Attaque terroriste à Madiama : cinq morts et de vives inquiétudes pour la campagne agricole
Meguetan INFOS
Madiama, cercle de Djenné
La commune rurale de Madiama, dans le cercle de Djenné, a été la cible d’une attaque terroriste ce dimanche 14 juin 2026. Les assaillants ont simultanément visé la ville de Madiama, chef-lieu de la commune, ainsi que le village de Thien, situé à environ trois kilomètres. Le bilan provisoire fait état de cinq morts, dont quatre civils et un membre d’un groupe d’autodéfense.
Selon les informations recueillies auprès des populations locales, les premiers coups de feu d’armes lourdes ont été entendus aux environs de 11 heures dans le secteur de Thien. Cette situation a immédiatement provoqué une mobilisation générale des différents camps de Dozo de la ville de Madiama.
Des témoins rapportent que plus de 200 motos en provenance de l’Est de la route nationale RN6 auraient été utilisées par les assaillants pour mener leur offensive. Au même moment, un hélicoptère des Forces armées maliennes aurait survolé la zone, provoquant la dispersion des groupes armés terroristes qui étaient regroupés autour du camp Dozo de Thien. Cet avion n’est cependant pas intervenu en termes de trappe aérienne, selon nos informations.
Mais sous la pression provoquée par cette présence aérienne, les assaillants se seraient divisés en trois colonnes. L’une d’elles aurait pris la direction de Madiama. Cependant, les groupes de chasseurs Dozo, déjà mobilisés, auraient eu le temps d’occuper des positions stratégiques sur les principaux axes d’accès autour de la ville.
Arrivés par le nord, les assaillants auraient tenté de surprendre les défenseurs locaux, mais se seraient heurtés à un dispositif de défense renforcé. Après plusieurs échanges de tirs, ils auraient pris la fuite, abandonnant notamment des troupeaux de bovins saisis aux populations lors de leur progression.
Une autre colonne se serait dirigée vers l’ouest, en direction de la plaine rizicole. Selon les témoignages recueillis, des civils qui tentaient de rejoindre la ville pour se mettre à l’abri auraient été pris pour cible. Quatre personnes y auraient perdu la vie.
Du côté du village de Thien, les sources locales font également état de quatre décès, soulignant la gravité de l’attaque dans cette localité.
Les mêmes sources indiquent qu’un détachement militaire en provenance de Djenné serait arrivé sur les lieux environ trente minutes après les affrontements. Après une vingtaine de minutes d’échanges avec les responsables locaux et les Dozo, les militaires seraient repartis.
Des préoccupations autour des restrictions sur les motos
À la suite de cette attaque, plusieurs responsables des groupes Dozo ont exprimé leurs préoccupations concernant la suspension de la circulation des motos à grosse cylindrée. Selon eux, cette mesure aurait limité la capacité de leurs éléments à se porter rapidement en renfort sur les différents fronts.
Ils estiment paradoxal que les groupes armés terroristes continuent à utiliser ce type d’engins pour leurs déplacements et leurs attaques, alors que les groupes d’autodéfense rencontrent des restrictions dans leurs mouvements.
Les responsables locaux regrettent également que le survol de l’hélicoptère militaire n’ait pas été suivi d’une intervention plus poussée, alors qu’ils espéraient un appui direct face aux assaillants.
La campagne agricole menacée
Au-delà du bilan humain, cette nouvelle attaque suscite de vives inquiétudes parmi les populations concernant le déroulement de la campagne agricole. Les habitants redoutent que l’insécurité persistante et les mouvements des groupes armés dans la zone ne perturbent les travaux champêtres.
Les populations appellent ainsi les autorités à renforcer leur présence militaire afin de sécuriser durablement la zone et permettre aux agriculteurs de mener leurs activités dans des conditions normales.
Elles demandent également aux autorités nationales d’examiner la situation des groupes d’autodéfense, notamment en ce qui concerne leur mobilité et leurs moyens d’intervention dans la protection des communautés locales.
La Rédaction



