ACTUALITÉScrise malienneNation

Assimi Goïta, l’homme au centre de la transition au Mali

DW

Georges Ibrahim Tounkara, Avec agences

L’homme fort du pouvoir malien, le colonel Assimi Goïta, a indiqué ce mardi 25 mai 2021, avoir déchargé de leurs prérogatives le président et le Premier ministre de transition, coupables selon lui de tentative de « sabotage », dans ce qui s’apparente à un deuxième putsch en neuf mois.

Le colonel Goïta reproche au président Bah N’Daw et au Premier ministre Moctar Ouane d’avoir formé un nouveau gouvernement sans le consulter, bien qu’il soit vice-président en charge de la Défense et de la Sécurité, domaine cruciaux dans le pays en pleine tourmente.

Assimi Goïta n’a surtout pas apprécié l’éviction de Sadio Camara et Modibo Koné, deux colonels, figures emblématiques du putsch d’août 2020. Les deux hommes occupaient les ministères de la Défense et de la Sécurité.

 

Pour Etienne Fakaba Sissoko, directeur du Centre de recherche d’analyses politiques, économiques et sociales du Mali, l’éviction de Sadio Camara s’expliquerait en grande partie par sa proximité avec la Russie et celle de Modibo Koné par des accusations d’atteinte aux droits de l’homme. Pour écouter son interview, cliquer sur l’image ci-dessus. Ci dessous, un extrait de cette interview.

DW : Qui sont les colonels Sadio Camara et Modibo Koné ?

Il est vrai que ces deux personnalités ont été des personnalités de premier plan depuis le début de cette crise jusqu’à maintenant, et donc les voir évincer de cette façon, peut nous amener à nous poser des questions. Mais, il est vrai aussi que certaines sources révèlent que, par exemple, Modibo Koné, qui est le ministre de la Sécurité, est cité dans beaucoup de rapports des Nations-unies, dans beaucoup de rapports d’exactions. Et que ce serait une des raisons qui auraient poussé justement le gouvernement à vouloir se débarrasser de ce militaire. Et quand vous prenez le colonel Sadio Camara, on lui reprocherait d’être très proche aujourd’hui de la Russie au détriment des autres partenaires comme la France. C’est une des raisons également qui justifierait son éviction parce qu’il s’apprêtait à signer des conventions, et pas des moindres, avec la Russie. On se rend compte effectivement qu’il y a des enjeux géopolitiques et géostratégiques. Il y a des puissances internationales également qui sont à la manœuvre et qui, aujourd’hui, jouent des intérêts gros au Mali.

DW :On dit aussi que le colonel Assimi Goita serait très proche de la Russie

Lorsqu’on voit les mouvements de l’ancien ministre de la Défense, on peut effectivement confirmer ces dires là. Et dernier élément qui n’a pas été suffisamment évoqué, c’est que les deux ,Modibo Koné et Sadio Camara, sont du corps de la Garde nationale et les deux qui sont rentrés dans le gouvernement sont des bérets verts. Donc, ce qui fait qu’aujourd’hui, on se retrouve dans un gouvernement de transition où il n’y a aucun membre de la Garde nationale. Donc, là aussi, c’est un élément d’analyse à prendre en compte.

DW : Quelle est l’unité aujourd’hui au niveau de l’armée qui contrôle véritablement les choses ?

Il est évident que Assimi Goita reste au centre de tout ce qui est en train de se passer. La cohésion au sein de l’armée, Assimi Goita, est aujourd’hui garante de cette unité-là.

DW : Un mot de Assimi Goita: Qui est il, cet homme ?

Il était assez inconnu du grand public jusqu’aux évènements d’août 2020 (coup d’Etat), où il a été appelé en renfort pour sécuriser le président de la République de l’époque, Ibrahim Boubacar Kéita. Fort de son important dispositif et de la loyauté que certains hommes encore aujourd’hui lui vouent, il a accepté de suivre ceux qui étaient à l’origine du putsch. Le putsch de 2020 n’aurait jamais pu se faire sans son approbation, sans son accord. (Fin)

La mission des Nations unies au Mali, la Minusma, la Communauté des Etats d’Afrique de l’ouest (Cédéao), l’Union africaine, la France, les Etats-Unis, le Royaume-Uni, l’Allemagne et l’Union européenne, ont tous condamné « fermement la tentative de coup de force ». Ils disent rejeter par avance, tout fait accompli, y compris une éventuelle démission forcée des dirigeants arrêtés.

Auteur: Georges Ibrahim Tounkara, Avec agences

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page
Open

X