement.

La Rédaction.

 

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