Tribunal militaire de Mopti : Plusieurs dossiers correctionnels et criminels en cours de jugement
Meguetan Infos

Prévues du 19 au 29 octobre, les audiences concernent 43 dossiers, impliquant 72 prévenus dont 69 militaires et 3 civils
Les travaux des audiences couplées de la chambre correctionnelle et de la chambre criminelle du Tribunal militaire (TM) de Mopti, au titre de l’année 2026, ont commencé, le lundi 19 octobre 2026, au siège de ladite juridiction à Sévaré. Prévues du 19 au 29 octobre, ces audiences concernent 43 dossiers, impliquant 72 prévenus dont 69 militaires et 3 civils.
La cérémonie d’ouverture des travaux a été présidée par le premier président dudit tribunal, en présence du procureur Seba Lamine Koné et du représentant du Bâtonnier de l’Ordre des avocats, Me Mahamadou Sidibé.
Dans son allocution d’ouverture, le procureur du Tribunal militaire de Mopti a indiqué que les infractions qui seront traitées par la chambre criminelle, concernent un cas d’assassinat, de torture et de séquestration ; un cas de meurtre et un cas de pédophilie. S’agissant de la chambre correctionnelle, les rôles journaliers se caractérisent, selon le magistrat par la prédominance des infractions relatives aux armes et munitions de guerre. « Il s’agit de pertes d’armes, de dotations, de détournements, de vols et de trafics d’armes, de munitions de guerre et de chargeurs. Pour le même registre, les cas de désertion de militaires occupent le second peloton, après les infractions relatives aux armes et munitions», a expliqué Seba Lamine Koné.
Le procureur a saisi l’occasion pour expliquer à l’auditoire que le Tribunal militaire est une juridiction pénale spécialisée, compétente à juger les infractions spécifiquement militaires, prévues et réprimées par le Code de justice militaire et certaines infractions du droit commun commis par les militaires et leurs complices.
Seba Lamine Koné a poursuivi en disant que les audiences correctionnelles et criminelles des tribunaux militaires s’inscrivent dans le cadre de la lutte contre l’impunité et la préservation des droits de l’Homme.
Au regard de l’article 49 du statut général des militaires toute condamnation définitive à une peine égale ou supérieure à 3 mois d’emprisonnement ferme prononcée contre tout militaire, entraîne d’office la radiation si elle est prononcée pour une des fautes suivantes : vol, détournement, trafic d’armes ou de munitions, détention et trafic de drogue, corruption, mutinerie, révolte où recel.
Le représentant du Barreau a salué l’organisation de cette session qui permettra aux prévenus d’être fixés sur leur sort, après de longues périodes de privation de liberté. Mahamadou Sidibé a cependant souhaité que les audiences des différentes chambres puissent respecter les délais légaux pour davantage désengorger les structures de détention préventive. Il a aussi souhaité que le rôle de la chambre criminelle soit désormais bien fourni comme le cas de la chambre correctionnelle pour réduire le temps de privation de liberté des prévenus.
Le président du Tribunal a rassuré les intervenants que la loi sera appliquée dans toute sa plénitude. Car, selon lui, personne n’est au dessus de la loi et nul n’est censé l’ignorer.
Dramane COULIBALY / Amap – Mopti




