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L’alcoolisme : Péril majeur pour l’Afrique

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L’Africain ne connaissait pas avant l’arrivée des Européens que des boissons fermentées à faible degré alcoolique: vin de palme ou de raphia qui apportaient aussi de la vitamine C avec souvent 4 degrés d’alcool; bière de mil ou de maïs à 3, 5 degrés d’alcool en moyenne, apportant aussi des protides et de la vitamine B 12.

L’alcoolisme s’accentue avec la traite, ce fut le premier «cadeau» de l’Europe à l’Afrique. On pourrait aussi boire le vin de palme avant fermentation comme ça se fait parfois en Côte d’Ivoire lors des grands travaux de la riziculture.

Les jus fermentés de fruits ne dépassent guère un degré d’alcool: enfin une boisson vraiment «hygiénique». Il prend des proportions bien plus dangereuses avec la naissance des brasseries.

Sodabi s’est installée en 1922 en Afrique. L’alcool de palme garde le nom de son vulgarisateur. Ce tirailleur l’avait rapporté de France: encore un «bénéfice» de la première guerre mondiale. Désormais on distille aussi la bière de maïs ou de manioc au Cameroun. La bière de banane au Rwanda. Même l’eau sucrée. Chaque pays à partir de sa production locale a fabriqué sa bière.

À partir de 1949, les importations de vins et d’alcool prirent une ampleur dangereusement accrue. Une des hypothèses de la persistance du malheur africain évoquée par René Dumont est le développement de l’alcoolisme, qui détourne l’énergie des Africains de la production locale.

Le taux d’alcoolisme chez les fonctionnaires atteint parfois 6%. Les cabarets et maquis se multiplient. Il est devenu un fait de notoriété publique, hypothéquant le développement du pays et en augmentant la violence dans la jeunesse. La population africaine est très jeune. 60% a moins de vingt (20) ans. Elle a perdu le respect des traditions, de la famille, des pouvoirs. Elle est immergée dans les mutations des cultures urbaines faites de rencontres, de passions, de défonces.

Du banditisme aboutissant à la criminalisation d’une partie de cette population. Ce qui se passe dans certains pays d’Afrique n’augure rien de bon pour cette Jeunesse.

Et Dumont conclut: «Nous sommes les plus responsables. La situation générale n’est pas brillante, mais c’est nous qui avons poussé les Africains dans l’impasse où ils se trouvent. Quand notre autorité s’est affaiblie, nous avons cherché à la relayer par des élites africaines, auxquelles nous avons accordé ces avantages excessifs».

Rassemblés par Amy SANOGO

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