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Débordement des ordures à Bamako et licenciements massifs à OZONE-MALI: La Mairie du District sommée à prendre ses responsabilités

Confrontée à des difficultés financières sans précédent, Ozone-Mali procède, ces derniers temps, à des licenciements massifs comme alternative. Après la résiliation de 275 contrats en juillet dernier, d’autres licenciements sont attendus dans les jours à venir. Le gouvernement et la mairie du District sont cités comme étant responsables de cette situation.

C’est en fin 2014 que l’entreprise marocaine Ozone est arrivée à Bamako, après la visite d’Etat du Roi Mohamed VI au Mali. Son installation au Mali a été matérialisée par la signature d’une convention, dans laquelle, le gouvernement malien à confier l’assainissement et le traitement des déchets de Bamako à Ozone. Aussi, l’Etat malien à travers la mairie du District, s’est engagé à payer une centaine de milliards FCFA à Ozone-Mali dont la mission consiste à débarrasser Bamako de ses ordures pendant la durée du contrat qui est de 8 ans.

Quelques mois seulement après le démarrage de ses activités en grande pompe et malgré le déploiement de plus de 1300 agents à travers la capitale, Ozone-Mali s’est butée à un problème financier dû au non- respect des engagements par la mairie du District. Cette a cassé l’élan d’Ozone-Mali, laquelle n’est plus incapable aujourd’hui d’assainir la capitale malienne qui s’écroule sous le poids des ordures.

Les responsables d’ozone Mali accusent le gouvernement d’être responsable de cette situation. Depuis le démarrage des activités de nettoyage par Ozone, le gouvernement malien à travers la Mairie du District n’arrive plus à honorer ses engagements en termes de paiement d’argent. Toute chose qui empêche Ozone Mali à mener, comme il se doit, ses activités d’assainissement de la ville. Aujourd’hui, la mairie du District doit 21 milliards F CFA d’arriérés à Ozone -Mali. Sans arguments, le maire du district, Adama Sangaré tente d’imputer cette responsabilité aux populations lesquelles, selon lui, ne payent pas convenablement leurs impôts et taxes pour permettre à la mairie d’honorer ses engagements vis-à-vis de son partenaire.

Face au manque d’argent, Ozone n’a eu d’autres alternatives que de procéder à des licenciements pour motif économique. En juillet dernier, Ozone est passée des menaces à l’action en mettant fin aux contrats de 275 chefs de famille en évoquant deux motifs. Le premier motif évoqué s’appuie sur la difficulté économique à laquelle la société fait face suite au non-paiement des arriérés de 21 milliards par l’Etat. Le second motif avancé concerne la nature des contrats, car pour les responsables d’ozone, les 275 contrats résiliés étaient des CDD arrivés à terme. Cette thèse est confirmée et même soutenu par le comité syndical d’Ozone.

«Nous avons tout fait pour que ces contrats ne soient pas résiliés, mais les responsables de la société nous ont fait comprendre qu’ils pas n’ont le choix et qu’ils ne peuvent garder des agents sans rien leurs donner à la fin du mois. Je confirme que les contrats qui ont été résiliés sont des CDD qui ont été signés en juillet 2018 et devraient prendre fin en juillet 2019 », a expliqué Fousseni Sanogo, secrétaire général du comité syndical. Avant d’ajouter que parmi les 275 travailleurs remerciés, figurent 4 membres du bureau syndical.

Mais si les responsables d’Ozone-Mali estiment que les contrats résiliés l’ont été conformément au Code du travail, les travailleurs licenciés pensent le contraire. Ceux-ci se plaignent d’avoir été chassés illégalement, sans préavis. Aussi, ils indiquent que si au départ, leurs contrats étaient des CDD, ils sont devenus des CDI et cela, après plus de deux ou trois renouvellements. Pour ce faire, ils attendent d’Ozone des droits pour licenciement abusifs de CDI. D’autres travailleurs accusent par ailleurs, des sociétés de placement comme SAER d’Amadou Dadié Sangaré et Jobs Master d’entretenir le flou autour des contrats de travail d’Ozone Mali.

La situation est loin d’être réglée, quand on sait d’autres licenciements massifs sont attendus dans les prochains jours.

«Nous n’avons pas le choix et nous sommes obligés de licencier autant d’agents que nous pouvons et tant que le gouvernement n’honore pas ses engagements » nous a fait savoir un cadre d’Ozone Mali. Selon ce cadre, Ozone est prête de réembaucher les 275 agents voire plus, si le gouvernement fait des efforts dans le paiement des arriérés estimés à 21 milliards FCFA.

Outre le problème des ressources humaines, le non-respect des engagements par la mairie du district a créé une crise de logistique chez Ozone-Mali. La plupart des camions d’ozone- Mali sont cloués au sol, faute d’argent pour faire leur maintenance. Au même moment, la ville de Bamako se noie dans les ordures.

Rappelons que Bamako produit plus de 1600 tonnes de déchets par jour et seulement 40% de ces déchets sont évacués par Ozone-Mali. Cela prouve à suffisance que la ville des trois caïmans est loin d’être propre.

Aboubacar Berthé

Le Serment du Mali

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