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Interdictions de manifester : Deux poids deux mesures

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Pour des questions sécuritaires, les molestations sont interdites jusqu’à nouvel ordre. Ainsi en argumentent les autorités de la transition, depuis plusieurs mois, pour rejeter chaque demande de manifestation introduite au gouvernorat du District.  Une mesure respectée, de gré ou de force, à la lettre depuis son passage au Conseil des ministres. En attestent les derniers épisodes en date dont l’annulation de la manif de la célébration de la grande mobilisation du 14 janvier 2022 contre l’embargo et la derrière mésaventure des partisans de l’ex-autorité morale du M5RFP.  Sauf que la mesure, depuis le 4 février, vient de subir sa première violation dérogatoire avec la manifestation ayant pris pour cible les locaux de Minusma que des manifestants soupçonnaient d’abriter Aminata Dicko. Avec à leur tête un certain Boubou Mabel, soutien affiché du PM et de la Transition, pendant deux heures d’horloges au moins les manifestants ont tenu sous les regards impuissants des militaires étrangers des propos hostiles à leur présence sur le sol malien en jurant la main sur le cœur qu’à défaut d’être chassés leur mandat ne sera pas renouvelé. Tout s’est déroulé en présence des forces de l’ordre malien déployées pour encadrer l’événement et éviter d’éventuel débordement, alors que le Cadre d’échéances des partis et regroupement politiques, quelques jours auparavant, n’a pas eu droit au même traitement que les opposants à la Minusma. Annoncée comme un rassemblement grandeur-nature sur la révision constitutionnelle et le respect du délai imparti de la Transition, la manifestation du 4 février de Dr Soumaré et compagnons a été tout simplement refusée par le gouverneur. Par peur de gaz lacrymogène et de matraques, comme ce fut le sort réservé à l’imam Mahmoud Dicko et adeptes, ils se sont à contre-cœur alignés derrière la volonté des autorités.
Amidou Keita
Le Témoin

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