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ECO, quel pays pour imprimer la future monnaie?

Il est probable que la future monnaie ouest-africaine soit imprimée à l’étranger comme c’est le cas actuellement du franc CFA. L’ECO conservera néanmoins son taux fixe par rapport à l’euro.

Westafrika CFA-Franc BEAC (Getty Images/AFP/I. Sanogo)

Jusque-là on ne sait toujours pas si la monnaie unique ECO sera imprimée à l’étranger. C’est ce qu’a laissé entendre Mamadou Koulibaly, professeur d’économie à l’université d’Abidjan et ancien président de l’Assemblée nationale de Côte d’ivoire.

« Pour le moment, nous n’en savons rien. Si nous suivons l’option des volontaristes de l’Eco, c’est-à-dire les pays membres de l’actuel franc CFA, il n’y a pas de problème : la future monnaie Eco sera l’appellation du nouveau franc CFA. C’est à dire qu’on va juste remplacer le franc CFA par l’Eco. »

Pour Mamadou Koulibaly, « ils vont continuer imprimer l’ECO où le franc CFA s’imprime aujourd’hui. Et les autres pays qui ne sont pas dans le franc CFA vont se préparer et puis intégrer au fur et à mesure », explique le professeur d’économie à l’université d’Abidjan.

En Afrique, seuls neuf pays impriment leur monnaie sur place et non dans un pays étranger. C’est le cas par exemple du Nigéria, du  Ghana, de la Guinée ou de la Gambie.

Tous les autres pays font produire leur monnaie par des entreprises spécialisées en France, en Allemagne, en Grande-Bretagne ou encore aux Etats-Unis et au Canada.

Une monnaie controversée

Selon l’économiste du développement sénégalais Ndongo Samba Sylla, ce n’est pas l’impression à l’étranger de cette monnaie unique qui pose problème.

« Les problèmes de l’Eco, il y en a deux : le premier, ce sont les conditions pour le lancement de l’Eco et le deuxième, c’est une fois lancé l’Eco, les conditions pour sa réussite. »

L’émission des monnaies à l’étranger, une mesure de sécurité financière

C’est ce qu’estime Mamadou Koulibaly.  Pour lui, l’essentiel est que la souveraineté des pays qui font imprimer leur monnaie à l’étranger soit respectée.

« Quand c’est imprimé à l’extérieur, ça ne donne pas plus d’assurance mais ça permet d’économiser au moins sur les coûts d’imprimerie et les risques de falsification ou de détournement. Mais ça  n’implique pas que les pays dans lesquels ces monnaies sont imprimées aient le pouvoir d’imposer aux pays titulaires de cette monnaie leurs prérogatives, leurs desiderata, leurs politiques économiques, les dévaluations quand ils veulent, les pressions politiques et autres. »

Sur les 15 pays membres de la CEDEAO, sept n’utilisent pas le franc CFA, ce qui représente un des obstacles auxquels est confronté ce projet de monnaie unique.

source: DW

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