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Lumière sur la présidentielle togolaise

Le président sortant du Togo, Faure Gnassingbé, lors d’une visite en Côte d’Ivoire, le 20 novembre 2017. REUTERS/Luc Gnago
Par :
Gilles Yabi
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La présidentialle togolaise a lieu le 22 février. Gilles Yabi s’intéresse au contexte politique et aux candidats à l’élection.

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Informer pour donner du sens à cette élection présidentielle au Togo est particulièrement compliqué. Lorsqu’on rappelle l’histoire politique du pays, marquée par des violences graves, y compris à l’occasion de l’arrivée au pouvoir du président Faure Gnassingbé en 2005, et qu’on rappelle aussi que le régime du père de l’actuel président a duré 38 ans, on est vite accusé de prendre parti pour l’opposition.

Et quand on évoque la moindre réalisation positive sur le plan économique ou social sous la présidence actuelle, on est immédiatement accusé de relayer la propagande gouvernementale et de faire le jeu du pouvoir. Ces réactions sont le reflet d’une société togolaise encore très divisée. Des divisions nourries par un lourd passé de traumatismes.

Si on regarde la liste des sept prétendants à la présidentielle. Le premier constat : c’est qu’il n’y a aucune femme en lice

Ce constat va dans le sens d’une Afrique de l’Ouest qui ne semble pas encore suivre le mouvement intéressant engagé dans des pays comme l’Éthiopie, l’Afrique du Sud, le Rwanda, où les femmes occupent des fonctions politiques très importantes et les gouvernements paritaires sont promus.

Second constat, c’est l’engagement politique des universitaires. Sur la liste des candidats, il y a un professeur d’économie, Aimé Tchabouré Gogué, 73 ans, qui a enseigné pendant 35 ans à l’université de Lomé et en a été le vice-recteur. C’est un universitaire, mais aussi un homme politique expérimenté, qui a été ministre de l’Éducation nationale, du Plan, puis député à l’Assemblée nationale depuis 2013.

En lice aussi un professeur de droit

Le candidat Komi Wolou, 56 ans, est titulaire d’un Doctorat en droit. Il a aussi enseigné à la faculté de droit de l’Université de Lomé. Sur la ligne de départ aussi, Georges William Kouessan, titulaire d’un doctorat en médecine et d’un autre en pharmacie. Il est le plus jeune candidat à 53 ans, un an de moins que le candidat président, Faure Gnassingbé.

À côté de ces universitaires, on retrouve également un juriste notaire. Mouhamed Tchassona Traoré, ancien Président de la Commission des affaires africaines de l’Union internationale du notariat. Il a une expérience dans la société civile comme formateur des chefs traditionnels du Togo aux droits de la femme, et formateur des électrices au processus électoral. Cela pourrait lui être utile.

Et face au président sortant, deux candidats entendent incarner la possibilité d’une alternance

Avec d’abord Jean-Pierre Fabre, opposant de longue date au régime en place, au départ universitaire il est entré en politique au sein de l’UFC, le parti de Gilchrist Olympio, fils du premier président du pays Sylvanus Olympio. Son parti, l’Alliance nationale pour le changement, est né d’une scission au sein de l’UFC. Fabre 68 ans a déjà été candidat malheureux en 2010 et en 2015, il se verrait bien comme le porte-flambeau de l’opposition à nouveau.

Mais ce statut est contesté par un autre homme. Agbéyomé Kodjo, qui lui met en avant sa connaissance du système Gnassingbé. Entré au gouvernement en 1988, il a eu les portefeuilles de la jeunesse, des sports, de l’Intérieur, de la Sécurité, avant d’être nommé Premier ministre en 2000. Agbéyomé Kodjo a été un pilier du régime du père de Faure Gnassingbé et a souhaité mettre l’accent sur sa capacité à incarner une alternance plus douce. Un fait inédit à signaler, Kodjo bénéficie du soutien public de l’archevêque de Lomé, monseigneur Kpodrzo qui a conduit le processus qui a abouti a son choix comme candidat d’une coalition de partis et d’organisations de la société civile.

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