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Les droits et les devoirs

Les droits et devoirs du musulmanenvers ses parents, son conjoint, ses enfants, les autres membres de sa famille, ses voisons, ses collaborateurs, les pauvres, les non musulmans, son environnement…

I- Les droits

des parents

On leur doit obéissance tant qu’ils n’ordonnent pas de commettre un péché ; on doit éviter de leur désobéir, exécuter leurs ordres, faire preuve de bonté à leur égard en les prenant en charge, en veillant à satisfaire tous leurs besoins vitaux (nourriture, boisson, vêtement et logement), et en les comblant de présents. On est également tenu de leur parler avec humilité, de ne pas se montrer hautain vis-à-vis d’eux, de leur rendre service patiemment, de veiller à ne pas choquer leurs sentiments et d’éviter tout propos qui les offense et blesse leurs sentiments, car Allah a étroitement associé Son droit à celui des parents. Il dit en effet :Et ton Seigneur a décrété : « N’adorez que Lui et ayez de la bonté envers vos pères et mères. » Et si l’un d’eux – ou tous deux – atteint la vieillesse auprès de toi, alors ne lui dis point : « Fi ! » Ne les brusque pas, mais adresse-leur des paroles respectueuses. Et par miséricorde, abaisse pour eux l’aile de l’humilité, et dis : « Ô mon Seigneur, fais-leur à tous deux miséricorde comme ils m’ont élevé tout petit ».

Le Prophète dit aussi : « La satisfaction d’Allah est acquise par la satisfaction des parents et Sa colère suit la colère des parents » .

Ces droits sont acquis aux parents même s’ils ne sont pas musulmans, tant qu’ils n’ordonnent pas quelque chose qui est interdit par l’Islam, comme le prouve ce hadith de Asmâ, la fille de Abû Bakr, qui dit : « Ma mère vint me voir, alors qu’elle était polythéiste, au moment de la trêve conclue entre les Quraychites et le Prophète ; j’allai alors consulter le Prophète : « Envoyé d’Allah, lui dis-je, ma mère est venue me voir pour solliciter mon aide. Dois-je observer à son égard les devoirs de la parente ? – Oui, observe-les envers elle » me répondit le Prophète» .

La mère a la priorité sur le père en termes de bonté, de bienveillance, de douceur et de compassion, comme le prouve ce hadith de Abû Houreira qui dit : Un homme vint trouver le Messager d’Allah et dit : « Ô Messager d’Allah, quelle est la personne la plus digne de ma bonne compagnie ? » Il répondit : « Ta mère » L’homme reprit : « Qui d’autre, ensuite ? » Il répondit : « Ta mère » L’homme répéta : « Qui d’autre, ensuite ? » Il répondit de nouveau : « Ta mère » « Ensuite ? » demanda l’homme une dernière fois ; il répondit alors : « Ton père » .

Il a attribué à la mère trois fois plus de droits qu’au père, car la mère consent plus d’efforts et de sacrifices pour son enfant, ainsi qu’Allah l’a dit dans ce verset :Sa mère l’a porté avec peine et en a accouché avec peine.

II- Les droits de l’époux sur l’épouse

– L’autorité : c’est le droit de l’époux d’avoir l’autorité sur le foyer, il est le chef de famille, et veille sur son foyer sans être un tyran pour autant. Allah dit à cet effet :Les hommes ont autorité sur les femmes, en raison des faveurs qu’Allah accorde à ceux-là sur celles-ci, et aussi à cause des dépenses qu’ils font de leurs biens.

Ce droit est accordé aux hommes parce que, dans la plupart des cas, ils se montrent plus pondérés face aux événements, ce qui n’est pas toujours le cas chez les femmes, où l’affectivité domine souvent. Cela ne veut pas dire, bien sûr, que les femmes ne doivent pas être consultées en ce qui concerne les affaires qui touchent la vie conjugale.

– Elle doit lui obéir tant qu’il n’ordonne pas une désobéissance à Allah. Aïcha rapporte qu’elle a demandé un jour : « Ô Messager d’Allah ! Qui, de tous, a plus de droits sur la femme ? –Son mari, répond-il. Je dis : Qui parmi les gens a plus de droits sur l’homme ? – Sa mère, dit-il. »

– Elle doit répondre à son invitation au lit, car le Prophète dit : « Quand l’homme invite sa femme au lit et qu’elle refuse, les Anges ne cessent de la maudire jusqu’au matin » .

– Elle ne doit pas lui imposer une charge supérieure à sa capacité, ni lui demander ce qui n’est pas à sa portée, mais elle devrait plutôt s’efforcer de rechercher son agrément et de satisfaire ses demandes, car le Prophète dit : « S’il m’avait été permis d’ordonner à quelqu’un de se prosterner devant un autre, c’est bien à la femme que j’aurais ordonné de se prosterner devant son mari. »

– La femme doit préserver les biens de son mari, ses enfants et son honneur. Le Prophète dit : « La meilleure épouse est celle qui te réjouit quand tu la regardes, [celle qui,] quand tu lui donnes un ordre, s’y conforme et quand tu t’absentes, préserve aussi bien ton honneur que tes biens. » Puis le Prophète récita ce verset jusqu’à la fin :Les hommes ont autorité sur les femmes, en raison des faveurs qu’Allah leur a accordées, et aussi à cause des dépenses qu’ils font de leurs biens. Les femmes vertueuses sont obéissantes (à Allah et à leurs maris), et protègent ce qui doit être protégé (leur chasteté et les biens de leurs maris), pendant l’absence de leurs époux, avec la protection d’Allah. Et quant à celles dont vous craignez la désobéissance, exhortez-les [dans un premier temps], [ensuite] éloignez-vous d’elles dans leurs lits, [puis] corrigez-les [en dernier ressort] (légèrement et si cela est utile). Si elles vous obéissent, alors ne cherchez plus de voie contre elles, car Allah est certes, Élevé et Grand. »

– Elle ne doit sortir de la maison qu’avec sa permission et ne doit pas faire entrer chez lui quelqu’un qu’il déteste. Le Prophète dit : « Vous avez des droits sur vos femmes et elles en ont sur vous. Quant à vos droits sur vos femmes, elles ne doivent pas autoriser celui que vous n’aimez point à fouler vos tapis et ni permettre à celui que vous détestez d’entrer chez vous. Et les droits qu’elles ont sur vous, c’est d’être traitées aimablement, habillées et nourries » .

III- Les droits de l’épouse sur l’époux

– La dot : c’est un droit obligatoire de l’épouse sur son époux, et une condition pour la validité du contrat de mariage, car Allah dit :Faites don à vos épouses de leur dot en toute largesse. Si elles choisissent de vous en laisser une partie, disposez-en alors librement.

– La justice et l’égalité – pour celui qui a deux épouses ou plus. Il doit être équitable à leur égard en ce qui concerne la nourriture, la boisson, les vêtements, le logement et le partage des nuits, car le Prophète a dit : « Quiconque a deux épouses et penche pour l’une d’entre elles viendra le Jour de la Résurrection avec un côté penché. »

– Sa prise en charge, ainsi que celle de ses enfants. L’époux doit procurer à son épouse les biens dont elle a besoin dans la mesure de ses capacités, comme Allah le dit dans ce verset :Celui qui est aisé, qu’il dépense de sa fortune. Quant à celui dont les biens sont restreints, qu’il dépense selon ce qu’Allah lui a accordé. Allah n’impose à une personne que selon ce qu’Il lui a donné. […]

Afin d’encourager et d’inciter les musulmans à effectuer ces dépenses, l’Islam les a considérées comme des aumônes pour lesquelles ils seront rétribués, car le Prophète a dit à Saad ibn Abî Waqâs : « Tu ne donnes pas à manger à quelqu’un en vue d’Allah sans qu’Allah ne te récompense de cet acte, même quand il s’agit de la simple bouchée que tu mets dans la bouche de ta femme […] » .

Lorsque le mari ne donne pas à la femme et à ses enfants ce dont ils ont besoin en quantité suffisante, elle a le droit de prendre de son argent à son insu, car Hind Bint Outbah rapporte qu’elle dit au Prophète : « Ô Messager d’Allah, Abû Soufyan (son mari) est un homme avare, il ne me donne pas de quoi nous suffire à mes enfants et à moi. Puis-je prendre de son bien sans l’en aviser ? Alors le Prophète lui répondit : « Prends de quoi suffire honnêtement à tes enfants et à toi-même » » .

– Les rapports intimes : c’est l’un des principaux droits que la Législation islamique invite à respecter, car en tant qu’épouse, la femme a besoin d’un compagnon aimant qui la cajole et satisfait ses désirs, afin qu’elle ne se voie pas contrainte de tomber dans des actes aux conséquences insoupçonnées. Djâbir rapporte que l’Envoyé d’Allah lui a dit : « Tu t’es marié, ô Djâbir ? – Oui, répondis-je. – Avec une vierge ou une femme ayant déjà été mariée, reprit-il ? – Avec une femme ayant déjà été mariée, répliquai-je. – Pourquoi, ajouta-t-il, n’avoir pas pris une vierge ? Tu l’aurais caressée, elle t’aurait caressé, tu l’aurais fait rire, elle t’aurait fait rire. »

– Garder ses secrets, ne pas dévoiler ses défauts, ce qu’il voit et entend d’elle, surtout se garder de divulguer leurs rapports intimes, car le Prophète a dit : « Parmi les pires gens auprès d’Allah le Jour de la Résurrection, il y a l’homme qui, après avoir eu des rapports intimes avec sa femme, se met à divulguer son secret » .

– Bien la traiter, vivre avec elle convenablement, lui faire du bien, la consulter dans les affaires conjugales. L’époux ne doit pas imposer son opinion et prendre les décisions unilatéralement. Il doit lui procurer les moyens d’être heureuse et tranquille en lui manifestant son amour sincère, par des plaisanteries, des jeux et de petites marques de tendresse, car le Prophète a dit : « Les croyants qui ont la foi la plus complète sont ceux qui ont les meilleurs caractères, et les meilleurs d’entre vous sont les meilleurs envers leurs femmes » .

– Supporter ses méchancetés, pardonner ses erreurs et ne pas faire cas de ses bévues, car le Prophète a dit : « Qu’un croyant n’exècre pas une croyante, car s’il déteste en elle un défaut, il trouvera également en elle une qualité qui le satisfait » .

– Il doit jalousement la garder et ne pas l’exposer aux endroits du mal et de la perversion, car Allah dit :Ô vous qui avez cru ! Préservez vos personnes et vos familles d’un Feu dont le combustible sera les gens et les pierres.

– Veiller sur la protection de ses biens particuliers : il ne doit rien toucher sans sa permission et ne peut en disposer qu’avec son consentement et en sa connaissance.

IV- Les droits des enfants

– Ils consistent à ce qu’on préserve leur vie, s’occupe d’eux et de leur affaire, et qu’on veille à assurer leurs besoins en nourriture, boisson, vêtement et logement, car le Prophète dit : « Il suffit comme péché pour l’homme de ne pas s’occuper de ceux dont il a la charge. »

– On doit leur choisir des prénoms convenables, car le Prophète dit : « Vous serez appelés par vos noms et les noms de vos pères le Jour de la Résurrection. Embellissez donc vos noms » .

– Leur inculquer des qualités nobles comme la pudeur, la politesse vis-à-vis du plus âgé, la déférence, la sincérité, la fidélité, le respect des parents… Les mettre à l’abri des mauvais caractères et des mauvaises actions telles que le mensonge, la tricherie, la duperie, l’abus de confiance, le vol et la désobéissance aux parents… Le Prophète dit : « Honorez vos enfants et soignez leur éducation » .

– Leur donner une bonne instruction et leur choisir de bons compagnons. Le Prophète dit : « Chacun de vous est un berger et il lui sera demandé compte de son troupeau : le gouvernant est un berger et il lui sera demandé compte de son troupeau. L’homme est un berger pour sa famille et il lui sera demandé compte de son troupeau. La femme est une bergère pour la maison de son mari et il lui sera demandé compte de son troupeau. Le serviteur est un berger pour les biens de son maître et il lui sera demandé compte de son troupeau » .

– Se préoccuper de leur sort en se gardant de faire des invocations contre eux, car le Messager d’Allah dit : « Ne faites pas d’invocations contre vos propres personnes, ni contre vos enfants, ni contre vos biens, car vous pourriez bien tomber sur une heure où, lorsque Allah est invoqué, Il exauce vos invocations. »

– Faire preuve d’équité entre eux et ne pas donner la préférence aux uns au détriment des autres dans le partage des biens et des cadeaux, et dans les manifestations de tendresse, car afficher des préférences peut provoquer chez certains la désobéissance, et susciter la haine et la rancœur envers leurs autres frères et sœurs.

An-Nou’man ibn Bachir rapporte ceci : « Mon père me fit don d’une partie de ses biens et ma mère, Amra Bint Rawâhah dit : « Je ne serai d’accords que lorsque le Prophète aura été pris pour témoin ». An-Nou’man dit : Mon père me conduisit alors auprès du Prophète pour le prendre à témoin au sujet de ce don. Alors le Messager d’Allah lui dit : « As-tu offert autant à tous tes enfants ? » – Non, répondit-il. Alors le Prophète de dire : « Craignez Allah et pratiquez l’équité entre vos enfants. » De retour chez lui, Bachir reprit le cadeau qu’il avait fait. »

V- Les droits des autres membres de la famille

Ce sont les proches, ceux auxquels on est lié par des liens de sang. L’Islam a vivement recommandé de les assister matériellement en satisfaisant leurs besoins (si on en est financièrement capable), et de résoudre leurs problèmes grâce aux aumônes obligatoires ou volontaires. Sur le plan moral, l’on doit s’enquérir de leurs nouvelles, leur manifester de l’affection, partager leurs peines et leurs joies. Allah dit :Et craignez Dieu au nom duquel vous vous implorez les uns les autres, et craignez de rompre les liens du sang.

L’Islam incite le musulman à préserver ces liens de parenté même lorsque ses proches parents ne le font pas, car le Prophète dit : « Celui qui agit bien envers ses proches n’est pas celui qui agit à titre de réciprocité ; mais c’est celui qui renoue ses relations lorsqu’elles ont été rompues. »

L’Islam a sévèrement mis en garde les musulmans contre le non-respect des liens de parenté et considère ce manquement comme faisant partie des grands péchés. Le Messager d’Allah dit : « Lorsque Allah eut créé les êtres vivants, le lien de sang se leva. Assez ! lui dit Allah. – C’est pour te supplier de me protéger contre les ruptures. Allah dit : N’es-tu pas satisfait que Je sois avec ceux avec qui tu es uni et que je rompe avec ceux avec qui tu as rompu ? – Certes oui, Seigneur, reprit-il. –Eh bien ! Il en sera ainsi. Ceci est pour toi, dit-Il. » Puis, [après avoir rapporté ce hadith], Abû Houreira lut ce verset :Si vous vous détournez, ne risquez-vous pas de semer la corruption sur terre et de rompre vos liens de parenté ?

VI- Les droits des voisins

L’Islam a recommandé de bien traiter le voisin, en donnant à ce mot ce sens le plus large, car Allah dit : Adorez Allah et ne Lui donnez aucun associé. Agissez avec bonté envers vos parents, les proches, les orphelins, les pauvres, le voisin proche, le voisin éloigné, le compagnon, le voyageur dans le besoin, et les esclaves en votre possession, car Allah n’aime pas, en vérité, le présomptueux, l’arrogant.

Il a interdit de porter préjudice au voisin, que ce soit par la parole ou par l’acte. Abû Houreira rapporte qu’il fut dit au Prophète : « Unetelle jeûne le jour et passe la nuit en prière, mais cause du tort à ses voisins par sa langue. » Le Prophète dit alors : « Il n’y a rien de bon en elle, elle sera en Enfer » Et on lui dit aussi : « Une telle accomplit ses prières obligatoires, jeûne le mois de Ramadan, donne en aumône du fromage frais et ne porte préjudice à personne par sa langue. » « Elle ira au Paradis », dit le Prophète.

L’Islam a attribué au voisin une place de choix et un droit immense, comme le dit le Prophète dans ce hadith : « [L’Ange] Gabriel ne cessait de me recommander d’avoir des égards pour le voisin si bien que je crus qu’il allait lui donner le droit à l’héritage » .

Il considère que faire du tort au voisin est incompatible avec la foi, car le Prophète dit : « Par Allah, il ne croit pas ! Par Allah, il ne croit pas ! Par Allah, il ne croit pas ! » « – Et qui donc, Ô Messager d’Allah, lui demanda-t-on, ne croit pas ? » Il répondit : « Celui dont le voisin n’est pas à l’abri de la méchanceté et des maux » .

Le Messager d’Allah expliqua les droits du voisin à celui qui lui demanda « Quels sont les droits de mon voisin sur moi ? » : « Rends-lui visite quand il est malade, quand il meurt, suis son cortège funèbre, s’il te demande un prêt, accorde-le-lui, s’il n’a pas d’habit, habille-le. Félicite-le s’il lui arrive un bien, console-le s’il est victime d’un malheur, n’élève pas ton édifice de manière à l’empêcher de respirer l’air frais, ne l’indispose pas avec l’odeur appétissante de ta cuisson, à moins de lui en offrir une partie. »

On doit supporter ses torts et être indulgent à son égard. Un homme dit à Ibn Abbas : « J’ai un voisin qui me porte préjudice, m’insulte et me rend la vie difficile. » Il lui dit : « Va, s’il désobéit à Allah en te portant préjudice, toi, obéis à Allah en lui faisant du bien. »

Le voisin jouit de ces droits même quand il n’est pas musulman. Nous en avons pour preuve l’exemple d’Abdullah ibn Amr : On égorgea une brebis chez lui. Quand il revint, il dit : « Avez-vous offert une part à notre voisin juif ? En effet, j’ai entendu le Messager d’Allah dire : « [L’Ange] Gabriel ne cessait de me recommander d’avoir des égards pour le voisin à tel point que je crus qu’il allait lui donner le droit à l’héritage »

VII- Les droits des compagnons

L’Islam a vivement recommandé de s’occuper des compagnons et a prescrit la bienveillance à leur égard, car le Prophète dit : « Le meilleur des compagnons auprès d’Allah est le meilleur envers son compagnon, et le meilleur des voisins auprès d’Allah est le meilleur envers son voisin. »

VIII- Les droits des hôtes

Dans l’Islam, l’hôte a le droit d’être honoré, car le Prophète dit : « Que celui qui croit en Allah et au Jour Dernier soit bienfaisant envers son voisin. Que celui qui croit en Allah et au Jour Dernier traite son hôte avec égards et lui donne sa récompense. Et qu’elle est sa récompense, ô Envoyé d’Allah ? lui demanda-t-on. – C’est, répondit-il, un jour et une nuit et la durée de l’hospitalité est de trois jours. Tout ce qui est accordé au-delà est considéré comme une aumône. Que celui qui croit en Allah et au Jour Dernier ne dise que du bien ou qu’il se taise. »

Dans l’Islam, honorer l’hôte fait partie des meilleures œuvres, car le Prophète dit : « Il n’y a pas un homme meilleur que celui qui, montant sur son cheval, combat dans le sentier d’Allah et se met à l’abri des méfaits des hommes, ou que celui qui vit dans le désert avec ses moutons a des égards pour son hôte et lui donne son dû. »

Il a aussi instauré une étiquette à observer avec l’hôte, notamment l’accueillir chaleureusement à son arrivée et prendre congé de lui convenablement. Le Messager d’Allah dit : « Raccompagner son hôte jusqu’à la porte de la maison, fait partie de la Sunna. »

L’invité doit aussi tenir compte de la situation de son hôte en évitant de lui imposer ce qu’il ne peut pas supporter, car le Prophète dit : « Il n’est pas permis au musulman de séjourner chez son frère au point de le faire pécher –Ô Messager d’Allah, comment le faire pécher, dirent-ils ? – En séjournant chez lui alors qu’il n’a rien pour lui accorder l’hospitalité, répondit-il. »

IX-Les devoirs envers le pauvre et l’indigent

Allah a fait l’éloge de ceux qui dépensent dans Sa voie, ceux qui œuvrent pour résoudre les problèmes des gens, notamment des indigents et des nécessiteux. Il dit en effet : Et dans leurs biens, il y avait un droit au mendiant et au déshérité.

Bien plus, l’Islam considère les aumônes que l’homme distribue à ses frères pauvres comme faisant partie des meilleures œuvres qui rapprochent d’Allah. Allah dit : La bienfaisance ne consiste pas à tourner vos visages vers l’orient ou l’occident, mais à croire en Dieu, au Jour dernier, aux Anges, au Livre et aux Prophètes ; à donner de ses biens, quelque amour qu’on en ait, aux proches, aux orphelins, aux nécessiteux, aux voyageurs dans le besoin, à ceux qui demandent l’aide et pour affranchir les esclaves […]

Il menace d’un châtiment douloureux, le Jour de la Résurrection, ceux qui thésaurisent leurs biens et n’y prélèvent pas les droits d’Allah. Allah dit : À ceux qui thésaurisent l’or et l’argent et ne les dépensent pas dans le sentier d’Allah, annonce un châtiment douloureux.

C’est pourquoi la zakât (l’aumône légale obligatoire) est l’un des piliers principaux de l’Islam et une obligation pour tout musulman dont la fortune atteint le seuil imposable au terme de la période requise. Allah dit : Il ne leur a été commandé, cependant, que d’adorer Allah, Lui vouant un culte exclusif, d’accomplir la prière et d’acquitter la zakât. Et voilà la religion de droiture.

Le taux de la zakât correspond à 2,5 % du capital ; elle est prélevée chez les riches et redistribuée aux pauvres, aux indigents et aux nécessiteux conformément à l’ordre d’Allah qui a Lui-même déterminé ses bénéficiaires en ces termes : La zakât n’est destinée qu’aux pauvres, aux indigents, aux percepteurs, à ceux dont on espère la conversion, à l’affranchissement des esclaves, à ceux lourdement endettés, aux combattants dans le sentier de Dieu, et au voyageur dans le besoin. Ceci est un décret venant de Dieu ! Et Dieu est Omniscient et Sage.

Quiconque conteste la légalité de la zakât est un apostat, et celui qui refuse ouvertement de s’en acquitter est combattu jusqu’à ce qu’il s’en acquitte, car refuser de payer la zakât, c’est priver les ayants droit pauvres et indigents de leur dû. À travers la prescription de la zakât, l’Islam vise à éradiquer la pauvreté de la société et à combattre les méfaits qui en découlent comme le vol, le meurtre et les agressions. Elle vise aussi à promouvoir la solidarité entre les musulmans. Elle élève l’âme du riche et la purifie de l’égoïsme, de l’avarice, et de la cupidité, tout comme elle purifie son cœur de l’amour de la vie présente et de ses plaisirs effrénés ; autrement, il oublierait ses frères pauvres et indigents. Allah dit : Et ceux qui ont été préservés de l’avarice, ceux-là sont ceux qui réussissent.

Elle purifie également les cœurs des pauvres et des indigents de la haine, de la rancœur et de la jalousie à l’égard des riches, puisqu’ils les voient s’acquitter de l’obligation qu’Allah leur a prescrite et dépenser une partie de leur fortune à leur profit, s’occuper d’eux et leur faire du bien.

Allah met en garde quiconque refuse de s’acquitter de cette obligation en ces termes : Que ceux qui gardent avec avarice ce que Dieu leur a accordé par Sa grâce ne pensent pas que c’est un bien pour eux. Au contraire, c’est un mal pour eux : au Jour de la Résurrection, on leur attachera autour du cou ce qu’ils ont gardé avec avarice.

X-Les devoirs dans la rue et au marché

L’Islam a accordé un droit aux rues et aux marchés. Le Prophète, exhortant ses Compagnons, leur dit : « Gardez-vous de vous asseoir sur les voies publiques. –Mais, lui répondit-on, nous ne pouvons faire autrement ; nous n’avons pas d’autre endroit pour nous réunir et causer. –Si vous refusez de vous réunir ailleurs, reprit le Prophète, alors observez les exigences qu’impose la voie publique. –Et quelles sont ces exigences, lui demanda-t-on ? –On doit, répliqua-t-il, baisser les yeux, s’abstenir de nuire, rendre le salut, ordonner de faire le bien, défendre de faire le mal. » .

– Enlever du chemin tout ce qui peut causer un tort aux passants. Le Prophète dit : « La foi comporte soixante-dix et quelques ou soixante et quelques branches. La plus haute de ces branches est l’attestation de foi « Il n’y a de divinité digne d’adoration qu’Allah ». La plus basse consiste à écarter les choses nuisibles du chemin, et la pudeur est une branche de la foi. »

– Ne pas salir les rues et les chemins. Le Prophète dit : « Craignez les deux causes de malédiction. Quelles sont ces deux causes de malédiction, ô Messager d’Allah, dirent les Compagnons ? C’est celui qui fait ses besoins sur la voie publique ou à l’ombre (là où s’asseyent les gens) » .

Si personne ne veille au respect de ces droits et n’oblige les gens à les appliquer – car il y en a parmi les gens qui ne comprennent que le langage de la force – ils ne resteront que des idéaux éloignés de la réalité. Le Prophète dit : « Le premier signe de la dégradation des Enfants d’Israël se manifestait lorsqu’un homme rencontrait un autre, il lui disait : Ô untel, crains Allah et laisse ce que tu fais, car cela ne t’est pas permis. Mais quand il le rencontrait le lendemain, cela ne l’empêchait pas de manger, ni de boire avec lui, ni de lui tenir compagnie. Quand ils firent cela, Allah mêla les cœurs des uns et des autres (c’est-à-dire les cœurs de ceux qui n’avaient pas péché, furent entachés à cause de ceux qui avaient péché). Puis le Messager d’Allah récita ces versets : Ceux des Enfants d’Israël qui n’avaient pas cru ont été maudits par la bouche de David et de Jésus fils de Marie, parce qu’ils désobéissaient et transgressaient. Ils ne s’interdisaient pas les uns aux autres ce qu’ils faisaient de blâmable. Comme est mauvais, certes, ce qu’ils faisaient ! Tu vois beaucoup d’entre eux s’allier aux mécréants. Comme est mauvais, certes, ce que leurs âmes ont préparé pour eux-mêmes, de sorte qu’ils ont encouru le courroux d’Allah, et c’est dans le supplice qu’ils éterniseront. S’ils croyaient en Allah, au Prophète et à ce qui lui a été descendu, ils ne prendraient pas ces mécréants pour alliés. Mais beaucoup d’entre eux sont pervers. Puis il dit : Je jure par Allah que vous devrez recommander le bien et interdire le mal et vous devrez aider l’injuste à revenir à la vérité et à l’y obliger » .

XI- Les droits des employés

Dans le domaine de l’emploi et des travailleurs, l’Islam a établi des règles et des principes qui régissent les rapports mutuels existants entre employeurs et employés afin de garantir à chacun son dû et de faire en sorte que les relations entre les deux groupes soient empreintes de fraternité et d’estime et ne se résument pas à de simples relations d’intérêts matériels.

L’Islam a ainsi ordonné que la relation entre l’employeur et ses employés soit une relation de fraternité et d’égalité dans la dignité humaine. Le Messager d’Allah dit à cet effet : « Ce sont vos frères, ces serviteurs qu’Allah a placés sous votre autorité. Quiconque est maître de son frère doit lui donner à manger de ce qu’il mange lui-même et doit l’habiller comme il s’habille lui-même. N’imposez point à vos serviteurs ce qui est au-dessus de leurs forces et s’il vous arrive de le faire, venez-leur en aide. »

Il a aussi reconnu le droit de l’ouvrier, car le Prophète dit qu’Allah a dit : « Il y a trois catégories d’hommes dont Je serai l’adversaire au Jour de la Résurrection : l’homme qui aura promis de donner en Mon nom, puis manquera à son engagement, celui qui aura vendu un homme libre et mangera l’argent de son prix, enfin, celui qui, ayant à son service quelqu’un qui exécute sa tâche, ne lui paye pas son dû. »

Il a ordonné de préciser le salaire du travailleur avant qu’il ne commence son travail, car « le Prophète a interdit d’engager le travailleur jusqu’à ce qu’on lui précise son salaire » .

Il a aussi ordonné de payer l’ouvrier immédiatement après l’exécution de sa tâche. Le Prophète dit en effet : « Donnez à l’ouvrier son dû avant que ne sèche sa sueur. »

Il a également ordonné de ne pas leur imposer ce qui est au-dessus de leurs forces, et si l’on se retrouve dans cette situation, de leur venir en aide matériellement en compensant ce travail par un salaire supplémentaire, ou physiquement en prenant part à ce travail. Le Prophète dit à cet effet : « Ne leur imposez point ce qui est au-dessus de leurs forces et s’il vous arrive de le faire, venez-leur en aide. »

XII- Les droits de l’employeur

De la même façon que l’Islam a demandé à l’employeur de respecter les droits des employés, il a également demandé à ces derniers de respecter les droits de l’employeur en accomplissant leur travail minutieusement et sans retard qui porterait préjudice à l’employeur. Le Prophète dit : « Allah aime que lorsqu’un de vous accomplit un travail, qu’il le fasse à la perfection. »

Pour inciter les travailleurs à s’appliquer dans leur besogne, à préserver leur dignité et leur honneur, l’Islam a fait de leur travail leur meilleure source de gain, s’ils sont appliqués dans leur travail. Le Prophète dit : « Le meilleur gain est celui qu’on fait de sa main et de manière appliquée » .

XIII- Les droits des animaux

L’Islam ne s’est pas contenté de garantir les droits de l’homme, il a également pensé aux animaux et leur a donné des droits dont la violation peut conduire en Enfer. Parmi ces droits, citons :

1 – Leur donner à manger et éviter de les priver de nourriture et de boisson jusqu’à la mort. Le Prophète dit : « Une femme avait martyrisé une chatte en l’enfermant et la laissant mourir (de faim). À cause de cela, cette femme alla en Enfer, parce qu’elle ne l’avait ni nourrie, ni fait boire quand elle était enfermée et qu’elle ne l’avait pas laissée (non plus) manger des insectes de la terre. »

2 – Être bon à leur égard et éviter de les torturer ou de les faire souffrir en les surchargeant. Passant à côté d’un chameau qui s’était affaissé sous le poids de sa charge, le Prophète dit : « Craignez Allah vis-à-vis de ces bestiaux qui ne parlent pas, utilisez-les comme montures en prenant soin d’eux et mangez-les également en prenant soin d’eux. »

3 – Ne pas s’amuser à leurs dépens. Ibn Omar passant près de jeunes Qurayshites qui avaient attaché un oiseau et le prenaient pour cible leur dit : « Qui a fait cela ? Qu’Allah maudisse ceux qui ont fait cela, car j’ai entendu le Messager d’Allah dire : « Maudit soit celui qui prend un être vivant pour cible. »

4 – Ne pas les mutiler, car le Prophète dit : « Maudit soit celui qui mutile les animaux. »

5 – Ne pas les effrayer, ni leur faire du mal, ni les terroriser. Abdur-Rahman ibn Abdullah rapporte que son père a dit : « Alors que nous étions avec le Messager d’Allah au cours d’un voyage, il se retira pour faire ses besoins ; c’est alors que nous vîmes un guêpier accompagné de deux petits. Nous prîmes ses deux petits et le guêpier vint vers nous et se mit à agiter et étendre ses ailes. C’est alors que le Prophète revint et dit : « Qui a affligé cet oiseau en prenant ses petits ? Remettez-lui ses oiselets ». Il vit aussi une fourmilière que nous avions brûlée et demanda : Qui a brûlé ceci ? -C’est nous, répondîmes-nous. « Il ne sied qu’au Seigneur du Feu de punir par le feu ! »dit-il. »

6- Lorsqu’on veut profiter de la chair des bestiaux licites destinés à être égorgés, l’Islam recommande de ne pas prolonger leur souffrance, d’éviter d’aiguiser le couteau devant la bête ou d’égorger une autre bête alors qu’elle regarde, et de ne pas briser son cou, ni la dépouiller avant qu’elle ne soit morte. Le Prophète dit : « Allah a prescrit la bienfaisance en toute chose : ainsi si vous tuez, tuez convenablement et si vous égorgez, faites-le avec soin : que l’on aiguise la lame et qu’on épargne à la bête la souffrance. »

L’Islam a cependant permis de tuer certains animaux et insectes dangereux pour l’homme, afin de préserver sa vie qui est prioritaire sur celle de ces animaux et insectes, car il est plus noble que ces bêtes auprès d’Allah.

Si tels sont donc les droits des animaux dans l’Islam, que dire alors des droits de l’homme qu’Allah a préféré à toutes Ses autres créatures et honoré : Certes, nous avons honoré les fils d’Adam. Nous les avons transportés sur terre et sur mer, leur avons attribué de bonnes choses comme nourriture et Nous les avons nettement préférés à plusieurs de Nos créatures.

Il ne s’est pas contenté de prescrire la compassion envers les animaux, mais est allé plus loin en faisant de cette compassion une voie qui conduit au Paradis. Le Prophète dit : « Un homme, qui cheminait sur une route et souffrait d’une soif ardente, trouva un puits. Il descendit dans ce puits et y but. Quand il remonta, il vit un chien tout haletant de soif qui mâchait la terre (humide). Cet animal, se dit l’homme, souffre de soif autant que j’en souffrais moi-même. Alors, descendant dans le puits, il remplit sa bottine d’eau et en abreuva le chien. Allah le récompensa pour son acte et lui pardonna ses fautes ». –Ô Envoyé d’Allah, s’écrièrent les assistants, aurons-nous une récompense pour ce que nous ferons pour les animaux ? Il y a une récompense, répondit-il, pour le bien fait à tout être doué d’un cœur sensible. »

XIX- Les droits des arbres et des plantes

L’Islam a permis de tirer profit des produits des arbres et des plantes en les consommant et a interdit de les couper sans besoin ni nécessité. Il ordonne plutôt de les préserver et de contribuer à leur développement et leur multiplication. Le Prophète dit : « Si l’Heure (du Jugement Dernier) sonne et que l’un d’entre vous a une bouture avec lui, s’il peut la planter avant de se lever, qu’il le fasse. »

Planter des arbres et d’autres plantes qui profiteront aux gens est considéré dans l’Islam comme un acte de charité pour lequel son auteur sera rétribué. Le Prophète dit : « Chaque fois qu’un musulman plante un arbre ou sème une graine, il aura à son actif comme aumône tout ce qui aura été mangé du produit de cette plante par un oiseau, un homme ou un quadrupède. »

 

Source: info-matin

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