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Les responsables du M5-RFP l’ont annoncé hier face à la presse : *Un nouveau rassemblement ce vendredi pour rendre hommage aux victimes / : La poursuite de la « désobéissance civile » jusqu’à la démission du président IBK

Hier, mardi 14 juillet 2020, les responsables du Mouvement du 5 juin- Rassemblement des Forces Patriotiques (M5-RFP) étaient face à la presse à Bamako pour inviter les uns et les autres à prendre part «au grand rassemblement prévu pour le vendredi 17 juillet 2020 à 14 heures au Monument de l’indépendance de Bamako pour une prière collective afin de rendre hommage aux martyrs ». Au cours de cette conférence de presse, les conférenciers ont fait savoir que « les 10 commandements de la désobéissance civile » se poursuivront jusqu’à la démission du « président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta et de son régime ». En outre, les leaders du M5-RFP ont précisé qu’ils vont bientôt saisir la Cour Pénale internationale (CPI) pour les crimes commis.

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Cette conférence de presse était animée par Me Mountaga Tall du FSD (Front pour la Sauvegarde de la Démocratie ), Ibrahim Ikassa Maïga du Mouvement Espoir Mali Koura (EMK), de Mohamed Salia Touré du M5-RFP, en présence de Choguel K Maïga du FSD, Issa Kaou Djim de la CMAS, Mme Sidibé Dédéou Ousmane de la centrale syndicale CDTM, Hamadoun Amion Guindo de la centrale syndicale CSTM, de Dr Oumar Mariko du SADI et d’autres personnalités. Prenant la parole, Me Mountaga Tall du FSD a fait savoir que les interpellations (Choguel K Maïga, Mountaga Tall, Issa Kaou Djim, Imam Oumarou Diarra, Adama Ben Diarra etc) n’ont en rien altérées leur détermination. «On tente de nous distraire et de nous provoquer, les libérations n’ont fait l’objet d’aucun marchandage, d’aucune négociation, d’aucune renonciation », a-t-il dit.

Avant d’ajouter que le mémorandum du M5-RFP en date du 30 juin 2020 qui fait état de la dissolution de l’assemblée nationale, du remembrement de la cour constitutionnelle est caduc. « Le seul mot d’ordre est la démission d’IBK. Nous revenons très clairement à notre demande initiale. Nous avions renoncé à la suite des demandes insistantes des personnalités nationales et internationales mais nous revenons à nos fondamentaux : la démission de Ibrahim Boubacar Keïta (IBK). Au début, nous avons mis en cause la gouvernance fondée sur la corruption, l’impunité, la mise en place d’une oligarchie. Mais il s’est ajouté deux éléments fondamentaux qui font qu’aujourd’hui, la démission est le seul mot d’ordre. Nous avons acquis la conviction aujourd’hui que Ibrahim Boubacar Keïta n’a ni les capacités physiques ni les capacités intellectuelles de diriger le Mali », a déclaré Me Mountaga Tall. Selon lui, il y a eu des tueries programmées au Mali.

Il a mis l’accent sur les 10 commandements de la « désobéissance civile » du M5-RFP. Il a fait savoir qu’un grand rassemblement est prévu pour le vendredi 17 juillet 2020 à 14 heures au Monument de l’indépendance à Bamako pour une prière collective afin de rendre hommage aux martyrs. « Nous avons mis en place une équipe de juriste pour porter plainte pour assassinat. Nous allons saisir la Cour Pénale internationale (CPI) pour les crimes commis, nous avons déjà réunis les éléments juridiques et factuels. Cette plainte, on va l’a déposé dans les meilleurs délais. Une équipe a été déjà mise en place pour y travailler. Nous n’avons pas fait de violence. Nous restons dans le cadre de la loi », a-t-il dit. A sa suite, Ibrahima Ikassa Maïga du Mouvement EMK a lu le communiqué du M5-RFP en date du 12 juillet 2020 sur les « tueries et les arrestations arbitraires des 10, 11 et 12 juillet 2020 ».

« Nous demandons l’ouverture d’une commission d’enquête internationale indépendante afin de situer toutes les responsabilités des massacres et exactions en cours. Il n’a échappé à personne qu’il a fallu attendre les événements macabres pour que Ibrahim Boubacar Keita ressorte, encore très tardivement dans la nuit du 11 au 12 juillet, pour prétendre répondre aux revendications populaires réclamant sa démission pure et simple, par l’abrogation du décret de nomination des membres de la Cour constitutionnelle, tout en laissant entier la crise de légitimité de l’assemblée nationale créée par ladite Cour, ainsi que les questions de fond liées à la violation des principes républicains et démocratiques, à la corruption et à la gouvernante oligarchique et ploutocratique. C’est le lieu de rappeler à l’opinion nationale et internationale que la crise actuelle n’est pas qu’une crise postélectorale, comme veut le faire croire Ibrahim Boubacar Keita. Il s’agit bel et bien d’une crise de la gouvernante mettant en jeu la survie même du Mali », a déclaré Ibrahim Ikassa Maïga.

Avant de souhaiter la démission de Ibrahim Boubacar Keita et son régime. « Le M5-RFP renouvelle ses hommages au Peuple malien, mobilisé comme un seul homme sur l’ensemble du territoire national et dans la Diaspora, et l’engage à poursuivre la lutte jusqu’à la victoire contre le régime de Ibrahim Boubacar Keita, et ce, dans le respect de toutes les consignes explicitées dans le document intitulé « Les 10 commandements de la désobéissance civile en date du 10 juillet 2020 », a-t-il conclu. Pour sa part, le jeune Mohamed Salia Touré du M5-RFP a indiqué que le pays est mal gouverné.

A ses dires, les lois ne sont pas respectées au Mali. Il a fait savoir que la désobéissance civile se poursuivra jusqu’à la démission du président IBK. Répondant aux questions des journalistes, le conférencier Me Mountaga Tall a fait savoir que ce ne sont pas des manifestants qui sont à l’origine de la violence à l’ORTM. Avant de mettre l’accent sur la rencontre entre le M5-RFP et la communauté internationale (Union Européenne, Nations Unies, Union Africaine, Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest). « Nous les avons remerciés pour leur intérêt pour le Mali et pour leur démarche. Mais en leur rappelant que c’est à leur demande que nous avions renoncé à notre demande initiale de démission du président de la République pour présenter un mémorandum auquel il n’a pas répondu… », a souligné Me Mountaga Tall. Quant à Issa Kaou Djim, il a invité les uns et les autres à sortir massivement le vendredi prochain pour rendre hommage aux victimes. Pour lui, IBK n’en peut plus. A cet effet, il a appelé tout le monde à rester déterminé pour le salut du peuple.

Aguibou Sogodogo

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Crise sociopolitique au Mali

La Mission de la CEDEAO attendue ce mercredi à Bamako

Une mission de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) est attendue aujourd’hui, mercredi 15 juillet 2020, à Bamako. Objectif : tenter de faire retomber la crise socio-politique dans le pays. La délégation, qui comprendra des présidents de cours constitutionnelles sera conduite par l’ancien président de la République fédérale du Nigeria Jonathan Goodluck. Ibrahim Boubacar Kéita, le Président du Mali, avait annoncé, lors de son discours à la Nation, le 8 juillet dernier, « la venue imminente d’une mission d’appui, de conseil et d’orientation de présidents de Cours constitutionnelles de la Cedeao », afin de modifier les textes qui régissent le fonctionnement de la Cour.

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