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Après dix ans d’absence, Laurent Gbagbo de retour jeudi en Côte d’Ivoire

Le Monde avec AFP

Après son acquittement de la Cour pénale internationale, l’ancien président ivoirien est attendu par une grande partie du pays.

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L’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo doit rentrer, jeudi 17 juin, à Abidjan après dix ans d’absence, trois mois à peine après son acquittement définitif de crimes contre l’humanité par la justice internationale et le feu vert à son retour donné par son rival, le président Alassane Ouattara, au nom de la « réconciliation nationale ».

Laurent Gbagbo, qui a dirigé le pays pendant dix ans jusqu’en 2011, sera accueilli au pavillon présidentiel à l’aéroport, comme l’a proposé le président Alassane Ouattara. C’est un « message fort », un geste en faveur de la réconciliation, a salué le parti de Laurent Gbagbo, le Front populaire ivoirien (FPI).

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L’avion en provenance de Bruxelles doit atterrir à l’aéroport d’Abidjan à 15 h 45 (heure locale et GMT). Une journée déjà qualifiée d’« historique » : elle marque le retour d’un homme de 76 ans, qui domine la politique ivoirienne depuis des décennies, comme opposant, président, puis prisonnier. Il revient, selon ses proches, sans esprit de vengeance, mais au contraire pour œuvrer à la politique de « réconciliation nationale ».

Colère des victimes

Son absence n’a pas érodé sa popularité dans son camp. Les habitants de Mama (centre-ouest), son village natal, ont commencé dès dimanche à fêter son retour. « Je suis Gbagbo ou rien. Sans Gbagbo, pas de réconciliation. On a prié pour qu’il revienne. Dieu merci, il revient vivant. On est prêt pour l’accueillir », a déclaré à l’AFP Béatrice Kragba.

A Abidjan, des habitants commençaient à manifester leur joie lundi, comme un homme qui avait placé sur son scooter une pancarte : « Dignes fils d’Afrique, honneur et gloire à vous. Gbagbo arrive ! »

A l’opposé, ses adversaires estiment toujours qu’il a précipité son pays dans le chaos en refusant sa défaite face à Alassane Ouattara à la présidentielle de 2010. Ce refus avait provoqué une grave crise post-électorale, pendant laquelle quelque 3 000 personnes ont été tuées. C’est pour ces violences que M. Gbagbo avait été arrêté en avril 2011, d’abord détenu dans le nord de la Côte d’Ivoire, puis transféré fin 2011 à la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye. La CPI l’a définitivement acquitté des charges de crimes contre l’humanité le 31 mars. Il vit depuis à Bruxelles.

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Dans la foulée de son acquittement et au nom de la « réconciliation nationale » dans un pays meurtri par les violences politiques et ethniques depuis plus de vingt ans, Alassane Ouattara avait donné son feu vert au retour de Laurent Gbagbo, assurant qu’il bénéficierait des avantages dus aux anciens présidents.

Des victimes de la crise de 2010-2011 s’inquiètent cependant de son retour et dénoncent une réconciliation qui se fait au prix de l’impunité.

Laurent Gbagbo reste sous le coup d’une condamnation en Côte d’Ivoire à vingt ans de prison pour le « braquage » de la Banque centrale des Etats d’Afrique de l’Ouest (BCEAO) commis à cette époque. Pour le Collectif des victimes de Côte d’Ivoire (CVCI), cette peine doit être exécutée.

En annonçant début avril qu’il était libre de rentrer quand il le souhaitait en Côte d’Ivoire, le président Ouattara n’avait pas mentionné cette condamnation, mais Amadou Coulibaly, ministre de la communication et porte-parole du gouvernement, a laissé entendre qu’elle serait levée. Le CVCI a annoncé qu’il manifesterait à l’arrivée de Laurent Gbagbo.

Eviter tout débordement

Mais à deux jours de l’arrivée de l’ancien président, son parti et le gouvernement ont donné peu de détails sur l’organisation de cette journée, qui pourrait voir les supporters de l’ex-président affluer massivement vers l’aéroport pour accueillir leur chef. Les discussions sur la sécurité sont toujours en cours. Le souci des deux parties est cependant d’éviter tout débordement.

« Mon souhait est qu’il n’y ait pas de triomphalisme qui pourrait engendrer des rancœurs et réveiller les vieux démons de la division au lieu d’apporter la paix en Côte d’Ivoire », a déclaré à l’AFP Joël N’Guessan, du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), le parti au pouvoir.

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« La Côte d’Ivoire doit se retrouver. (…) Elle est aujourd’hui en danger de déstabilisation par des djihadistes », a déclaré Assoa Adou, le secrétaire général du FPI, évoquant les récentes attaques meurtrières dans le nord du pays.

Il a appelé « tous les sympathisants » de Laurent Gbagbo à « ne pas répondre aux provocations, parce qu’ils vont nous provoquer (…), mais de dire à tous ceux qui manifestent : l’essentiel, c’est de se retrouver pour reconstruire un pays en paix, de fraternité ».

Le Monde avec AFP

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