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Mossa Ag Attaher, ministre de la jeunesse et des sports lors de son passage à l’émission «Mali Kura Taasira» : “Au niveau du département toutes les disciplines se valent”

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“Avec mon livre, je voulais laisser une trace et une expérience pour les futures générations”

L’invité de la nouvelle émission “Mali Kura Taasira” de l’Office de radio-télévision du Mali (Ortm), du dimanche 29 mai 2022, le ministre de la Jeunesse et des Sports chargé de l’Instruction civique et de la Construction citoyenne, Mossa Ag Attaher, a fait le bilan de son exercice depuis son arrivée à la tête de ce département. Il a également profité de l’occasion pour parler des  efforts consentis par l’Etat pour la promotion de la jeunesse et le développement des disciplines sportives.

RTM : Dans quel état avez-vous trouvé votre département ?

Mossa Ag Attaher : Nous avons pris la tête de ce département à un moment crucial de la vie de notre pays et à cet égard, je tiens à saluer les efforts consentis par mes prédécesseurs et leur rendre un hommage pour le travail qu’ils ont fait. Nous sommes arrivés pour consolider ce qui a été fait avant nous, mais surtout pour apporter de l’innovation qui réponde aux préoccupations.

Nous avons trouvé des défis assez importants, parmi lesquels nous pouvons citer la division qui était exacerbée au niveau du Conseil national de la jeunesse (CNJ) qui est la faîtière des organisations de la jeunesse. Nous avons trouvé un mouvement de scouts et guides du Mali divisé entre les tendances laïque, musulmane et chrétienne. Nous avons également trouvé un mouvement pionnier qui ne menait plus suffisamment d’activités conformément à ses missions.Au niveau du sport, nous avons également trouvé des difficultés liées au problème de gouvernance à l’intérieur des fédérations. Nous avons trouvé une division au sein de la Fédération malienne de football, particulièrement une crise qui a occasionné l’arrêt du championnat et des divergences qui étaient en train de menacer le fondement de notre football. Autre difficulté trouvée, c’est l’état de dégradation avancée des infrastructures sportives. Comme vous le savez, lorsque nous sommes arrivés, il n’y avait pas un seul stade au Mali qui répondait aux normes de la Caf et de la Fifa. A cela s’ajoutent de sérieuses difficultés liées à des arriérés de primes des athlètes, des équipes. Et enfin au niveau de la construction citoyenne, nous avons trouvé que le citoyen malien en général accordait de moins en moins de l’importance à son rôle dans la cité, à sa responsabilité à l’égard du bien public, à l’égard de l’Etat. La compréhension du symbole de l’Etat et aussi son rôle en tant qu’acteur tout simplement du devenir de son pays.

Qu’est-ce que vous avez mené comme action concrète en faveur de cette jeunesse ?

A l’entame de mes propos pour le secteur jeunesse, je voudrais introduire par cette citation qui dit que “sans la jeunesse, le futur est futile”. C’est pour montrer combien la jeunesse est importante dans le développement, l’épanouissement de notre pays et de tout pays. Deux semaines après mon arrivée à la tête du ministère de la Jeunesse et des Sports, j’ai tout de suite procédé à la lecture de ce qui existait comme cadre de gestion, de gouvernance de la jeunesse, c’est-à-dire la Politique cadre du développement de la jeunesse (PCDJ), qui datait 2012.

En faisant cette lecture avec l’ensemble de mes collaborateurs et de nos partenaires, nous nous sommes rendu compte que cette Politique-cadre du développement de la jeunesse devenait caduque parce qu’elle ne prenait pas en compte un certain nombre de fléaux qui se sont invités dans société depuis quelques années.

Parmi ces fléaux non pris en compte par la PCDJ, nous pouvons citer : le radicalisme, l’extrémisme violent, la problématique de l’immigration clandestine, les questions de l’environnement, entres autres. Et très vite, nous avons procédé au lancement de la Politique nationale de la jeunesse (PNJ) pour répondre à toutes ces préoccupations citées en termes des fléaux nouveaux, mais aussi en termes d’attente de la jeunesse.

Cette politique nationale de la jeunesse est en phase d’adoption. Elle passera très bientôt en conseil des ministres et dès qu’elle sera adoptée par le conseil des ministres, elle sera le seul cadre d’intervention aussi bien du gouvernement que des partenaires. Pour répondre aux défis que j’ai évoqués au sein de la jeunesse la division, nous avons très vite convoqué une conférence extraordinaire du Conseil national de la jeunesse (CNJ) qui est l’organisation faîtière de toutes les organisations de la jeunesse, c’est-à-dire la conférence extraordinaire de Bougouni qui a permis à l’ensemble des tendances qui s’affrontaient de se retrouver et de se constituer en un seul bureau consensuel unifié.

Depuis lors, le CNJ est en train de mener des activités. Nous avons hérité également d’un mouvement de scouts et guides du Mali, très divisé en plusieurs tendances, musulmane, chrétienne, catholique. Plusieurs actions efforts avaient été faits depuis des décennies et même le Vatican s’est impliqué pour unifier les scouts et guides du Mali. Grâce à l’implication des personnes ressources, les leaders religieux (musulmans et chrétiens) et aussi des aînés scouts dont le président Dioncounda Traoré et le Cardinal Jean Zerbo qui se sont mis avec nous, ensemble nous avons pu unifier de manière historique les scouts et guides du Mali.

Aujourd’hui, il n’y a qu’une seule et unique entité, c’est l’Association des scouts et guides du Mali qui mène également des activités en son sein, mais qui accompagne le département dans toutes les actions qu’il mène en faveur de la jeunesse. C’est un acquis important.

Au-delà de cela, nous nous sommes attaqués aux problèmes des infrastructures socio-éducatives au niveau de la jeunesse. Le plein épanouissement de la jeunesse doit aussi se faire avec une occupation saine de jeunesse et cette occupation ne peut se faire qu’à travers les infrastructures adéquates. C’est pour cela que nous avons accentué et densifié des actions de réhabilitations et de constructions des maisons de jeunes à travers le pays. Exemple le plus frappant, nous avons pour la première fois posé la première pierre de la Maison des jeunes de Kidal qui depuis l’indépendance du Mali n’avait pas de Maison des jeunes et au moment où je vous parle cette Maison des jeunes est en phase de finition.En plus de cela, nous avons réhabilité la Maison des jeunes à Nioro du Sahel, Toukoto et aussi le camp de Soufroulaye et autres, pour ne citer que ceux-ci. Au-delà de réhabilitation et de la construction, nous avons procédé à l’inauguration de la Maison des jeunes de Bandiagara et ce cadre va servir au plein épanouissement de la jeunesse à travers des activités.

Est-ce que vous pouvez nous expliquer le socle du livre que vous venez de publier ?

Aujourd’hui, ma vision sur la jeunesse est indissociable de ma vision de ministre de la Jeunesse en faveur de la jeunesse. Avec ce livre, je voulais laisser une trace et une expérience pour les futures générations afin qu’elles en profitent. J’ai profité de ce livre pour noter les réalisations phares que nous avons faites ensemble avec tous mes collaborateurs, avec l’appui des plus hautes autorités, mais j’en ai profité pour donner un certain nombre de conseils aux jeunes et donner ma vision sur le rôle et l’importance de la jeunesse dans l’édification du Mali de demain.

Quelles sont vos perspectives au niveau du département pour les jeunes du Mali ?

En termes de perspectives, nous avons tantôt parlé de la Politique nationale de la jeunesse qui doit être adoptée très prochainement. La perspective, c’est la mise en œuvre de cette politique parce que cette politique prend en charge toutes les préoccupations de la jeunesse sur les prochaines années. Avec cette politique, nous avons essayé de corriger ou de répondre à ce qui n’a pas été pris en charge. Je prends un exemple : un des problèmes auxquels est confrontée régulièrement la jeunesse de notre pays, c’est le problème de l’emploi, mais le problème de l’emploi tire ses origines d’un autre phénomène que nous avons décelé à travers nos différentes discussions et à travers des concertations que nous avons faites de Kayes à Kidal et avec tous les jeunes. Il en est sorti qu’il y a une inadéquation entre la formation qui reçoit nos jeunes et les opportunités d’emploi qui existent. Il s’en sort également qu’une des difficultés que les jeunes rencontrent, c’est qu’à l’issue de l’obtention de leur baccalauréat, ils sont laissés à eux-mêmes pour choisir les filières et des facultés qui ne connaissent pas et qui ne répondent pas très souvent à leurs attentes. Dans cette Politique nationale de la jeunesse, nous avons prévu la création des centres d’information et d’orientation des jeunes. Ces centres vont permettre aux nouveaux bacheliers d’avoir un cadre où ils vont aller s’informer auprès des psychologues et des pédagogues.

Quels sont réellement les défis qui se posent au sport malien aujourd’hui ? 

Avant d’entamer ce chapitre réservé au sport, j’aimerais l’introduire par une citation qui dit que : “Le sport est une école de vie”. C’est à cette école de vie que j’invite la jeunesse sportive de notre pays et je suis convaincu que c’est une école qui ne peut que les amener vers l’excellence, vers le bien-être et vers l’épanouissement.

Effectivement, il y a des défis. Nous avons trouvé des défis énormes au sport et nous avons pensé à un certain nombre de solutions. Au niveau du sport, l’une des premières difficultés est l’instabilité et les crises. Grâce à un travail concerté avec l’ensemble des acteurs du football malien, nous avons pu créer une accalmie et une cohésion au sein de la Fédération malienne de football, c’est ce qui nous a permis de reprendre le championnat national de football et c’est qui nous a permis de participer à tous les rendez-vous africains.

Les autres défis étaient aussi les infrastructures sportives auxquelles nous avons apporté des réponses. Aujourd’hui, le stade du 26-Mars constitue une fierté nationale, c’est-à-dire une fierté pour le football malien. Nous sommes capables d’accueillir toutes les compétitions et tous les rendez-vous footballistiques régionaux, africains et mondiaux. Parlant de l’actualité, nous sommes en pleine préparation des matchs des éliminatoires de la Can, Côte d’Ivoire-2023, prévus pour le 4 juin à Bamako.

Pour revenir aux efforts de l’Etat, je pense qu’aussi bien les acteurs du football, les athlètes, les équipes nationales de football sont au courant des efforts que l’Etat a faits pour eux. Par rapport aux arriérés de primes, je suis venu trouver qu’il y a deux à trois ans d’arriérés de primes des joueurs des équipes nationales dans toutes les disciplines. Malgré les difficultés du pays, nous avons en six mois, sur plus d’un milliard de Fcfa d’arriérés de salaires, pu éponger 800 millions de Fcfa en termes d’arriérés de salaires et le reste est déjà acquis parce qu’il est épongé sur 2022-2023.

Quant aux arriérés, l’équipe nationale senior a bénéficié de toutes ces primes à l’exception de la prime de 8e de finale. Là encore, à l’endroit des amoureux du football, les huitièmes de finale ne sont inscrites dans l’arrêté interministériel qui prévoit les primes aux joueurs et aux équipes. Mais étant donné que le football est une discipline dynamique qui évolue en fonction des objectifs, la plupart des pays ont inclus la 8e de finale comme prime. L’Etat a pris des dispositions pour que ces primes soient payées à l’occasion de ce regroupement.  Pour terminer ce volet, je tiens à dire que l’Etat a joué pleinement sa partition aussi bien pour une participation digne de ce nom à la Coupe d’Afrique des nations, Cameroun-2022, que dans la préparation de la Can, Côte d’Ivoire-2023.

Pouvez-vous nous dire ce que vous avez fait au niveau des autres disciplines sportives ?

Je voudrais rassurer le public sportif et l’ensemble des disciplines sportives qu’au niveau du département des Sports toutes les disciplines se valent. Nous apportons un soutien à toutes les fédérations sportives, toutes les équipes nationales. Il faudrait aussi comprendre que l’Etat s’engage auprès des équipes nationales lorsqu’elles vont à des compétitions internationales. Que cela est le basket-ball, le football où même les sports individuels à savoir : les arts martiaux, le tennis…

Toutes les fédérations sont accompagnées. Mais pour qu’elles soient accompagnées, elles doivent obtenir de résultats. L’accompagnement de l’Etat est lié à l’obtention de résultats, le travail intérieur, la préparation des athlètes, le choix des bonnes équipes et l’épanouissement de la discipline relèvent des fédérations. Dans le cadre de la gouvernance au sein des sports, nous avons aussi remarqué de difficultés liées à la question des statuts des fédérations.J’ai le plaisir d’informer l’ensemble des fédérations sportives, l’ensemble du mouvement sportif et du Comité national olympique et sportif du Mali que nous venons de finir le travail d’élaboration des statuts-types de fédération. Dans les prochaines semaines, nous allons procéder à la remise solennelle de ces statuts-types aux présidents du Comité national olympique et sportif du Mali (Cnosm) et des fédérations pour que ces statuts soient un référentiel dans la gouvernance, la gestion et l’organisation des fédérations sportives dans notre pays.                          

Transcrit par Mahamadou Traoré

Aujourd’hui-Mali

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