mercredi , 12 août 2020
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Journée internationale des femmes : Les jeunes filles aide-ménagères s’organisent

Des jeunes filles et femmes, en majorité mineures et non alphabétisées, quittent les zones rurales. Cet exode rural est lié à diverses raisons : la mauvaise gestion et l’accaparement des ressources naturelles, les guerres, les conflits, le manque ou l’insuffisance d’infrastructures scolaires dans le milieu rural, les mariages forcés et précoces, la quête du trousseau de mariage ou une simple envie d’aller voir ailleurs etc.

Elles migrent dans les villes du Mali comme d’autres agglomérations de l’Afrique de l’Ouest pour trouver les moyens de satisfaire leurs besoins. Elles travaillent dans les ménages où elles assurent les travaux domestiques. Leur traitement laisse à désirer. Elles sont les premières personnes à se lever et les dernières à se coucher. Pis, on leur colle des noms : « bonnes, boniches ou encore 52 », malgré leur valeur et leur rôle incontournable dans les familles.

La revalorisation des conditions de vie et de travail de ces jeunes filles ne figure pas dans le cahier des doléances des organisations féminines pour la défense des droits des femmes. Ayant douté de la volonté des défenseurs des droits des femmes, les jeunes filles, elles-mêmes, ont mis sur orbite un outil de lutte pour la valorisation du métier d’« aide-ménagères ». Afin de promouvoir et protéger les droits des domestiques et, surtout, pour l’amélioration de leurs conditions de vie et de travail. Ainsi est nél’Association de défense des droits des aide-ménagères et domestiques au Mali (ADDAD-Mali).

Cette organisation,enregistrée le 01 février 2013, existe depuis 2009. L’idée de sa création est venue de Mme Diallo Sitan Fofana, une ex aide-ménagère qui a vécu le calvaire du métier de domestique.

Ce regroupement, aux dires de sa présidente Mme Diallo, compte au moins 900 membres reparties entres les quartiers des Communes du District de Bamako, de Koulikoro et de Ségou.

« ADDAD-Mali a pour but la promotion, la protection et la défense de nos droits en tant qu’enfant, femme et travailleuses. Par exemple : les jeunes filles aide-ménagères ont droit à une rémunération à la hauteur du Salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) au Mali et un jour de repos par mois », dit la présidente de l’Association des aide-ménagères.

L’organisation travaille à édifier les filles aide-ménagères sur leurs droits élémentaires. « Nous avons formé plus de 200 jeunes filles aide-ménagères sur leurs droits…Nous avons pu obtenir la réglementation du travail des aide-ménagères dans certaines familles d’emploi», se félicite la présidente de l’ADDAD.

LOBBYING – Cette organisation noue des alliances avec d’autre structures de pression et/ou internationales. Selon sa présidente, les aide-ménagères sont soutenues, aujourd’hui, par des syndicats, des ONG et par d’autres associations. Parallèlement aux appuis d’organisations de la société civile, les aide-ménagères bénéficient du partenariat des structures étatiques. « Ces collaborations permettent à l’ADDAD-Mali de participer à des rencontres de prise de décisions politiques concernant les jeunes filles aide-ménagères », révèle Mme Diallo Sitan Fofana. Selon elle, la collaboration avec le Bureau régional de l’Organisation internationale du Travail (OIT) a renforcé la capacité de l’ADDAD-Mali « à interpeller les politiques sur la situation des aide-ménagères et permettre, ainsi, aux parlementaires de s’imprégner de la problématique à travers un document de plaidoyer ».

C’est ainsi que la convention adoptée par l’OIT, le 16 juin 2011, sur la décence du travail domestique, « est sur la table des parlementaires du Mali », indique la présidente de l’Association.

L’Association est devenue sous régionale avec sa création dans six autres pays de la sous-région en plus du Mali. « Nous avons pu étendre l’Associationau Bénin, au Burkina Faso en Côte d’Ivoire, en Guinée, au Sénégal et au Togo ».

Mme Diallo Sitan Fofanadirige cette instance sous régionale de défense des droits des jeunes filles aide-ménagères avec la volonté de faire des aide-ménagères « une force dans les pays ouest africains ». En dépit du manque de volonté des décideurs sur la question des aide-ménagères, la réticence de l’opinion publique « plus particulièrement des employeurs » aux respects des droits des aide-ménagères, la mauvaise perception des aide-ménagères par la communauté, l’insuffisance de moyens par rapport aux besoins, l’empêchement des aide-ménagères à jouir de leurs droits à la vie associative, le poids du système patriarcal.

OD/MD

(AMAP)

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