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Issa Kao Djim avoue : « Je me suis trompé. Ils sont en train de ‘’ Poutiniser ’’ le Mali »

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Le numéro 10 comme l’appellent ses inconditionnels, Issa Kao Djim est de retour sur la scène médiatique après un long moment de silence. Dans une interview accordée à notre confrère Joliba TV News, ce jeudi 9 février, le 4e vice-président destitué du Conseil national de la transition a porté un jugement, pour le moins sévère, sur le processus de transition en cours dans notre pays.

Maliweb.net – « Aujourd’hui, les Maliens sont entre le doute et le désespoir ». Issa Kao Djim résume, en ces mots le bilan des deux ans de gestion de la transition. A en croire, l’ancien 4e vice-président du CNT, l’espoir suscité au début de la transition a vite cédé la place au désespoir. A ce stade, estime Issa Kao Djim, les forces républicaines doivent s’unir pour instaurer la démocratie et permettre aux militaires de retourner à leur mission régalienne celle de protéger les populations et leurs biens.

Au cours de l’interview, l’auteur de la formule : « l’imperturbable patriote Assimi Goïta » avoue qu’il s’était trompé sur l’objectif des autorités de la transition. Au début, la transition consistait, selon Kao Djim, à remplacer un pouvoir défaillant, assainir la gouvernance publique et organiser des élections libres et transparentes. Depuis, les autorités de la transition ont dévié : « Ils font ce qu’ils ne disent pas et ils disent ce qu’ils ne font pas ».

En lieu et place d’une diplomatie capable de lever des fonds pour financer les secteurs vitaux du pays, « les autorités de la transition sont en train de ‘’ Poutiniser ’’ le pays », dénonce le numéro 10. Qui ajoute : « La Russie ne pourra rien nous apporter ». Pour preuve, assure-t-il, personne ne va à l’ambassade de Russie pour chercher un visa.

Sur les raisons de son long silence, Issa Kao Djim explique qu’il observait une pause, le temps de sa condamnation en sursis. Kao Djim aurait-il peur de la prison ? « Non ! » se défend-il. « La prison m’a grandi », se confie-t-il, rappelant qu’il est allé en prison pour ses opinions qui ont fini par briller comme le soleil. Il s’agissait de ne « pas aller en bras de fer contre la CEDEAO ».

Selon Issa Kao Djim, après l’embargo le peuple a été manipulé le 14 janvier 2022. En réalité, explique-t-il, la CEDEAO n’a même pas sanctionné le Mali. « C’est le Mali qui a refusé d’appliquer son propre engagement ». Qu’à cela ne tienne, Issa Koa Djim affirme que si un chef de parti politique ne peut pas donner son opinion sur une question d’intérêt national, « c’est la dictature ».

Réformes politiques ?

 Sur les réformes politiques avant les différentes élections, Issa Kao Djim estime que les autorités de la transition n’ont pas la légitimité nécessaire. « Ils ne sont pas mandatés par le peuple, ils ont des armes, nous sommes des civils, eux, ils imposent ce qu’ils veulent. », dénonce-t-il.

C’est pourtant le même Issa Kao qui alors 4e vice-président du Conseil national de la transition déclamait à qui voulait l’entendre que la constitution de 1992 (en vigueur) n’est ni le Coran ni la Bible. Mieux, disait-il, elle est l’œuvre d’une transition (celle de 1992), et une autre transition a bien le droit de la réviser. Que du chemin parcouru depuis !

Mamadou TOGOLA / www.maliweb.net

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