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Soumi: « le DNI n’a pas été une réussite »

Le président de l’Union pour la république et la démocratie (URD), Soumaila Cissé, a présenté ses vœux à la presse, ce 27 janvier 2020. Occasion pour le chef de file de l’opposition de se prononcer sur des sujets brillants de l’actualité : les législatives, le dialogue national inclusif, l’affaire dite d’avions cloués au sol, la situation sécuritaire…Le ton était le même comme à son habitude. Le président de l’URD face à la presse pour sa traditionnelle présentation de vœux a chargé le régime. Cette rencontre annuelle est aussi une tribune pour Soumaila Cissé de dresser le bilan de l’année écoulée et de se prononcer sur l’actualité.

 

Le pays, sur le plan sécuritaire, a passé une année très meurtrière en 2019. Avec des chiffres à l’appui, il démontre une détérioration de situation sécuritaire dans le pays. De 1 739 morts en 2018, le nombre de morts est passé à moins de 1 868. Les massacres de Koulongo, de Sobanda, d’Ogassagou, de Dioura, de Mondoro, de Boulikessi, de Menaka, et bien d’autres, sont parmi les tristes souvenirs de l’année 2019, s’en souvient encore le conférencier.

La faute de cette situation et les responsabilités incombent au pouvoir, selon le chef de file de l’opposition. En effet, a-t-il expliqué, à cause de leurs défaillances greffées à leur incapacité de rétablir la paix et la sécurité sur l’ensemble du territoire, la situation s’est dégradée aux dépens d’une population meurtrie et désespérée. Conséquence : la violence continue d’être le quotidien des populations du centre du pays, a-t-il relevé.

Ainsi, sur le cas de l’armée, le président de l’URD est revenu sur l’affaire dite des avions cloués au sol.

« C’est parce que l’armée est victime comme les autres corps de la société de l’insouciance et de la gabegie du régime que l’Assemblée nationale, saisie par mes soins, a déjà mis en place une commission d’enquête parlementaire sur les fameux aéronefs cloués au sol », a rappelé l’orateur.

Mais plus de deux mois après, la commission d’enquête n’a toujours pas déposé son rapport.

« J’ai bien peur que comme le rapport de la commission d’enquêtes sur les événements de mai 2014 à Kidal, nous attendions encore, et encore ce rapport », a déploré M. CISSE. Et pourtant, admet-il, c’est un dossier délicat, un dossier important pour situer la responsabilité de ceux qui ont acheté des épaves en lieu et place des hélicos, au nom de l’armée.

« Ils doivent s’expliquer devant le peuple malien », a-t-il ajouté.

Pour le chef de file, outre la corruption et le détournement de fonds publics, se cache un crime de sang contre nos soldats.

« La plupart de ces camps auraient mieux être protégés s’il y avait des hélicoptères de reconnaissance ou qui survolaient les troupes pour les protéger contre l’ennemi », a affirmé le président Soumaila CISSE. Ce qui, poursuit-il, épargnerait au pays des drames qu’il a connu.

Cependant, joins par nos soins, le président de la Commission d’enquête de l’Assemblée nationale, Zoumana N’Tji Doumbia a nuancé : « On a produit un rapport d’étape, car on n’a fini pas. Les deux mois ne nous ont pas suffi pour finaliser le travail et de pouvoir élaborer le rapport complet. Il reste encore d’acteur qu’on n’a pas pu écouter ».

Toutefois, il a affirmé avoir saisi le bureau de l’Assemblée nationale afin d’avoir un délai supplémentaire pour achever le travail. Maintenant, on attend la décision du bureau l’Assemblée nationale pour pouvoir nous octroi ce délai supplémentaire.

Le DNI n’a pas été une réussite

Également, Soumaila Cissé a abordé le Dialogue national inclusif dont les travaux ont été sanctionnés par de nombreuses revendications. Ce Dialogue présenté aux Maliens comme ultime solution aux maux du pays a vécu sans qu’aucun problème du pays ne connaisse à présent un début de solution. Bien au contraire, les tragédies continuent, les grèves se multiplient, l’éducation de nos enfants sont les éléments pour comprendre que le ce processus n’a pas été une réussite.

Aussi, le dialogue n’a pas été capable d’identifier clairement les points de l’accord devant faire l’objet de la révision constitutionnelle. De même, en termes de priorités, il y a de quoi s’inquiéter. Pour Soumaila CISSE, la toute première priorité devait être la présence de l’armée sur tout le territoire avant tous les autres points.

« Si le DNI était une réussite, on n’allait pas assister notamment à Sokolo », a déclaré M. CISSE. Idem pour les enseignants. Le président IBK a solennelle demandé une trêve sociale lors du DNI. À ce jour, il est bouté par des syndicats. Malgré cela, le pouvoir veut nous faire comprendre que le dialogue a été un franc succès.

Quant à la convocation du collège électoral, il se dit sidéré face à la décision du gouvernement.

« Eh, oui c’est dans ce contexte de désolation et de désespoir que le régime a cru bon de convoquer le collège électoral à l’effet d’organiser les élections législatives en mars et avril 2020, sans au préalable régler les déficiences qui ont été à l’origine des prorogations du mandat des députés », a-t-il déclaré. Cette attitude, selon lui, est susceptible d’entraîner une crise pré et postélectorale aux conséquences fâcheuses qui peuvent entacher le très fragile processus de sécurisation et de stabilisation de notre pays. C’est pourquoi, dès maintenant, ils tiennent le Gouvernement pour responsable de tout ce qui arrivera.

En dépit de cette situation, Soumaila CISSE a affirmé que le FDS dont il est président ira à ces législatives. Par ailleurs, pour sa candidature, la décision revient à la section de Niafunké. Très bientôt, cette section tiendra sa conférence pour le choix de ses candidats à la députation.

Par Sikou BAH

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