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Humeur : Situation au centre du pays : remplacez Dioncounda par ATT

« L’homme qu’il faut à la place qu’il faut ». Cet adage doit s’appliquer à la gestion de la crise au Mali.

En effet, l’actualité malienne est marquée par la toute-première sortie, la semaine dernière, du Haut représentant du président de la République, Pr. Dioncounda Traoré, pour le centre du pays. Une zone où s’est transportée dangereusement la crise sécuritaire qui endeuille le pays depuis 2012.

Pour beaucoup d’observateurs, la nomination de Dioncounda Traoré n’est qu’une fuite en avant. Surtout que tout le monde sait que ce dernier, pour ramener la paix et la stabilité au Centre du pays, n’est vraiment pas la personnalité la mieux indiquée. En quoi peut-elle faire baisser la tension entre les populations de cette région ?

On se rappelle que c’est lui, Pr. Dioncounda Traoré, en 2013, durant la transition, assurant alors l’intérim à la présidence de la République, qui avait préféré la guerre à la négociation en sollicitant les forces étrangères, notamment la France contre les jihadistes Iyad Ag Ghaly et, Amadou Koufa, plus tard.

Aujourd’hui, nommé comme le premier responsable au Centre du pays, Pr. Dioncounda Traoré a emprunté la voie de la négociation en annonçant avoir envoyé des émissaires à ces chefs terroristes pour des discussions. Sur quoi porteront ces discussions ? Les jihadistes vont-ils accepter de négocier avec Dioncounda ? Ces rencontres ont-elles des chances de porter leurs fruits ?

Rien n’est moins sûr, surtout si l’initiateur de ces discussions se trouve être notre estimé professeur de Mathématiques ! Ceci dans la mesure où nous savons tous que Pr. Dioncounda Traoré est considéré par ces jihadistes comme leur ennemi n°1 au Mali, suite à son appel adressé à la France en 2013. ATT, qui avait, semble-t-il, ménagé l’entrée des jihadistes sur le territoire national, n’est-il pas préférable à Dioncounda ?

Avant le coup d’Etat, le président de la République, Amadou Toumani Touré, avait opté pour la négociation de manière indirecte. C’est pourquoi il s’était adressé à la nation en ces termes : « Vous ne connaissez pas la guerre, moi j’ai fait la guerre et je sais ce que c’est la guerre ». Cela démontre clairement qu’ATT était prédisposé à dialoguer avec ceux qui ont pris les armes contre le pays. Il pourrait bien jouer ce rôle surtout qu’il est un « digne fils » du centre du pays. Il est donc « l’homme qu’il faut à la place qu’il faut ».

ATT, par sa médiation, a apporté la paix et la stabilité dans plusieurs pays. Il a été un acteur décisif dans plusieurs missions de bons offices au plan régional et continental. Il était, en juillet 2010, porteur d’un message du président de la CEDEAO, le Nigérien Mamadou Issoufou, chargé par ses pairs de s’investir pour faire baisser la tension en Guinée, chez Alpha Condé. ATT a été choisi dans ce dossier pour ses qualités de fin négociateur.

Il faut donc souligner que si, en ce moment au Mali, il y a une personnalité qui peut facilement entamer des discussions de paix avec Iyad Ag Ghaly, c’est bel et bien Amadou Toumani Touré. Surtout qu’Iyad avait servi sous ATT comme Consul général du Mali à Djeddah, en Arabie saoudite

Cette lecture s’impose dans la mesure où IBK avait affirmé que ATT, lors de la clôture du dialogue national inclusif, le 22 décembre 2019 au Palais de la Culture Amadou Hampaté Ba, qu’il sera « en mission du Mali ». Puisque le pays a besoin de lui. Un pays pour lequel aucun sacrifice n’est de trop. Pourvu qu’on respecte le principe « l’homme qu’il faut à la place qu’il faut ».

Lamine BAGAYOGO

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