samedi , 31 octobre 2020
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Le venin des abeilles tuerait les cellules agressives du cancer du sein d’après des scientifiques

Du venin d’abeille contre les tumeurs cancéreuses. C’est la trouvaille prometteuse d’une équipe de chercheurs australiens qui avance que la mélittine, un composant de la substance sécrétée par ces insectes, permettrait de détruire les cellules malignes de certains types de cancer du sein. Les résultats de l’étude, publiée dans la revue scientifique Nature ce mardi, ont été relayés par le 20 Minutes.

L’abeille n’aurait-elle pas encore révélé tous ses bienfaits ? A en croire les chercheurs du Harry Perkins Institute of Medical Research et de l’Université d’Australie occidentale, le venin de l’insecte, et plus précisément la mélittine, son composant principal, se serait montré efficace contre certains cancers agressifs, à savoir les cancers du sein triple-négatifs. On vous en dit plus.

“La mélittine aurait permis de détruire la totalité d’une tumeur en une heure”

L’étude publiée le 1er septembre porte, pour l’heure, sur des souris de laboratoire. En utilisant une dose spécifique de venin, les chercheurs australiens affirment que le produit se serait avéré efficace contre les cellules malignes des cancers dits triple-négatifs qui, selon l’institut Curie, touchent 15% des patientes atteintes par le cancer du sein. Selon les observations des scientifiques relayées par le 20 Minutes, la totalité des tumeurs a été éliminée en une heure.

Ciara Duffy, co-auteure de l’étude explique que l’efficacité de ce procédé est attribuée à la mélittine. Ce qu’elle fait, indique la chercheuse, “c’est qu’elle pénètre réellement dans la surface, ou la membrane plasmique, et forme des trous ou des pores et provoque simplement la mort de la cellule”.

Le quotidien ajoute que le venin neutralise également les marqueurs signalétiques chimiques permettant aux cellules cancéreuses de se multiplier, éliminant ainsi la possibilité que le cancer progresse. Pour Mahasti Saghatchian, oncologue à l’Institut Gustave-Roussy et à l’hôpital américain, cette découverte est très prometteuse.

Interrogée par Europe 1, le médecin indique que « Le cancer du sein triple-négatif est celui sur lequel nos traitements d’aujourd’hui – radiothérapie, chimiothérapie – ne marchent pas très bien”. Elle souligne également que “Ce sont les patients qui rechutent et décèdent le plus”, expliquant que “là, on a l’impression de toucher à une substance qui serait une super-chimiothérapie, en particulier sur ces cancers ».

Mais si le potentiel de ce traitement représente une découverte importante, il faut noter qu’il n’en est encore qu’à un stade préliminaire. Plusieurs tests doivent être menés pour s’assurer de son innocuité et identifier la concentration appropriée, avant de considérer des essais cliniques.

Qu’est-ce que les cancers du sein triple-négatifs ?

Selon l’Institut Curie, il n’y aurait pas “un” mais “plusieurs” cancers du sein. Lorsqu’ils sont dits “triple-négatifs”, ces derniers sont considérés comme les plus difficiles à soigner. En effet, ils ne possèdent pas de “marqueur connu à la surface des cellules cancéreuses, susceptible de répondre à une thérapie ciblée connue”, explique cette même source sur son site.

Le professeur Martine Piccart, oncologue belge et spécialiste des cancers du sein indique que les patientes touchées sont généralement plus jeunes que la moyenne. Parfois, il s’agit de la mutation génétique d’une forme héréditaire de la maladie, ajoute l’experte.

Par ailleurs, bien que près de 50% des cancers triple-négatif répondent bien aux traitements de chimiothérapie, les 50% restants sont à risque de développer une résistance. Cela rend alors le cancer plus difficile à traiter. L’Institut Curie ajoute également qu’après les deux années qui suivent le traitement, le taux de récidive serait assez important.

Les femmes de moins de 40 sont plus touchées

Interrogée par le Journal des Femmes, le Dr Elise Deluche, oncologue spécialisée dans le cancer du sein à Gustave Roussy, explique que le cancer du sein triple négatif doit son nom à l’absence de réponse de trois éléments : les récepteurs de progestérone, les récepteurs d’oestrogène, ainsi que les récepteurs de la protéine HER2. Le diagnostic du cancer du sein triple-négatif est établi par une biopsie de la tumeur.

En outre, il toucherait principalement les femmes de moins de 40 ans, d’origine asiatique ou africaine, indique la spécialiste. Elle souligne également que nombre de ces diagnostics se produisent entre deux mammographies de dépistage habituelles. Il s’agit alors de ce que l’on appelle le “cancer d’intervalle”, un cas qui en appelle à la plus grande vigilance.

Le Dr Deluche révèle qu’une personne souffrant d’un cancer du sein triple-négatif est plus à risque de présenter des métastases, des tumeurs formées à partir de cellules cancéreuses qui migrent vers d’autres parties du corps, avec un pronostic moins favorable que les autres types de cancer du sein. Les risques de récidive étant plus élevés, l’oncologue souligne qu’un suivi rapproché est crucial durant les cinq premières années suivant le diagnostic.

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