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Affaire dite désormais des avions cloués au sol : L’opposition introduit une requête auprès de l’Assemblée Nationale pour l’ouverture d’une enquête

La salle de conférence de la Maison de la presse a servi de cadre, le mardi 3 septembre dernier, au point de presse du chef de file de l’opposition, l’Honorable Soumaïla Cissé, au cours duquel il s’est penché sur les questions relatives à l’acquisition des hélicoptères Puma qui sont restés cloués au sol depuis leur arrivée. Ledit point de presse a enregistré la présence plusieurs figures de l’opposition, notamment le président de du MPR, Choguel Kokala Maïga, du premier vice-président des FARE, Souleymane Koné et son secrétaire général, Mahamadou Kéïta.

Fidèle à mon devoir d’informer l’opinion nationale et internationale sur les questions d’intérêt majeur concernant la gouvernance et l’avenir de notre pays, je vous remercie vivement d’avoir répondu à notre invitation pour partager avec nous nos nouvelles et graves préoccupations”, c’est ainsi que le conférencier a introduit son intervention. Et de rappeler que le 4 septembre 2013, date à laquelle IBK a prêté serment pour son premier mandat présidentiel, l’armée malienne et les corps de l’administration étaient déployés et opérationnels sur toute l’étendue du territoire national. Aussi, l’ensemble de nos partenaires techniques et financiers étaient non seulement de retour, mais œuvraient aux côtés du Mali tant en confiance qu’en solidarité pour une relance durable de l’économie malienne. “Mais aussi et surtout, le pré-accord de Ouagadougou avait considérablement défriché et clairement balisé le terrain en fixant un calendrier précis pouvant et devant raisonnablement aboutir à une paix et une réconciliation durable dans des délais parfaitement maîtrisables”, a-t-il poursuivi.

Selon lui, de cette date au 3 septembre dernier, soit 6 ans jour pour jour, en passant par une nouvelle élection en août 2018 dont l’organisation et les procédures s’avéraient plus que contestables, et dont le résultat a été massivement et régulièrement contesté, le maître-mot qui rythme et caractérise le régime d’IBK est pour lui, sans aucune contestation possible, celui de scandales. “Scandales avec un S majuscule tant ils se sont succédé à fortes doses et à coûts exorbitants. Scandales relatifs à l’achat de l’avion présidentiel, d’équipements militaires, d’engrais frelatés, à la passation de marchés surfacturés, à la construction de logements sociaux, et la liste n’est pas exhaustive ! Scandales, en toute impunité, touchant aux domaines sensibles de la sécurité, de l’éducation, de la santé, de l’aménagement routier parmi d’autres, sur fond de malversations financières, de fraudes fiscales et douanières, l’ensemble impactant gravement le quotidien tant social, économique que civique de nos populations… “, déplore le chef de file de l’opposition.

Multiplication tragique des scandales sous le régime IBK

A en croire au député élu à Niafunké, les scandales se sont multipliés tragiquement en phase avec les cortèges funèbres consécutifs aux violences meurtrières, mafieuses et terroristes grandissantes au nord et au centre du pays pour lequel nos compatriotes, abandonnés par le pouvoir central, ont payé un trop lourd tribut.

Ainsi, dit-il, de 2013 à 2019, l’insécurité galopante et effrénée qui frappe notre pays a occasionné la mort de plus de 4000 civils et militaires, dont plus de 500 pour le seul premier semestre de 2019. “C’est tout simplement inacceptable. Intolérable ! Chaque fois que nous condamnons ces drames à répétition et à l’occasion de chaque fête de notre Armée, nous rappelons que nos Forces armées et de sécurité se battent, souvent sans moyens, aux côtés de nos amis et alliés contre les groupes terroristes et djihadistes qui ont investi le nord et le centre du pays. Que pour réussir leur mission, nos forces armées et de sécurité doivent être impérativement plus équipées et mieux formées”, a martelé l’Honorable Cissé.

A ses dires, l’opposition a toujours et fermement insisté sur une application correcte et impérative de la Loi d’orientation et de programmation militaire adoptée en 2015. C’est pourquoi, ajoute-t-il, face malheureusement une nouvelle fois à la gravité de la situation, l’opposition ne cessera pas, comme elle n’a jamais cessé de rappeler au régime IBK, qu’aucune indiscipline ni délinquance financière ne doivent être tolérées dans la gestion des ressources allouées à nos forces armées et de sécurité.

“Hélas, ces interpellations et alertes sont tombées dans l’oreille de sourds tout comme les scandales financiers n’ont pas épargné les ressources allouées à l’armée”, a-t-il laissé entendre.

Aux dires du conférencier, le président IBK a encore une fois de plus donné raison à l’opposition en reconnaissant lors de sa dernière interview dans le Journal Jeune Afrique daté du 30 juin 2019 que les deux hélicoptères Puma achetés pour l’armée sont cloués au sol depuis leur acquisition faute de maintenance, tout en clamant et martelant haut et fort à la Une dudit journal que “nous sommes en guerre”. “Le président de la Commission de la défense de l’Assemblée nationale, un très proche pourtant du Président, est allé jusqu’à se poser ouvertement, pour ne pas dire naïvement, la question de savoir si notre pays n’a pas été floué lors de l’achat de ces hélicoptères. Pourtant plus de 7 milliards de francs Cfa ont été décaissés par l’Etat pour cette opération d’achat“, déclare-t-il.

L’acte du président de

la République assimilable

à de la haute trahison

De son réquisitoire, au moment où nos forces armées tombent quotidiennement sur le champ de l’honneur faute de moyens matériels adéquats et performants, il est inadmissible de tolérer de tels scandales. Aussi, poursuit-il, affirmer sans ambages que notre pays est en guerre et utiliser ou laisser utiliser à d’autres fins les ressources destinées à équiper et à former l’armée pour qu’elle puisse faire face à l’ennemi et l’annihiler à tout moment et partout sur le territoire national, constitue un acte assimilable à de la haute trahison de la part du chef suprême des armées, susceptible d’ouvrir la voie à sa mise en accusation. C’est pourquoi, selon le député élu à Niafunké, l’opposition a saisi l’Assemblée nationale à travers une demande formelle à la date du 26 août 2019 afin qu’elle procède à toutes les investigations nécessaires et urgentes pour répondre aux questions suivantes et éventuellement à d’autres : Qui sont les responsables de ces tragédies ? Qui a choisi et commandé les hélicoptères ? Qui a ordonné les achats et à quel coût ? Qui a procédé aux règlements et de quelle manière ? Comment se sont opérées les transactions ? Pourquoi les hélicoptères Puma sont-ils cloués au sol ? Pourquoi les avions super Tucanos livrés n’ont-ils pas les équipements de combat appropriés ? Pourquoi deux avions Super Tucanos n’ont-ils jamais été livrés ?

De sa lecture, il appartient désormais à l’Assemblée nationale du Mali, après enquête, de renvoyer devant les juridictions compétentes toutes les personnes impliquées dans cette cascade intarissable de scandales. “Cela qu’il s’agisse du président de la République, chef suprême des Armées, du Premier ministre, des ministres et de leurs éventuels complices civils et militaires en raison des crimes et délits commis dans l’exercice de leurs fonctions, à savoir: la haute trahison, le détournement et la complicité de détournement de fonds publics par l’engagement irrégulier des finances publiques, l’utilisation frauduleuse des deniers publics, le favoritisme, le trafic d’influence et la prévarication, la fabrication de faux et l’usage de faux, l’enrichissement illicite et l’évasion fiscale, la trahison et le mensonge d’état, les fraudes fiscales et douanières”. Il ajoutera que ces faits sont prévus et punis par les articles 34 et suivants, 102 et suivants, 107 et suivants, 112 et suivants, 120 et suivants, 123 et suivants du Code pénal du Mali et la Loi n°2014-015 du 27 mai 2014 portant prévention et répression de l’enrichissement illicite au Mali.

“Plusieurs drames auraient pu être évités et des centaines de vies auraient pu être épargnées et sauvées si notre armée avait été véritablement dotée de moyens aériens adéquats, entre autres équipements d’intervention.

On ne combat pas l’ennemi avec des leurres et on ne défend pas son peuple avec des illusions. C’est pourquoi justice doit être faite ! C’est pourquoi justice doit être rendue ! C’est pourquoi justice doit être appliquée !”, conclut-il.

Boubacar PAÏTAO

Source: Aujourdhui-mali

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