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Assassinat du commissaire de Niono : Plusieurs zones d’ombre accablent le Général Salif Traoré

Le commissaire Tounkara enterré avec tous les honneurs, sa famille et ses proches ont quand même du mal à faire le deuil, à cause de beaucoup de zones d’ombre nécessitant des enquêtes sérieuses, avec au préalable la défenestration du Général Salif Traoré du Ministère de la Sécurité pour avoir mal géré ce dossier ayant abouti à la mort d’un homme, disons d’un haut cadre de son service qu’on n’a pu assister alors qu’il était en danger.

Tout un symbole à Niono ! Les deux piliers de l’Etat de droit ont été tués. En effet, après le juge de la ville de Niono, enlevé et tué par de prétendus terroristes, ce fut au tour du patron de la police, le commissaire de police principal Issiaka Tounkara, d’être lâchement abattu. Non ! le terme « abattu » n’est pas de trop car ceux qui parlaient de lynchage devraient donc réviser leur langage. Cela ne traduit pas la vérité des faits. En réalité, le commissaire Tounkara a été tué par une balle tirée à partir d’un pistolet mitrailleur de la police que les assaillants auraient récupéré lors de l’invasion du commissariat. L’assassinat ne s’est pas passé à l’intérieur du commissariat, mais au dehors, lorsque lui et ses hommes, ne pouvant plus contenir la foule d’assaillants surexcités, ont tenté de s’exfiltrer vers la gendarmerie située tout juste à côté ? Ce qui pose déjà plusieurs problèmes, disons des questions sans réponses. D’abord, pourquoi des armes du commissariat se sont-elles retrouvées entre des mains criminelles, alors qu’on a tenté de faire comprendre que les armes dudit commissariat ont pu être évacuées à temps ? Ensuite, une arme chargée de munitions dont les policiers n’ont pu se servir, mais qui fait la macabre affaire d’un bon tireur ? Cela nous amène à un autre problème, à savoir que n’importe qui ne peut pas se saisir d’un pistolet automatique de la police pour s’en servir aussi bien. En effet, selon nos sources, celui qui a atteint le commissaire avec l’arme est un excellent tireur qui a pu mettre en joug sa cible dans le groupe de policiers qui se déplaçaient, pour l’atteindre ensuite à un point vital. En plus, les services de sécurité de l’Etat ne sont pas censés ignorer que Niono est infesté de djihadistes faussement repentis et qui se fondent au sein de la population. Et jusqu’à présent les dessous de l’enlèvement suivi de l’assassinat du juge Soungalo Koné et du rapt de l’un des chefs de la Brigade de gendarmerie ne sont communiqués. Mais ces deux faits, à eux seuls, prouvent la vulnérabilité de Niono en terme sécuritaire pour pousser le ministre en charge de la Sécurité à être plus réactif. Ce qui n’a pas été le cas. En outre, pourquoi les services de renseignements n’ont-ils pas prévenu à temps de ce qui se préparait contre le commissaire Tounkara, après qu’une sorte de fatwa contre lui a circulé durant des jours à Niono ? En effet, les menaces sur la personne du commissaire n’étaient jamais voilées, à l’exemple de ces nombreux messages véhiculés sur les réseaux sociaux avant sa mort. Mais hélas, aucune autorité – en commençant par le ministre de la Sécurité- n’a levé le plus petit doigt pour prévenir l’irréparable. Pourtant, les activistes soupçonnés d’être les instigateurs de cette nébuleuse affaire proféraient des menaces non voilées. En lieu et place d’un dispositif de prévention au plan sécuritaire, le commissaire Tounkara, qui était replié un moment à Bamako, a été sommé par la hiérarchie de retourner dare-dare à son poste à Niono, sans aucune mesure supplémentaire de sécurité pour protéger davantage et sa personne et le commissariat de police. Il a ainsi été livré comme une chair à canon. Pourtant, aussi bien la préfecture de Niono que la mairie devaient être au courant de ce qui se préparait puisque le groupe qui a mené l’assaut sur le commissariat tenait des réunions et collectait des fonds auprès de certains opérateurs économiques pour bien préparer cette émeute contre les forces de sécurité de Niono. En plus, pourquoi ni la Garde nationale ni les militaires cantonnés dans la localité n’ont voulu intervenir pour sauver le commissaire qui a pourtant lancé un appel à l’aide ? Si les militaires ou les éléments de la Garde nationale étaient venus sécuriser le commissariat, certainement qu’il n’y aurait pas eu ce crime crapuleux. Il faut que les responsabilités soient clairement situées. Par ailleurs, comment se fait-il que le commissariat de Niono fût « décapité » un moment, puisque, aussi bien le commissaire que son adjoint se sont retrouvés par on ne sait quel hasard à Bamako, abandonnant ainsi le commissariat pendant quelques jours qui ont été déterminants pour la bande des criminels dans la préparation du meurtre du commissaire Tounkara ? Il faut retenir que les enquêtes concernant cette histoire ne feront que révéler une facette de Niono depuis sa libération de l’occupation djihadiste par les forces serval. De jeunes djihadistes qui ont disparu comme par enchantement sont en réalité bien présents, fondus dans la population. Ce qui explique l’insécurité ambiante depuis lors. Tout semble remonter aussi vers des opérateurs économiques qui n’entendent pas voir cette localité placée sous la coupe d’un dispositif sécuritaire de l’Etat parce qu’une vraie économie du terrorisme est en train de s’y développer, comme cette filière qui se développe avec le trafic de la production agricole ramassée à vil prix chez les producteurs de l’Office du Niger et revendue dans des pays voisins à l’insu de l’Etat. En tout cas, l’Etat a failli à Niono en matière sécuritaire car même les difficultés rencontrées ces dernières années par l’Office du Niger dans le cadre du recouvrement de la taxe sur l’approvisionnement en eau, que des paysans refusent de payer, est une survivance de l’idéologie djihadiste qui prétend que tout ce qu’il y a dans la nature, comme l’eau et la terre, est la propriété de Dieu et non celle d’une personne ou d’une structure qui se l’approprie pour les commercialiser. Ce même problème est actuellement enregistré entre les éleveurs et les agriculteurs au centre du Mali, notamment dans la région de Mopti. En effet, les éleveurs, imprégnés de l’idéologie djihadiste, refusent de payer désormais aux paysans l’impôt sur les bourgoutières où les animaux viennent paître après la récolte du riz et le repli de l’eau dans les zones inondées. Ce qui est une source potentielle de conflit dans les jours à venir. Avant l’occupation d’une partie du Mali par les narcoterroristes, il n’y a jamais eu ce différend, les éleveurs acceptant de se soumettre à cet impôt, qui du reste est illégalement instituée.

Le sphinx

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