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Recrudescence du neuropaludisme au Mali : Un spécialiste alerte

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Maladie infectieuse, le neuropaludisme est l’une des formes graves du paludisme. Méconnu par bon nombre de patients, cette forme cause la mort chez les enfants de moins de cinq ans. Dr. Goïta Drissa spécialiste en maladies infectieuses et tropicales à l’hôpital mère-enfant « le Luxembourg » édifie.

 Confondu très généralement à l’ensorcellement ou aux mauvais esprits dans certains milieux, le neuropaludisme est l’une des complications des plus redoutables du paludisme. Il est causé par le plasmodium falciparum, un parasite transmis par l’anophèle femelle. Cette maladie est très fréquente et mortelle chez les sujets jeunes, surtout les enfants de moins de 60 mois.

« Du point de vue physiopathologique, le neuropaludisme est dû à une séquestration des hématies parasités par le plasmodium falciparum au niveau des capillaires du cerveau. Les hématies ou encore globules rouges, sont la principale cible du parasite », a expliqué le Dr. Drissa Goïta, spécialiste en maladies infectieuses et tropicales.

Selon le Dr. Goïta, les symptômes sont presque pareils à ceux du paludisme normal, ordinaire et se reconnait à travers une forte fièvre, des convulsions par contraction des muscles et du corps ou encore la fatigue, la prostration, la somnolence. L’enfant malade du neuropalu peut être confus souvent obnubilé comme s’il est en train de dormir. Il peut même aller dans le coma.

Dr. Goïta ajoute qu’il peut y avoir des complications en cas de prise en charge tardive. « Le Neuropaludisme peut évoluer vers la mort si le traitement adéquat n’est pas administré à temps », affirme-t-il.

Toujours selon le Dr. Goïta, le patient peut guérir en gardant des séquelles. Il dira que cette séquestration des globules rouges qu’on appelle des hématies au niveau des capillaires cérébraux a des conséquences. Il peut entrainer des accidents cérébraux, parce qu’il y a ce qu’on appelle la thrombose au niveau de ces capillaires. Cela peut entrainer des lésions ischémies et on parlera alors d’accidents vasculaires ischémies ou encore des hémorragies ce qui donne un accident vasculaire hémorragique qui va aboutir à l’hémiplégie (paralysie complète ou non, frappant une moitié latérale du corps).

Parlant toujours des séquelles, le Dr. Goïta dira qu’un enfant même après guérison peut avoir des crises convulsives voire même des crises épileptiformes, des troubles de langage, et même la cécité.

Par rapport aux mesures de prévention, Dr. Goïta conseille quelques gestes à adapter pour se protéger contre cette pathologie : « la prévention du neuropaludisme passe par la prévention du paludisme de façon générale. L’assainissement pour empêcher la prolifération des moustiques, le respect des mesures barrières comme l’utilisation des moustiquaires imprégnés d’insecticides, l’utilisation des insecticides, en pulvérisant les maisons pour diminuer les moustiques, et aussi ce qu’on appelle la lutte anti vectorielle ».

Le médecin insiste sur ces recommandations car dira-t-il, à l’heure actuelle, on ne dispose pas encore de vaccin contre le paludisme. Il ajoute que les recherches sont en cours, et espérons que dans les années à venir qu’on puisse avoir un vaccin contre cette maladie terrible qui fait beaucoup de victimes dans les zones tropicales.

Zeinab Fofana

Cet article a été produit dans le cadre de la formation Progenre 2

Mali Tribune

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