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Un nouveau système global économique se dessine lors du Forum international à Saint-Pétersbourg

La ville de St-Pétersbourg, comme cela se passe chaque année depuis 1997, s’est transformée ces 6-8 juin en «Davos russe», une capitale du business mondial. C’est ici, en effet, que s’est déroulée pendant les trois jours le Forum économique international (FEIP), qui a réuni sous le slogan « Formant le programme de développement durable» de nombreux hommes politiques et d’affaires.

L’édition 2019 du FEIP a vu une série de records battus, surtout en ce qui concerne l’affluence ou Forum, qui a attiré 19 000 participants.

Les délégués étrangers, venus de 145 pays pour négocier avec des entreprises russes, ont représenté 3 500 personnes sur ce total, dont 6 chefs d’Etat, 14 vice-présidents et premier-ministres, 57 ministres.

On notait, en particulier, la présence du Président de la République populaire de Chine Xi Jimping (hôte d’honneur des organisateurs russes au Forum), du Premier Ministre arménien Nikol Pachinyan, du Président de la Bulgarie Roumen Radeev, du Président du gouvernement de la Slovaquie Peter Pellegrini, du Président de la République de Moldova Igor Dodon, du Premier ministre d’Antigua et Barbuda Gaston Brown, du Président du Bureau de Bosnie-Herzégovine Milorad Dodik, du Premier Ministre de la République de Bosnie-Herzégovine Erik Puhaev, du Vice Président du Venezuela Tarek El-Aissami, du Secrétaire général de l’ONU Antonio Gutterres.

Ont pris également part au FEIP les chefs d’entreprises les plus en vue (Google, Huawei, Total, BP, Shell, Siemens, Toyota, Coca-Cola, Airbus, Ericson etc.) et les dirigeants des principales organisations et associations internationales: Communauté des États indépendants (CEI), Organisation de Coopération de Shanghai (OCS), Commission économique eurasiatique (CEE), Conseil mondial de l’énergie (CME), Forum des pays exportateurs de gaz naturel (FPEG), Organisation de coopération économique de la mer Noire (OCEMN), Conseil économique arctique (AEC), Nouvelle Banque de développement (NDB).

La plus grande délégation nationale a été celle de la Chine avec 1 000 membres. Les Etats-Unis ont suivi avec un contingent de 520 personnes. La France et l’Allemagne ont également figuré dans ce peloton de tête.

L’activité du Forum a été relatée par 4,8 mille journalistes. 650 contrats et accords totalisant la somme de 50 milliards de dollars ont été signés.

Les participants se sont vus proposer des sessions de travail consacrées aux questions de l’approfondissement de la coopération entre les pays du BRICS (dans les domaines de l’innovation et des produits pharmaceutiques), de l’OCS (infrastructure de transport), de la CEI (sphère de l’innovation), des perspectives de développement de l’Union économique eurasiatique, du renforcement des relations commerciales entre la Communauté économique eurasienne, les pays latino- américains et l’Association des Nations d’Asie du Sud Est (ASEAN). Le développement du projet ambitieux de la République populaire de Chine «Nouvelle route de la soie» a été aussi mis sur le tapis.

Sans surprise, l’événement phare du Forum était l’intervention du Président de la Fédération de Russie Vladimir Poutine au cours de la session plénière.

Le Président russe a présenté une analyse approfondie de la situation économique et commerciale dans le monde et sa vision des perspectives de son évolution.

Il a fait remarquer qu’après la crise bancaire et financière de l’an 2008 «le modèle existant de relations économiques était toujours en crise et que cette crise était de nature globale». La situation courante, a-t-il observé, est caractérisée par le ralentissement de la croissance du commerce international, ce moteur principal du modèle actuel de mondialisation, ce qui a donné un coup de fouet à la concurrence tous azimuts et a fait naître des «guerres commerciales».

«Les modèles précédents plaçaient essentiellement les pays occidentaux dans une position d’exclusivité et nous devrions être honnêtes à ce sujet – a déclaré V. Poutine – ces modèles leur ont donné un avantage et une rente énorme, prédéterminant ainsi leur leadership.  Et lorsque ce système confortable et familier a commencé à se dégrader et que la concurrence s’est intensifiée, les ambitions et la volonté de préserver à tout prix leur domination se sont multipliées. Dans ces circonstances, les États qui prêchaient auparavant les principes du libre-échange et de la concurrence honnête et ouverte ont commencé à parler en termes de guerres commerciales et de sanctions, et ont eu recours à des raids économiques non déguisés, avec forçage de bras, intimidation et élimination des concurrents par ce que l’on appelle des méthodes non commerciales».

Vladimir Poutine s’est référé aux exemples du gazoduc «Nord Stream 2», qui sera mis en fonction en 2020 pour acheminer le gaz russe aux consommateurs dans l’EU, et le géant technologique chinois «Huawei» – tous les deux faisant l’objet des restrictions économiques et financières américaines, en mettant l’accent sur l’éclatement de la «première guerre technologique», qui se manifeste également par des interdictions directes sur l’achat d’actifs de haute technologie, l’accès limité aux résultats la recherche scientifique et même par «les tentatives de monopoliser une vague de technologie axée sur l’innovation».

D’après le Président Vladimir Poutine il ne peut s’agir que de deux scénarios possibles et d’une seule solution pour le développement futur:

«Le premier est la dégénérescence du modèle de mondialisation universaliste et sa transformation en une parodie, une caricature d’elle-même, où les règles internationales communes sont remplacées par les lois, mécanismes administratifs et judiciaires d’un pays ou d’un groupe d’États influents. Un tel modèle contredit non seulement la logique d’une communication normale entre États et les réalités qui façonnent un monde multipolaire complexe, mais, surtout, il ne répond pas aux objectifs de l’avenir.

Le deuxième scénario est une fragmentation de l’espace économique mondial par une politique d’égoïsme économique totalement illimité et une rupture forcée. Mais c’est la voie des conflits sans fin, des guerres commerciales et des guerres peut-être pas seulement commerciales. Au sens figuré, c’est la voie vers la bataille ultime de tous contre tous».

La solution, d’après V.Poutine consiste en la mise en place du nouveau système international, qui prend en considération les intérêts de chaque Etat-membre. Ce processus devient maintenant incontournable, vu que de nouveaux centres économiquement forts sont apparus.

En somme, l’édition 2019 du FEIP a été un succès évident, en témoignant une nouvelle  fois, qu’il devient véritablement une plateforme toujours plus influente du business international, où tous, petits ou grands, peuvent se sentir confortables et faire de bonnes affaires.

 

 L.Matochine

Attaché de presse de l’Ambassade de Russie

Source: Ambassade de Russie à Bamako

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