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Syrie: Ankara menace de frapper les jihadistes à Idleb

Des soldats de l’armée turque dans la ville de Binnish, dans le nord-ouest de la province d’Idleb, le 12 février 2020. Muhammad HAJ KADOUR / AFP
Texte par :
RFI
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La Turquie a annoncé, ce jeudi 13 février, l’envoi de nouvelles troupes dans cette ville du nord-ouest de la Syrie. Elle menace pour la première fois d’y frapper les jihadistes s’ils ne respectent pas un cessez-le-feu censé mettre fin aux combats dans la province rebelle.

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Avec notre correspondante à Istanbul, Anne Andlauer

Le déploiement militaire turc à Idleb va donc se poursuivre et il ne s’agit plus seulement, comme Ankara le répète depuis des jours, d’empêcher les forces du régime de Bachar el-Assad de progresser dans cette province, ou de les repousser au-delà des frontières de l’accord de Sotchi conclu avec Moscou en 2018.

Le ministre turc de la Défense, Hulusi Akar, a été plus loin : « La force sera utilisée contre ceux qui ne respectent pas le cessez-le-feu, radicaux inclus. »

« Radicaux » : un euphémisme pour désigner les jihadistes du groupe Hayat Tahrir al-Cham, émanation d’al-Qaïda, qui ont d’ailleurs toujours été exclus des accords de cessez-le-feu. Or, en vertu du compromis de Sotchi, la Turquie s’était engagée à évacuer les jihadistes d’Idleb. Jusqu’ici, elle n’avait jamais pu ou voulu le faire.

Contrepartie

Mercredi, le président turc Recep Tayyip Erdogan avait déjà laissé entendre que son pays passerait à l’action contre Hayat Tahrir al-Cham. « Désormais, nous ne fermerons plus plus les yeux sur […] le fanatisme, la trahison, les provocations […] de francs-tireurs au sein des groupes d’opposition qui offrent au régime un prétexte à ses attaques », avait-il annoncé.

Ce changement de discours est certainement une contrepartie que la Turquie offre à la Russie pour la convaincre de trouver un accord durable à Idleb.

La veille, alors que le président Recep Tayyip Erdogan avait promis de s’en prendre aux forces du régime syrien en cas d’attaque contre des soldats turcs, la Russie, principale alliée du régime, avait accusé Ankara de ne rien faire pour « neutraliser les terroristes à Idleb ».

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