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Emission «Sans langue de bois» de Chérifla TV : La lutte contre le terrorisme au Mali au centre des débats

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« Lutte contre le terrorisme au Mali : enjeux et perspectives», c’était le thème de l’émission «Sans langue de bois» de Chérifla TV du dimanche 26 juin 2022 en Bamanankan. Animée par Daouda Traoré et Aboubacar Traoré dit «Infré», elle avait comme invités, des personnalités très imprégnées de la situation sécuritaire du pays. Il s’agit de Aly Guindo, analyste ; de Boubacar Bocoum, analyste également ; de YacoubaSogoré, expert en gouvernance, paix et sécurité ; et de N’Gola Diarra, chercheur. Les difficultés de la crise sécuritaire que traverse le Mali, les conséquences de cette crise sur le pays et sur les populations, et les perspectives, ont été entre autres interrogations auxquelles les invités ont tenté de donner des réponses. En somme, pour trouver une issue heureuse à cette crise, les débatteurs ont fait tour à tour des propositions concrètes aux dirigeants actuels du pays en particulier et aux Maliens en général. Il s’agit de s’unir, rien que de s’unir, de parler comme un seul homme, pour gagner cette guerre et sauver le Mali.

Selon Boubacar Bocoum, le Mali a la solution pour que son territoire ne lui échappe pas. Mais, dit-il, il faut que ça soit compris que cette solution n’est pas une guerre militaire. «Les citoyens expriment des besoins dans un pays. La gouvernance donne une réponse à ces demandes. Si le gouvernant ne donne pas cette réponse, il ne va pas s’entendre, se voir avec ses gouvernés. Le second aspect est notre culture (Djoko A ni Maya). Nos études ont prouvé que si tu ne travailles pas avec l’idée des gens, tu ne sauras jamais les diriger. Si tu n’as pas de spiritualité aussi, même si tu connais quelque chose, tu ne représenteras rien. Il faut avoir des bonnes idéespour avoir ce que tu cherches : le leadership. Tant que tu ne partages pas ton leadership avec les populations, que ne tu travailles pas avec l’idée des gens et leurs cultures, tu ne vas jamais t’entendre avec eux. Bref, il faut une distribution juste et équitable des ressources pour que chacun trouve sa part. Car la crise que nous vivons est une guerre économique, rien d’autre. Le Mali a toutes les ressources que ces puissances cherchent. C’est pourquoi on est convoité par elles. Elles nous imposent la guerre pour nous imposer à travailler avec elles pour qu’elles trouvent leur part dans nos ressources pour alimenter leurs armes nucléaires, leurs industries, etc.», a expliqué Bocoum. Il a ajouté que la situation de crise dans laquelle le Mali se trouve est savamment préparée, car, pour lui, la richesse qui se trouve dans le Sahel est à la base. «La solution à cette crise est de partager sa prospérité économique, sa richesse. En faisant quoi ? En donnant à ces puissances qui nous créent des problèmes. Car, s’ils ont leur part, ils ne vont jamais accepter, laisser les Djihadistes nous attaquer, tuer, ou piller nos ressources. Car c’est eux qui les armes, qui ont des avions, qui repèrent et qui ferment les yeux sur leurs actes. Il faut donner un peu en fonction de son mérite. En faisant cela, la guerre que nous vivons aujourd’hui, qu’on appelle extrémisme violent, sera gagnée à 80 ou 90%. Il restera le banditisme résiduel. Les autorités militaires peuvent combattre cela. Mais s’agissant de la guerre économique, on ne pourra la faire sans prendre la répartition économique en compte », préconise l’analyste Boubacar Bocoum.

YacoubaSogoré, expert en gouvernance, paix et sécurité, a aussi, après avoir présenté les causes, proposé des solutions pour nous permettre de sortir de cette crise. «Les causes de la maladie du Mali sont connues. C’est en grande partie dû à la gouvernance. C’est vrai, il y a des facteurs exogènes qui sont de l’extérieur. Mais si nous ne parvenons pas à trouver une solution aux problèmes internes de notre gouvernance, ceux de l’extérieur ne seront jamais résolus. Le hic est qu’on a pu maîtriser les problèmes internes de la gouvernance. Pourquoi ? Par la faute de l’attitude des populations maliennes. On ne peut aimer son pays si on ne le connaît pas. Tu ne peux défendre un pays dont tu n’es pas citoyen. Pour que tu défendes un pays, il faut le connaître, pour l’aimer. Est-ce quels Maliens connaissent le Mali ?», s’est interrogé Sogoré.

« Nous devons tous, sans exception, nous mettre au centre de cette crise, nous unir comme un seul homme pour y faire face. Comme lors de la seconde guerre mondiale quand le premier ministre a invité les Anglais a se préparer psychologiquement, que durant la guerre, il n’y aura pas de repos pour eux, qu’ils connaîtrons la faim, la souffrance, etc. Pour y faire face, il a formé un gouvernement d’union nationale où tous les partis ont été représentés. Il n’ y avait pas d’opposition et de majorité, parce que c’est la guerre qui prévalait. Il fallait faire face à la guerre. Mais c’est le contraire au Mali. Par exemple, pendant qu’on est en guerre, certains nous parlent d’élections, d’opposition et de majorité. Cette guerre peut-elle prendre fin ? Pouvons-nous sortir de cela ? Tant qu’on ne s’entend pas, on ne s’unit pas, on ne se met pas ensemble, il n’y aura pas de solution à notre crise. Durant la même deuxième guerre mondiale, comme en Angleterre, en Russie et aux Etats-Unis, il n’y avait pas de querelle politique de majorité et d’opposition. Tous les fils du pays se sont mis ensemble pour faire face à la guerre. La première solution passe par l’union. Seconde solution :Il faut que le futur président appelle tout le monde (sans opposition et majorité), pour travailler ensemble. Autre solution, il faut désarmer les groupes armés pour que l’armée malienne seule ait les armes sur toute l’étendue du territoire national. Qu’entre l’armée et les populations, le fossé de confiance creusé soit cousu pour mettre fin à la guerre asymétrique que nous vivons. Enfin, il faut travailler beaucoup sur le renseignement sans lequel il est impossible de sortir ».

Selon Aly Guindo, la première solution est de dire aux populations que la fin de cette guerre n’est pas pour demain ; ensuite, il faut que l’armée fasse tout, mette tout en œuvre pour sécuriser les populations ; que les groupes d’auto-défenses soient encadrés par l’armée. Car, dit-il, en désarment tout alors que l’armée n’est pas prête totalement à sécuriser tout le pays, cela pourrait causer d’autres problèmes. « Il faut demander à tous les Maliens de tout faire pour éviter de transformer cette guerre en une guerre ethnique entre nous. Nous devons éviter cela. Communiquons plus pour informer les populations sur cette guerre afin que tout le monde comprenne pour éviter de tomber dans les pièges des ennemis du pays », a-t-il conclu.

Par Hadama B. FOFANA

Le Républicain

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