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Cameroun : Une autre dimension de la crise anglophone

La situation de la partie anglophone du Cameroun ne connait toujours pas de répit. Les activités économiques peinent à décoller à cause des attaques. La population de cette zone se trouve dans une profonde confusion. Cela, à cause des sécessionnistes clamant l’autodétermination de la région de l’Ambazonie. Ces faits ont été révélés grâce aux investigations du Jeune Afrique.

Une opération ville morte est imposée depuis un moment à deux régions anglophones par des milices sécessionnistes opérant au nom de l’autodétermination de la région de l’Ambazonie. Les attaques et représailles de ce groupe ‘’Amba’’ impactent gravement les activités de la Cameroon development corporation (CDC), une société agro-industrielle du Cameroun qui exploitait près de 3000 hectares de plantation sur les 80 kilomètres de l’axe Douala-Limbe.

À cause de la crise qui ne semble guère finir, une succession de champs de bananes est laissée à l’abandon offrant leurs fruits aux seuls oiseaux. Ce spectacle désolant fait craindre la CDC d’où cette décision de la direction de vouloir cesser toutes ses activités si la situation ne s’améliorait pas. Une décision qui ne va pas dans l’intérêt de la population dans la mesure où l’entreprise CDC se présente comme la première employeuse privée et la deuxième après l’état de Cameroun. Le 2 janvier dernier, douze employés de la compagnie ont été attaqués au camp de Sonne Likomba Estate de Tiko, un des champs de thé encore en activité.

Selon Olivier, un des rescapés de l’attaque réfugiée dans la ville voisine de Mutengene, sous l’anonymat: « Nous étions restés au camp pour travailler tôt dans la matinée avant de retrouver nos familles, ils sont arrivés vers 23 h, tous armés. Ils ont encerclé le camp et nous ont contraints à nous regrouper », raconte-t-il, les yeux rougis par des larmes qu’il peine à dissimuler, pour après ajouter : « Ils ont dit qu’ils n’allaient pas nous tuer, mais qu’ils allaient nous empêcher de revenir dans les champs ». Selon lui toujours, les assaillants ont coupé les doigts de quatre employés, trois autres ont été grièvement blessés et le camp entièrement incendié.

Face à la presse au siège de l’entreprise le 18 janvier dernier, l’entreprise s’est, à travers la personne de Franklin Ngoni Njie, directeur général de la CDC, exprimée sur cette situation : « Nous avons besoin de sécurité pour protéger nos employés et nos champs des attaques répétées des gens qui ne veulent pas nous voir réussir. Des personnes indésirables ont envahi nos plantations et récoltent ce qu’ils n’ont pas semé. Nous avons besoin d’une intervention urgente du gouvernement ». Celui-ci s’inquiète et s’interroge sur les mesures à mettre en place pour sécuriser ces paysans travaillant dans ces champs. « Dès l’instant où les problèmes de sécurité seront résolus, nous pouvons relancer les activités de l’entreprise et la remettre sur les rails », a-t-il martelé.

Pour la relance des activités, dit-il, le ministre de l’Agriculture et du Développement rural a signé deux accords de 80 millions afin de relancer la CDC. Ces accords visent notamment le rajeunissement des plantations, la fourniture des engrais, à l’acquisition des équipements, à la formation du personnel, à la rentabilisation des exploitations et à l’accroissement de la production.

ISSA DJIGUIBA

Source: Le Pays

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