ACTUALITÉSAfrique

Afrique du Sud: Comment Pretoria a détenu puis renoncé à l’arme nucléaire

Meguetan Infos

L’Afrique du Sud est le seul pays au monde a avoir été en possession de la bombe atomique avant de finalement décider de démanteler son arsenal nuléaire.

 

Le 29 août marque chaque année la Journée internationale contre les essais nucléaires. Selon les Nations unies, le premier essai nucléaire a eu lieu en juillet 1945, un peu moins d’un mois avant le premier bombardement atomique de l’histoire, sur la ville japonaise d’Hiroshima. 

 

Depuis, plus de 2.000 essais nucléaires ont été réalisés et neuf pays dans le monde possèdent l’arme atomique. 

 

Mais il y a une particularité africaine. Un seul pays au monde, en possession de l’arme nucléaire, a finalement décidé de démanteler son arsenal.

Ce pays, c’est l’Afrique du Sud, et ce qui était alors une rumeur sera confirmé officiellement à la faveur d’un discours de l’ancien président Frederik de Klerk. 

 

Comme le raconte la Fondation De Klerk, le 24 mars 1993, l’ancien chef d’Etat sud-africain prend la parole lors d’une session extraordinaire du Parlement sud-africain et il va surprendre les députés et journalistes présents. 

 

Il annonce en effet que l’Afrique du Sud avait développé ses propres armes nucléaires, avant de les démanteler volontairement. 

 

Pretoria « avait pris la décision, en 1974, de construire un petit nombre de bombes nucléaires dans le contexte de l’expansion de l’influence soviétique en Afrique australe », mais aussi face à « l’isolement international croissant de l’Afrique du Sud et le fait qu’elle ne pouvait pas compter sur une aide extérieure en cas d’attaque”.

En 1993, Frederik de Klerk a reçu le prix Nobel de la paix conjointement avec Nelson Mandela pour avoir min fin à l’apartheid.Image : Jerome Delay/AP/picture alliance
Force de dissuasion
 

Le régime raciste de l’apartheid produira six bombes atomiques, « similaires à celle larguée par les Etats-Unis sur Hiroshima », précise la Fondation. 

 

« Il n’a jamais été dans nos intentions d’utiliser la bombe et, dès le début, il ne s’agissait que de dissuasion », déclarera Frederik de Klerk, en expliquant, lors de son discours, que « la stratégie consistait à donner, en cas de grave détérioration de la situation en Afrique australe, une indication confidentielle de la capacité de dissuasion à une ou plusieurs grandes puissances, par exemple les États-Unis, afin de les persuader d’intervenir ». 

 

Les événements n’iront pas jusque-là et les scientifiques n’iront pas au bout de la construction d’une septième bombe. 

 

La chute du mur de Berlin, la fin de la Guerre froide et la volonté de sortir l’Afrique du Sud de l’isolement international vont convaincre Frederik de Klerk d’abandonner toute ambition nucléaire au moment d’arriver au pouvoir. 

 

L’ordre est donné de stopper la production sur le site de recherche de Pelindaba, en périphérie de Pretoria, et le démantèlement sera achevé en 1990. L’année suivante, l’Afrique du Sud signera le Traité de non-prolifération nucléaire.

Une bombe du même type a été larguée sur Hiroshima le 6 août 1945.Image : United Archives International/IMAGO
Nouvelle course aux armements nucléaires
 

Au-delà du cas sud-africain, la fin de la Guerre froide va être suivie d’une ère de réduction du nombre d’armes nucléaires. Mais aujourd’hui, cette ère « touche à sa fin », écrit le Sipri, l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm, dans son dernier rapport paru en juin. 

 

La « quasi-totalité des neuf États dotés de l’arme nucléaire – États-Unis, Russie, Royaume-Uni, France, Chine, Inde, Pakistan, Corée du Nord et Israël – ont poursuivi en 2024 leurs programmes intensifs de modernisation nucléaire ». 

 

Ainsi, la tendance s’inverse : le « rythme du démantèlement des ogives ralentit, tandis que le déploiement de nouvelles armes nucléaires s’accélère ». 

 

90 % du stock d’armes nucléaires est entre les mains des Etats-Unis et de la Russie. En tout, sur les plus de 12.000 ogives inventoriées dans le monde, plus de 2.000 sont « déployées et maintenues en état d’alerte opérationnelle élevée sur des missiles balistiques ». 

 

……..DW 

Source : DW

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page
Open

X