DDR : Le processus va-t-il achopper sur les prétentions « hiérarchistes » ?

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C’est parti ou presque pour les DDR accélérées. Annoncées en grande pompe pour le mardi 6 novembre dernier, le processus a effectivement démarré à date échues à Gao par l’ouverture des portes de l’armée régulière aux 400 représentants des mouvements armés au sein du MOC (Mécanisme Opérationnel de Coordination). Un scénario similaire s’est produit à Kidal et le syndrome devrait normalement atteindre le MOC de Tombouctou avec le même objectif : accélérer le processus des forces armées et de sécurité reconstituées en se basant sur l’incorporation des premiers éléments de la CMA et de la Plateforme devant sécuriser les DDR de plus grande envergure.

En tout état de cause, cette première étape devra déboucher sur l’intégration de 1 200 combattants au total pour l’ensemble des trois régions de Gao, Kidal et Tombouctou. Selon le schéma tracé de commun accord avec le système des Nations-unies au Mali, le mécanisme des DDR accélérées, ainsi que du processus d’intégration-réinsertion de l’ensemble des 36 000 éléments des mouvements armés, est assujetti au strict respect des principes et normes onusiens à l’effet de faire barrage aux combattants passibles de poursuite pour violations graves des droits de l’homme. Pour ce faire, le mécanisme est encadré partout par des vigiles issus des rangs des deux principaux mouvements et de la société civile dans chacune des contrées concernées.

En attendant, il nous revient que le processus ne s’est point déroulé sans le moindre heurt avec les représentants de la Commission nationale d’intégration. Le démarrage des DDR à Gao a notamment affronté un obstacle de taille qui n’est autre que la brûlante équation du grade des éléments à intégrer. Selon les témoignages recueillis auprès de responsables de mouvement, la question ne se pose point au niveau des éléments cantonnés ni des commandements des MOC d’autant que plafond de grade pour un chef de Mécanisme opérationnel est connu. Il en est différemment pour la coordination desdites unités où certains responsables prétendent intégrer l’armée régulière avec des attributs supérieurs arbitrairement affectés par leurs mouvements d’origine. La question, assure notre source, n’a pas constitué un frein au processus mais elle n’est pas non plus tranchée.

Elle est tout juste suspendue avant d’y trouver une solution militaire au plus haut sommet avec le risque plausible de faire grincer des dents. Selon la gestion qui en sera faite, l’issue pourrait offusquer la hiérarchie des combattants au point de compromettre le processus d’intégration ou frustrer des éléments régulièrement recrutés dans les FAMAs qui croupissent sous le harnais sans avoir droit à des avancements qu’acquièrent facilement des recrues circonstancielles. Les mêmes frustrations qu’occasionnent souvent les distributions complaisantes de grades à des chefs qui ne sont pas forcé plus méritants que les chefs rebelles.

A Keïta

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